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Tout ce qui vous attend lors d'un voyage au Bhoutan

Le Tshechu est un festival religieux bouddhiste majeur célébré chaque année au Bhoutan.
Image: Shutterstock

Ce qui vous attend lors d'un voyage au pays du bonheur national brut

Petit royaume au cœur de l'Himalaya, le Bhoutan fascine par ses traditions et son concept de «bonheur national brut». Voyage dans un pays à part.
12.07.2026, 16:0212.07.2026, 16:02
Pascal Moser / ch media

De jeunes moines sont assis sur le toit du temple, juste au-dessus des places d'honneur réservées aux professeurs. Le toit bleu et or attire immédiatement le regard. Autour, les visiteurs sont happés par une multitude de scènes: des danseurs vêtus de somptueux costumes rouges et jaunes, des masques inquiétants et des officiants entièrement vêtus de rouge. Au son des tambours, tous invoquent les esprits protecteurs. Pendant toute la cérémonie, les regards restent rivés sur eux.

Nous sommes à Paro, troisième ville du Bhoutan, où des centaines d'habitants célèbrent le Tshechu, le grand festival annuel.

Avec ses paysages préservés et son isolement, le Bhoutan fait rêver tous ceux qui aspirent à échapper au rythme effréné du travail et à la société de consommation occidentale. Les fêtes traditionnelles, où spiritualité et vie communautaire occupent une place centrale, rythment encore le quotidien. En dehors de Thimphou, la capitale, qui compte un peu plus de 100 000 habitants, le pays est essentiellement composé de villages. Les concours de tir à l'arc, à la fois sport national et événement social, y sont particulièrement populaires.

Deux particularités

Le festival de Paro est l'une des nombreuses traditions bouddhistes préservées depuis des siècles. Niché au cœur des imposantes chaînes montagneuses de l’Himalaya oriental, ce petit royaume s'est fait connaître dans le monde non seulement pour sa culture ancestrale, mais aussi pour deux particularités.

La première est le bonheur national brut: inscrit dans la Constitution, le bien-être des citoyens est un objectif de l'Etat et fait l'objet d'évaluations régulières. La seconde est la taxe de développement durable (Sustainable Development Fee), dont les voyageurs doivent obligatoirement s'acquitter pour séjourner dans le pays.

Elle s'élève actuellement à 100 dollars par jour. Les recettes financent des projets dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la protection de l'environnement. Pour entrer au Bhoutan, il faut réserver un guide agréé et présenter un itinéraire approuvé à l’avance.

Si cette politique surprend souvent les touristes, elle porte ses fruits. En limitant le nombre de visiteurs grâce à cette taxe, le Bhoutan se protège du tourisme de masse tout en préservant son environnement. Les recettes servent également à financer des projets écologiques. Le pays est ainsi le seul au monde à afficher un bilan carbone négatif.

Un chat dans la cour d'un temple bouddhiste au Bhoutan, pays du bonheur.
Image: ZVG

Ceux qui acceptent de payer sont accueillis chaleureusement. En signe d'amitié et de respect, les guides déposent sur les épaules de leurs hôtes une écharpe blanche porte-bonheur. C'est une tradition à laquelle presque tous les visiteurs ont droit. Les guides font partie intégrante du modèle touristique bhoutanais. Ils se chargent généralement aussi des formalités administratives, notamment du visa et de la taxe touristique.

Chiens, chats et poules

Les nôtres s'appellent Sonam et Sangpo. Ils nous accompagneront pendant six jours à travers le royaume. Ils nous font penser à Astérix et Obélix: Sangpo est un véritable géant pour les standards locaux et particulièrement costaud, tandis que Sonam, tout juste 1,60 mètre, est mince et menu. Tous deux portent le costume traditionnel bhoutanais.

Ils n'ont pas d'Idéfix avec eux, mais les animaux nous accompagnent presque partout. On en voit surtout autour des temples. Dès le chemin d'accès, des chiens errants passent en courant. Devant les monastères, ils somnolent au soleil aux côtés de chats et de poules. En dehors des salles de prière, toutes les créatures semblent les bienvenues.

Au Bhoutan, les moines sont très respectés et apprécient généralement que les touristes montrent de la curiosité pour leurs temples.
Les moines accueillent volontiers les visiteurs.Image: ZVG

C'est particulièrement frappant au monastère de Gangtey. Alors que certains guides caressent une poule qui s'est invitée dans l'enceinte du monastère, nous flânons entre les bâtiments. Les habitants semblent à peine remarquer les fresques murales et les sculptures en bois. Les visiteurs, eux, découvrent sans cesse de nouveaux détails, comme ces moulins à prière dorés, fixés à intervalles réguliers sur les murs extérieurs.

Selon la tradition, les fidèles font le tour des temples avant d'y entrer. Nous les imitons, en avançant dans le sens des aiguilles d'une montre et en faisant tourner un moulin à prières après l'autre.

Le bien le plus précieux du Bhoutan: le Nid du Tigre

Impossible de visiter le Bhoutan sans découvrir le monastère de Taktshang, surnommé le «Nid du Tigre». Neuf petits temples s'accrochent à une falaise abrupte dominant la vallée de Paro, près de 900 mètres au-dessus du fond de la vallée. Pour y accéder, il faut partir à pied. Tôt le matin, nous nous mettons en route pendant que Sonam, le plus petit de nos deux guides, pousse de puissants cris censés éloigner les ours et les loups.

Le Nid du Tigre, ou Taktshang, est l'une des merveilles du Bhoutan.
Image: ZVG

Peut-être le fait-il simplement pour observer les réactions des touristes. La plupart viennent des Etats-Unis. Les Américains sont d'ailleurs étonnamment appréciés au Bhoutan. On les salue dans la rue et les enfants leur adressent spontanément la parole en anglais. Cela ne les empêche pas de subir quelques plaisanteries.

C'est notamment le cas lorsqu'ils découvrent la cuisine bhoutanaise. Il faut dire que la cuisine est l'une des plus épicées du monde. Ici, le piment n'est pas un simple condiment, mais un aliment de base. Dans presque tous les villages, les piments rouges sèchent sur les toits des maisons. Le plat national est l'ema datshi, une sauce au fromage et au piment qui accompagne de nombreux plats. Après dégustation, les visiteurs finissent la plupart du temps en sueur. Autre spécialité déroutante: de petites boules de fromage sec que l'on trouve partout dans le pays. Elles ressemblent à des cailloux... et sont presque aussi dures sous la dent.

Nous essayons, puis nous les faisons discrètement disparaître pour ne pas paraître impoli. Peine perdue. «Ne vous inquiétez pas», nous rassure Sangpo.

«Vous êtes loin d'être les premiers à ne pas arriver à les mâcher»

Nous aussi grimacons devant les piments. Mais on finit par s'habituer à leur piquant. Et la cuisine devient alors délicieuse. Les plats de riz aux champignons ou aux fougères côtoient l'ara, une eau-de-vie de riz, ainsi que le suja, le traditionnel thé au beurre.

Mais ce sont surtout les symboles de fertilité, visibles sur de nombreux murs de maisons, qui suscitent le plus d'étonnement. Ces représentations phalliques remontent au maître bouddhiste Drukpa Kunley, surnommé le «Fou divin», un personnage du début du XVIᵉ siècle qui cherchait à transmettre sa sagesse par des méthodes volontairement provocatrices.

Les drapeaux de prière bouddhistes sont omniprésents au Bhoutan.
Les couleurs des drapeaux de prière bouddhistes.Image: ZVG

Le Bhoutan réserve aussi quelques clins d'œil inattendus à la Suisse. De nombreux cafés et restaurants portent des noms évocateurs, comme le Swiss Café à Paro ou le Swiss Restaurant à Thimphou. L'écrivaine la plus célèbre du pays, Kunzang Choden, est mariée à un Suisse. Et aussi isolé que puisse paraître le royaume, nous y rencontrons même un guide touristique qui, en plus de l'anglais, parle couramment le suisse allemand.

La Suisse a longtemps entretenu des liens étroits avec le Bhoutan dans le cadre de la coopération au développement, jusqu'à ce que le royaume passe progressivement de la monarchie absolue à la démocratie. Les premiers contacts remontent aux années 1940, lorsque des industriels suisses ont noué des relations avec des Bhoutanais, jusqu'à la famille royale.

Quiconque se contenterait de parcourir le pays en voiture d'une ville à l'autre sans partir à pied à la découverte des vallées et des hauts plateaux passerait sans doute à côté de l'essentiel. Entre les rizières et les rhododendrons, la randonnée vaut largement l'effort, même à 3000 mètres d'altitude. Et ceux qui préfèrent se laisser conduire auront malgré tout un aperçu de la philosophie bhoutanaise sur les panneaux routiers: «No hurry, no worry» («Pas de précipitation, pas de souci»). (trad.: mrs)

Infos pratiques
Comment s'y rendre: le plus simple est de passer par Bangkok. Il existe également des vols à destination du Bhoutan au départ de Katmandou et de Calcutta.

Quand partir: les meilleures périodes s'étendent de mars à mai et de septembre à novembre, lorsque les températures sont les plus agréables. En été, la mousson apporte de fortes pluies.

Hébergement: il est possible de se loger à petit prix, aussi bien à l'hôtel que chez l'habitant.

Guides: les agences de voyage agréées prennent en charge les formalités, notamment le visa et les autres documents nécessaires. Les guides parlent couramment anglais.

Enfin, de nombreuses agences proposent des circuits au Bhoutan. Les sites officiels donnent également des renseignements utiles pour préparer son voyage.
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