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Zelensky craint une attaque contre Odessa

Aucun signe d'accalmie ne se dessine. La Russie se préparerait à bombarder Odessa, un port de près d'un million d'habitants. 4 points pour comprendre la situation.
06.03.2022, 14:5407.03.2022, 18:06

Une nouvelle tentative d'évacuer des civils du port stratégique ukrainien de Marioupol, assiégé par les troupes russes, est prévue dimanche, tandis que l'Ukraine a dit craindre une offensive sur la cité portuaire d'Odessa, sur la Mer noire.

Au onzième jour de l'invasion russe de l'Ukraine, plus d'1.5 million de personnes ont déjà fui le pays, selon l'ONU. Des centaines de civils ont aussi été tués et aucun signe d'accalmie ne se dessinait.

Au contraire.

La Russie «se prépare à bombarder Odessa», un port de près d'un million d'habitants, a accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dénonçant un potentiel «crime historique» contre cette ville animée, toute proche de la frontière moldave où affluent les réfugiés.

Couloir humanitaire

Dans le sud-est du pays, à Marioupol, sur la mer d'Azov, un couloir humanitaire devait être effectif à 12h00 locale (11h00 heure suisse) pour permettre l'évacuation de civils jusqu'à la ville de Zaporojie, à environ trois heures de route, selon la municipalité.

Près de trois heures plus tard, la cité n'avait pas fait de point sur la situation, tandis qu'un commandant séparatiste prorusse, Edouard Bassourine, a accusé, cité par l'agence russe TASS, les troupes ukrainiennes de ne pas respecter le cessez-le-feu mis en place temporairement.

La municipalité de Marioupol, elle, a diffusé sur Telegram la vidéo d'un «convoi humanitaire» de plusieurs bus allant vers la ville.

Marioupol est sous «blocus humanitaire» et connaît une situation «très difficile» avec des «milliers de blessés» à la suite de bombardements russes, a affirmé samedi soir son maire Vadim Boïtchenko, sur Youtube.

Ses 450 000 habitants n'ont ni eau, ni nourriture, ni chauffage, ni électricité, selon Laurent Ligozat, de l'ONG Médecins sans frontières (MSF). La situation y est «catastrophique».

Kiev en ligne de mire

Les soldats russes se rapprochent également de Kiev, où ils rencontrent une résistance tenace.

Si la capitale a été épargnée dans la nuit de samedi à dimanche par les bombardements, d'intenses combats ont lieu dans sa périphérie, selon l'administration régionale ukrainienne. Natalia Dydenko, une comptable de 58 ans, qui fuit Irpine, non loin de Kiev, se désole:

«Ils bombardent les zones résidentielles - écoles, églises, grands immeubles, tout»

A Bilogorodka, à 25 km à l'ouest de la capitale, des soldats ukrainiens surveillent un pont entièrement miné, le dernier encore debout menant à Kiev.

Si on voit des Russes avancer, nous le ferons sauter (...) avec le plus de tanks ennemis possible»
Un soldatafp

Selon l'administration ukrainienne, les combats continuent aussi à Tcherniguiv, ville à 150 km au nord et pilonnée depuis plusieurs jours par l'aviation russe, devenue un paysage de dévastation.

  • Moscou avait évoqué mercredi la mort de 498 soldats russes et 2870 morts côté ukrainien.
  • Kiev fait état dimanche de plus de 11 000 soldats russes tués, sans mentionner ses propres pertes militaires.
  • Des chiffres impossibles à vérifier de manière indépendante.

Pour sa part, l'ONU a confirmé la mort de 351 civils et plus de 700 blessés, un bilan qui est «sans doute bien plus élevé car les vérifications sont en cours».

L'armée ukrainienne a annoncé une «contre-offensive» de ses troupes dans la région de Kharkiv (est), dans le collimateur depuis plusieurs jours des troupes russes. Le maire de la ville, Oleg Synegoubov, a affirmé:

«Toute tentative de l'ennemi de pénétrer à Kharkiv a échoué et ses convois militaires ont été entièrement détruits»
Oleg Synegoubov.

L'exode se poursuit

La cohue s'est emparée des gares dans les villes menacées par l'armée russe, femmes et enfants cherchant à partir après des adieux déchirants avec leurs maris et pères restant pour se battre.

Cet exode suscite une forte mobilisation, notamment dans les Etats voisins comme la Moldavie, où le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken se trouvait dimanche, après s'être rendu samedi en Pologne. Washington compte mobiliser 2.75 milliards de dollars (2.51 milliards d'euros) pour cette crise humanitaire.

En outre, les Etats-Unis travaillent de manière «très, très active» sur un accord avec la Pologne pour l'envoi d'avions de guerre à l'Ukraine, selon M. Blinken, alors que M. Zelensky en réclame depuis plusieurs jours.

Efforts diplomatiques

Sur le front diplomatique, samedi, Vladimir Poutine a reçu pendant près de trois heures le Premier ministre israélien Naftali Bennett, qui a proposé sa médiation.

«Même s'il y a peu de chances de réussite, (...) je vois comme un devoir moral de tout tenter»
Naftali Bennett

Et le président français Emmanuel Macron devait parler à Poutine, qui s'est de son côté entretenu avec son homologue turc.

Selon les autorités ukrainiennes, une troisième session de négociations avec les Russes aura lieu lundi, bien que les chances d'un accord paraissent infimes. D'ailleurs, Poutine est clair quant au futur: Si elle ne se plie pas à ses exigences, l'Ukraine pourrait perdre son «statut d'Etat», a-t-il aussi menacé. Moscou réclame notamment un statut «neutre et non nucléaire» pour le pays et sa démilitarisation, ce que Kiev, qui cherche à adhérer à l'Union européenne et à l'Otan, juge inacceptable. (jug/ats)

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Les séparatistes prorusses annoncent s'être emparé d'une ville-clé
Tandis que les forces russes intensifient l'offensive dans le Donbass, les forces séparatistes prorusses viennent de revendiquer la prise de Lyman, une localité-clé.

L'annonce a été faite via Telegram, par l'état-major de l'autoproclamée «république» séparatiste prorusse de Donetsk: selon lui, les forces séparatistes ont «pris le contrôle complet» de Lyman avec «l'appui» des forces armées russes. Ni l'armée russe, ni l'armée ukrainienne, n'ont immédiatement commenté cette information, que l'AFP n'a pu vérifier de source indépendante.

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