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Asie centrale: troubles dans l'arrière-cour de Poutine

Asie centrale: des troubles dans l'arrière-cour de Poutine

Kyrgyz mine clearing experts prepare their to work to find and defuse mines after fighting between Kyrgyzstan and Tajikistan in Ak-Sai village about 950km (593 miles) southwest of Bishkek the capital  ...
Des Kirghizes se préparent à trouver et désamorcer des mines après les combats entre le Kirghizistan et le Tadjikistan dans le village d'Ak-SaiImage: AP
Depuis la guerre de la Russie contre l'Ukraine, ça bouge en Asie centrale. Un élément que l'Europe ne devrait pas négliger.
25.09.2022, 08:0726.09.2022, 07:41
Anne-Kathrin Hamilton / watson.de

Des chevaux sauvages sur des steppes sans fin. Des lacs glaciaires et des montagnes. Des moutons et des cabanes. Des Starbucks et des gratte-ciel. D'innombrables langues et cultures c'est le Turkménistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan. Des pays post-soviétiques relativement mystérieux et discrets. Pourtant, c'est des régions que l'Europe ne devrait pas négliger dans le cadre de la guerre en Ukraine.

En effet, récemment, un nouveau conflit frontalier armé a éclaté entre le Tadjikistan et son voisin, le Kirghizistan. Expert de l'Asie centrale et chercheur à Fondation Carnegie, Temur Umarov a décrypté la situation: cette fois, les combats vont plus loin qu'un «simple» conflit frontalier et remettent en question l'influence russe dans la région.

Un nouveau souffle

Après l'effondrement de l'Union soviétique, les pays d'Asie centrale étaient considérés comme des alliés de la Russie. Ces pays partageaient avec elle un héritage soviétique, une coopération en matière de sécurité, un style de gouvernement autoritaire et la crainte d'un «soulèvement de la population contre leur régime». Le président russe Vladimir Poutine entretient, d'ailleurs, des relations étroites avec ces Etats d'Asie centrale.

En effet, la Russie se voit comme le patron de la région, comme une sorte de «grand frère». Mais la guerre menée par Poutine contre l'Ukraine, contraire au droit international, a changé la dynamique de la région.

Le Kazakhstan se rapproche de la Chine et s'éloigne de la Russie

Les Etats riches en ressources comme le Kazakhstan testent jusqu'à quel point ils peuvent désormais s'éloigner d'une Russie affaiblie et isolée. Le président kazakh, Kassym-Shomart Tokaev, agit ouvertement contre les intérêts de Vladimir Poutine et se rapproche du chef d'Etat chinois Xi Jinping, afin de s'affranchir de la dépendance de Poutine, tant sur le plan économique que militaire. La Chine profite de l'occasion pour consolider ses relations avec le Kazakhstan. Après tout, l'Asie centrale est pour Pékin, puissance économique émergente, une zone de transit importante pour les flux mondiaux de marchandises vers l'Europe.

L'emploi en Asie devrait cette ann
Les Etats riches en ressources comme le Kazakhstan testent jusqu'où ils peuvent désormais s'éloigner d'une Russie affaiblie et isolée. (image d'illustration)Image: sda

Les Etats les plus pauvres, comme le Tadjikistan, restent soumis à la pression russe, car ils dépendent, entre autres, de ses livraisons d'énergie. Le président tadjik, Emomalij Rahmon, dirige son pays d'une main de fer et est considéré comme un proche allié de Poutine.

Morts et fugitifs à la frontière

En avril 2021, des combats avaient déjà au lieu pour des territoires situés à la frontière entre Tadjikistan et Kirghizistan. Ils ont à nouveau éclaté le 14 septembre. Selon les chiffres officiels, au moins 59 personnes ont été tuées et 164 blessées du côté kirghize. Selon ces chiffres, 136 000 personnes ont fui la zone de crise dans la province de Batken. Le Tadjikistan a fait état de 41 morts, dont probablement des enfants et des femmes.

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, il y a plus de 30 ans, ces deux pays de montagne se disputent en de nombreux endroits sur le tracé de leur frontière, longue d'environ 1000 kilomètres.

Après six jours de violents affrontements, les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale ont conclu un accord de cessez-le-feu, lundi.

Temur Umarov explique que cette fois il y a quelque chose de différent:

«A l'époque, ces conflits partaient directement des habitants aux frontières. L'armée intervenait pour stabiliser la situation. Mais cette fois, les combats sont partis directement de l'armée et ont dégénéré très rapidement.»

Des armes lourdes comme des chars, des véhicules blindés et des mortiers. Des lance-roquettes du côté tadjik - «ce n'est plus un conflit frontalier habituel», estime l'expert, chercheur à la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

Mais qui a tiré le premier coup de feu sur son voisin?

Le Tadjikistan et le Kirghizstan se rejettent mutuellement la faute

D'après Temur Umarov, il est difficile de répondre à la question de savoir qui a lancé les hostilités. Le Kirghizstan aurait, quant à lui, réagi avec surprise. Cela pourrait indiquer que le conflit est parti du Tadjikistan. Mais ce ne sont que des suppositions, a-t-il ajouté.

«Le Tadjikistan semble plus sûr de lui et plus préparé. En quelques jours seulement, le pays a mobilisé de l'artillerie lourde à la frontière»
Temur Umarov

De plus, selon l'expert, le Kirghizstan n'a aucune raison d'entamer un conflit avec le Tadjikistan. Les territoires revendiqués se trouvent du côté kirghize. Il est également intéressant de noter que le Kirghizstan est le seul pays à peu près démocratique d'Asie centrale.

Plusieurs organisations non gouvernementales y agissent, y compris contre les intérêts de Vladimir Poutine. Cependant, le pays rencontre des difficultés. Il baigne, par exemple, dans une corruption qu'aucun gouvernement n'a réussi à endiguer depuis l'indépendance en 1991. L'abus de pouvoir et la pauvreté généralisée provoquent régulièrement des troubles.

De l'autre côté de la frontière, Emomalij Rahmon règne depuis deux décennies sur la République du Tadjikistan à la manière de son ami autocrate Vladimir Poutine. Il n'y a aucune trace de démocratie, pas de liberté de la presse et la surveillance de la population se développe rapidement.

«En cas de guerre entre ces deux pays d'Asie centrale, la Russie soutiendrait le Tadjikistan»
Temur Umarov

Le Kazakhstan, de son côté, soutiendrait probablement le Kirghizstan. Et pourtant, tous ces pays font partie d'une alliance militaire commune.

Faible alliance avec Poutine

Les deux belligérants font, en effet, partie de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). Il s'agit d'une alliance militaire dirigée par la Russie depuis 1992. Selon Temur Umarov, la situation actuelle montre, une fois de plus, que cette alliance est un «tigre édenté». Les membres ne prennent pas au sérieux les tâches et les responsabilités de l'OTSC, par exemple pour résoudre les conflits.

«L'OTSC est une alliance faible», estime Umarov. Selon lui, seul le Kazakhstan n'est pas impliqué dans un conflit avec un autre membre de l'OTSC. D'après notre expert, cela en dit long sur cette organisation chapeautée par le Russie. «C'est une alliance purement politique», ajoute-t-il. Néanmoins, il ne s'attend pas à ce que le conflit actuel se transforme en guerre.

Accord de paix entre le Kirghizstan et le Tadjikistan?

Le conflit armé s'est finalement réglé. Les troupes et les armes lourdes devraient être retirées de la frontière, a-t-on appris. La situation dans la région frontalière kirghize de Batken se stabilise peu à peu, a déclaré le chef du comité d'Etat pour la sécurité nationale, Kamytschbek Taschijew.

Son homologue du Tadjikistan, Saymumin Jatimov, a déclaré:

«Nous sommes convaincus qu'une paix véritable s'installe désormais à nos frontières nationales»

Leur rencontre a eu lieu au poste frontière de Guliston. Umarov est sceptique quant à cet accord de paix. Il estime que les chances de voir le conflit se rallumer sont élevées.

(avec du matériel de la dpa)

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source: police cantonale vaudoise
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