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La Russie bat-elle en retraite? 5 points pour comprendre

Mardi, la Russie a annoncé «réduire ses activités militaires autour de Kiev». Est-ce que cela veut dire qu'elle se replie? A-t-elle vraiment le choix? Réponse en 5 questions.
30.03.2022, 20:3830.03.2022, 20:58
Patrick Toggweiler
Patrick Toggweiler
Patrick Toggweiler
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D'où vient la rumeur d'un possible retrait russe?

Les délégations russe (à gauche) et ukrainienne (à droite) lors des discussions à Istanbul.
Les délégations russe (à gauche) et ukrainienne (à droite) lors des discussions à Istanbul.image: keystone

Mardi, une délégation ukrainienne et une délégation russe se sont rencontrées à Istanbul pour des pourparlers de paix. Un représentant du ministère russe de la Défense, le colonel-général Alexander Fomin, a ensuite déclaré aux journalistes que les troupes russes allaient «réduire radicalement les activités militaires autour de Kiev et de Tchernihiv». Cette déclaration a été reprise par les médias occidentaux.

Le négociateur russe Vladimir Medinski n'a toutefois laissé planer aucun doute sur la poursuite de la guerre. La désescalade au nord ne «signifie pas un cessez-le-feu».

La Russie n'est-elle de toute façon pas bloquée dans ces villes?

Oui et non.

Les formations ukrainiennes ont réussi à stopper l'avancée russe devant Kiev et à affaiblir les troupes de manière décisive. Un retrait de cette région, communiqué par la Russie comme une «mesure de confiance», est probablement plus une conséquence de la réalité militaire qu'un geste accommodant.

Deux soldats ukrainiens patrouillent dans Kiev.
Deux soldats ukrainiens patrouillent dans Kiev.Bild: keystone

Tchernihiv, au nord-est de Kiev, près de la frontière biélorusse, est un cas différent. La ville est assiégée et bombardée depuis le 25 février. La population doit se passer d'eau, d'électricité et de soins médicaux. Un retrait permettrait de désamorcer nettement la situation humanitaire.

La Russie est-elle passée de la parole aux actes ?

Un soldat ukrainien pose à l'extérieur de Browary.
Un soldat ukrainien pose à l'extérieur de Browary.image: keystone

Là encore, on ne peut répondre ni par oui ni par non. L'état-major ukrainien a fait savoir immédiatement après les entretiens que le retrait de certaines unités des forces armées russes était observé dans la région de la capitale et de Tchernihiv. Aujourd'hui, on a toutefois appris que des troupes russes étaient toujours devant Kiev. Le retrait partiel d'unités russes de Browary, une banlieue disputée au nord-est de Kiev, a été confirmé.

Alors que Kiev a connu une nuit calme, Tchernihiv a été attaquée par l'artillerie et les avions, comme l'a signalé le gouverneur responsable. Ce témoignage ne peut pas être vérifié de manière indépendante.

Qu'en est-il de la région du Donbass?

Un soldat russe inspecte une position ukrainienne abandonnée à Louhansk.
Un soldat russe inspecte une position ukrainienne abandonnée à Louhansk.image: keystone

La Russie a annoncé qu'elle se concentrerait davantage sur la région du Donbass, au sud-est de l'Ukraine, «dans la deuxième phase de l'opération spéciale». En effet, on constate des déplacements de troupes du nord vers l'est. Des enregistrements vidéo montrent un grand convoi qui a quitté Sumy, il y a deux jours, pour se rendre à Kharkiv.

L'une des principales conditions de l'Ukraine pour la paix est le retrait complet des troupes russes du territoire ukrainien. Le territoire ukrainien comprend le Donbass. Tant que les combats s'y déroulent, la fin de la guerre est loin d'être acquise.

Quelles sont les conditions réclamées par les deux pays?

Mykhailo Podolyak, conseiller du président ukrainien, donne des informations aux journalistes.
Mykhailo Podolyak, conseiller du président ukrainien, donne des informations aux journalistes.image: keystone

Russie

  • L'Ukraine doit s'engager à être neutre.
  • L'Ukraine ne doit pas posséder ses propres armes nucléaires.
  • Les troupes de pays tiers ne doivent jamais être déployées en Ukraine.

Ukraine:

  • Le retrait de toutes les troupes russes et la paix sur tous les territoires ukrainiens.
  • La possibilité d'adhérer à l'UE.

BONUS: Y a-t-il d'autres événements qui méritent d'être mentionnés?

Roman Abramovich a suivi les discussions sur place à Istanbul.
Roman Abramovich a suivi les discussions sur place à Istanbul.image: keystone

L'oligarque russe et ex-propriétaire de Chelsea Roman Abramovich a également été aperçu lors des discussions. Il a pris place un peu à l'écart des deux délégations, à une table séparée, avec un appareil de traduction.

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