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Le documentaire <em>Chaos d'anthologie: Woodstock 99</em> montre l'échec de ce festival.
Le documentaire Chaos d'anthologie: Woodstock 99 montre l'échec de ce festival.Image: netflix

Chaleur, émeutes, viols: un docu raconte le chaos de Woodstock 99

Comment le festival le plus peace and love de la planète est devenu le pire festival du monde.
08.08.2022, 18:47

Si vous pensez que The fyre festival était un fiasco total, sachez qu'il y a pire: Woodstock 99. Celui-ci a bel et bien eu lieu et ça a été un carnage.

Woodstock 1969 n'a rien à voir avec Woodstock 99. Le premier se voulait le festival de la contre-culture et du flower power. Le second était plus en mode: «Show me your tits!». Un documentaire en trois parties disponible sur Netflix raconte le désastre de cet événement musical.

L'une des personnes responsables de ce fiasco s'appelle Michael Lang. L'organisateur de l'édition de 1969 a tenté de ressusciter le passé et de donner à la jeunesse grunge de la fin des années 1990 son propre mythe musical.

L'organisateur Michael Lang
L'organisateur Michael Langnetflix

Sauf que Michael Lang était déconnecté de cette jeunesse et semble être encore aujourd'hui dans le déni total. De graves erreurs ont été commises et le festival est devenu célèbre, non pas grâce à sa line-up (les plus grands de l'époque étaient présents, de Limp Bizkit à Korn en passant par les Red Hot Chili Peppers), mais à cause de sa mauvaise organisation et de sa gestion déplorable.

Le documentaire montre des images hallucinantes d'une foule estimée à 400 000 personnes avec une sécurité minimum. Le concert de Limp Bizkit témoigne de l'inconscience des organisateurs. A cause du monde, des pogos ou des gens qui surfent sur la foule sur une plaque de contre-plaqué, des dizaines et des dizaines de personnes ont été blessées, saturant les secours.

Le concert de Limp Bizkit qui a mis le feu aux poudres:

Le documentaire met en parallèle le Woodstock de 1969, celui où des hippies regardaient un concert assis en tailleur (certains avec leurs enfants), à celui de 99, où des frat boys misogynes hurlaient à Sheryl Crow de montrer ses seins lors de sa prestation.

L'un des principaux ennemis du festival: la chaleur

Les festivaliers n'ont pas eu le droit d'entrer sur le site avec des bouteilles d'eau. Déjà que le billet pour les trois jours leur a coûté un bras, ils ont dû dépenser quatre dollars par bouteille pour s'hydrater sous 38 degrés. L'événement a eu lieu sur une base militaire désaffectée de Rome, dans l'Etat de New York. La majeure partie de la zone était asphaltée, bref, c'était comme entrer dans un four.

A cause du soleil combiné à l'alcool, aux drogues et au manque d'hydratation, les festivaliers ont fait des malaises. Certes, il y avait des fontaines à eau, mais pour en profiter, il fallait attendre plusieurs heures. On apprendra plus tard dans le documentaire que l'eau était contaminée par des matières fécales. Charmant.

Image: netflix

Dans l'épisode 1, la formule est lâchée par le promoteur John Scher: «Woodstock 1969 servait à faire une révolution culturelle, Woodstock 1999 sert à faire de l'argent». En plus d'être avide, cet homme se montre particulièrement insensible. «Woodstock était comme une petite ville, vous savez... Tout bien considéré, je dirais qu'il y aurait probablement autant de viols, voire plus, dans une ville de cette taille.» Il ira jusqu'à remettre en cause la parole des femmes victimes d'agressions sexuelles durant le festival.

Image: netflix

Deuxième ennemi du festival: les déchets

Les images sont saisissantes. Comme le dit l'une des personnes interviewées, on aurait dit le passage de l'ouragan Katrina. Les festivaliers marchaient dans une mer de bouteilles en PET et de détritus. Il y avait trop de monde et pas assez de personnel pour nettoyer le site, parce que, rappelons-le, le festival doit faire du fric et certains budgets ont été tout simplement coupés.

Image: netflix

Troisième ennemi: la colère des festivaliers

Après avoir été traités comme des animaux pendant trois jours, les gens ont pété les plombs. Comme disait l'un des festivaliers: «Du kérosène, une allumette et boum!». Après le dernier concert, lors du troisième jour, ils se sont mis à casser les infrastructures et à y mettre le feu. La sécurité, pratiquement inexistante et non formée, s'est trouvé démunie face aux émeutes. En voyant les images, on se dit que c'est un miracle que personne ne soit mort.

netflix

Vingt-trois ans plus tard, les organisateurs ne se sentent toujours pas responsables, parlant de «trouble-fête» ou de «marginaux». Le documentaire Chaos d'anthologie: Woodstock 99 est scotchant. Agoraphobes s'abstenir.

Le documentaire Chaos d'anthologie: Woodstock 99, en images

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Le documentaire Chaos d'anthologie: Woodstock 99, en images
source: netflix
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