«Nous perdons 1700 skieurs par jour»: ces stations souffrent de la neige
Hier fermée, aujourd'hui entrouverte. La station valaisanne des Marécottes navigue au gré d'un danger d'avalanche instable, qui a oscillé entre 4/5 et 5/5 avant de se stabiliser à 4/5 ce mercredi.
L'or blanc fait rêver les vacanciers, qui s'émerveillent de paysages dignes d'un conte. Mais derrière les fenêtres des bureaux de direction, le même spectacle inspire bien moins d'enthousiasme.
C'est le cas de Gianluca Lepori, directeur des remontées mécaniques de VerticAlp Vallée du Trient: «On a dû fermer en décembre par manque de neige. Aujourd'hui on en a trop.»
Un poil amusé par la situation, il ajoute:
Hier, le 17 février, les hélicos attendaient des fenêtres (météo) de minage pour déclencher des avalanches, informe le directeur. «Et une fois que c'est sécurisé, il faut tout déblayer et préparer.»
«Impossible de planifier»
Impossible de planifier sereinement: la météo tient les pisteurs en haleine, les précipitations annoncées semant le doute à chaque bulletin. «La planification est difficile », admet Gianluca Lepori.
Mais un autre problème vient s'ajouter: la semaine de vacances scolaires. «La grande majorité des cantons sont en vacances cette semaine», déplore Gianluca Lepori, qui résume la situation avec une pointe d'ironie: «On a mis tous les œufs dans le même panier et là, le panier est tombé par terre.»
Des cases noircies sur le calendrier, autant de journées de ski perdues pour les caisses de la station. «Lundi et mardi, nous n'avons pas pu faire tourner. La semaine passée, nous avons eu deux jours de fermeture, après de fortes précipitations», précise Gianluca Lepori. La semaine dernière, un mètre cinquante de neige fraîche avait recouvert le domaine; cette semaine, c'est un bon mètre supplémentaire qui s'est abattu sur les pistes, selon les dires du patron des remontées mécaniques.
Ces journées inexploitées laissent des traces dans les finances de la station — d'autant plus que février est traditionnellement l'un des mois les plus courus par la clientèle.
«Nous perdons entre 1500 et 1700 skieurs par jour», chiffre Gianluca Lepori. Un manque à gagner indéniable — qu'un facteur vient cependant nuancer lorsque les remontées mécaniques tournent au ralenti. Le directeur s'explique:
La situation est toujours compliquée à ce jour. Le domaine des Marécottes n'est ouvert que partiellement et que depuis midi. Jeudi, de fortes chutes de neige sont annoncées et compliquent encore la tâche des responsables sécurité de la station, qui suent sang et eau pour offrir des pistes sécurisées à leur clientèle.
La météo fait partie du jeu
A une échelle plus large, la question des pertes financières liées à ces journées «off» reste difficile à chiffrer. «Nous sommes en échange avec les Remontées Mécaniques Valaisannes, mais les chiffres détaillés sont établis par chaque entreprise et ne sont actuellement pas disponibles», nous indique Valais/Wallis Promotion.
Mais rien de bien neuf dans le microcosme du ski et du tourisme de montagne: «De manière générale, la météorologie fait partie de la réalité alpine», estime l'organisme valaisan.
Valais/Wallis Promotion juge «prématuré de tirer des conclusions» sur les pertes financières liées aux fermetures, tout en soulignant que les conditions d'enneigement restent «excellentes» — une donnée de bon augure pour la suite de la saison.
L'abondance de neige n'est une bonne nouvelle qu'à condition qu'elle reste. Et les prévisions pour la semaine prochaine, avec une remontée marquée des températures, invitent à la prudence.
