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Javier Milei et les Simpson ont un point commun

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Les Simpson ont un point commun avec le nouveau président argentin

Dimanche, le président Javier Milei a été photographié plusieurs fois non loin d'un drapeau baptisé «The Gadsden Flag». On y voit un serpent à sonnette se déployer au-dessus d'un célèbre slogan libertarien. Quésaco?
21.11.2023, 05:5421.11.2023, 08:26
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Alors, certes, nous avons épinglé les Simpson, mais Metallica, Rocky IV, le film Tootsie ou encore la série The Last of Us auraient tout aussi bien fait l'affaire. L'important était de signifier que la popularité (très) étendue de «The Gadsden Flag» n'est plus à prouver.

D'ailleurs, le voici:

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Sur un fond jaune pétant, on découvre un serpent à sonnette prêt à sauter sur sa proie et un slogan qui ne se laisse pas faire: «Ne me piétinez pas». Et depuis l'élection, dimanche, de l'extrémiste de droite Javier Milei à la tête de l'Argentine, on ne voit que lui dans les foules en liesses. Même le tout frais président s'était pris au jeu de la pose, au-dessus de ce célèbre étendard libertarien.

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Et voici le slogan sur le cul de Bart:

Dans le seizième épisode de la sixième saison, Bart est inculpé pour fraude en Australie. Alors qu'il s'apprête à recevoir un coup de pied du premier ministre, il baisse son pantalon et dévoile... cla ...
Dans le seizième épisode de la sixième saison, Bart est inculpé pour fraude en Australie. Alors qu'il s'apprête à recevoir un coup de pied du premier ministre, il baisse son pantalon et dévoile... clairement sa réticence.

La version du groupe de Lars Ulrich:

En août 1991, Metallica sort le single Don't Tread On me et la pochette qui va avec. Un projet qui fera (sans surprise) polémique. Au point que le groupe devra s'expliquer: «Nous ne sommes pas politiq ...
En août 1991, Metallica sort le single Don't Tread On me et la pochette qui va avec. Un projet qui fera (sans surprise) polémique. Au point que le groupe devra s'expliquer: «Nous ne sommes pas politiques et encore moins pro-guerre. Cette chanson, ça veut juste dire "Ne nous emmerdez pas".» Loupé.

Mais c'est quoi ce drapeau?

Comme toujours, c'est vieux et compliqué. Mais la dernière fois qu'il a été largement dépoussiéré, les extrémistes pro-Trump entraient par milliers et par effraction dans l'antre de la démocratie américaine, ce fameux 6 janvier 2021.

L'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, à Washington.
L'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, à Washington.

Bien sûr, l'Argentin Javier Milei n'a jamais caché son admiration sans faille pour Donald Trump et le populisme américain en général.

Or, si ce drapeau puise effectivement ses racines dans l'Histoire des Etats-Unis, les couleurs politiques de ses utilisateurs diffèrent selon les périodes, passant de l'extrême droite à l'extrême gauche, jusqu'à retrouver de multiples adaptations goupillées notamment par les mouvements LGBT américains, à partir des années nonante. Par exemple, après la tuerie d'Orlando en 2016, visant la boîte gay The Pulse.

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Tous, en revanche, revendiquent bruyamment cette volonté qu'on leur lâche la grappe. Comme le disait Metallica: «Ne m'emmerdez pas». C'est d'ailleurs dans cette ambiance qu'en décembre 2022, la Floride avait inauguré une nouvelle plaque d'immatriculation collector, arborant le fameux logo au serpent. Plusieurs Etats suivront le mouvement.

«Je crois que ça envoie un message clair aux voitures qui viennent de l'extérieur de l'État: Ne marchez pas sur moi ou sur la Floride»
Le gouverneur de Floride (et candidat à la présidentielle 2024) Ron DeSantis, à Fox News.
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Bien que globalement toléré aux Etats-Unis – plusieurs Etats du sud l'arborent dans leur blase alternatif, il arrive que cet étendard fasse du grabuge. En août dernier, un adolescent du Colorado a par exemple été viré de son collège pour avoir affiché le fameux serpent sur son cartable... avant d'être réintégré par le gouverneur en personne. Au nom de l’Histoire des États-Unis.

Son origine

Le Gadsden Flag est encore considéré par beaucoup comme «le symbole le plus populaire de la Révolution américaine». En 1775, en pleine Guerre d'indépendance, le colonel et représentant au Congrès Christopher Gadsden décide que la marine américaine a besoin d'un drapeau bien à lui. Il se chargera de dessiner une première version du serpent à sonnette. Le slogan, lui, n'évoluera jamais, bien que les derniers exemples dévoient désormais un apostrophe à «Don't».

Mais l'origine du drapeau n'est malgré tout pas très claire, puisque certains considèrent que le premier à avoir eu cette idée n'est autre que Benjamin Franklin, quelques années avant Gadsden. S'il y a bien un serpent, le slogan diffère.

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Il faut avouer que sa version définitive a été longtemps rangée dans les cartons des Etats-Unis, utilisé avant tout par de petits mouvements libertariens peu représentatifs. Avant de se voir empoigné plus largement par le Tea Party, pour dénoncer les impôts et la main trop lourde de l'Etat sur le fonctionnement économique du pays, il s'est par exemple retrouvé sur le torse des footballeurs de l'équipe nationale américaine, alors sponsorisée par Nike.

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S'il a été, à la base, conçu comme un avertissement et un cri de ralliement patriotique pour combattre les oppresseurs venus de l'étranger, ce drapeau est aujourd'hui indissociable des fanatiques de Donald Trump et d'un populisme militant qui s'étend... désormais jusqu'à l'élection de Javier Milei en Argentine, dimanche.

C'est le bordel? Oui, un peu. Mais comme le rappelait peu après l'assaut du Capitole Paul Bruski, professeur agrégé de design à l'Iowa State University, «les gens utilisent un drapeau non pas pour ce qui est explicitement affiché, mais en raison de ce qu'ils croient qu'il représente».

Donald Trump dédicace la poitrine d'une jeune femme
Video: watson
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