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Cyril Hanouna

Hanouna s'en prend plein la tronche, mais n'en «a rien à carrer»

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images: keystone/wikipédia, montage: fred valet

Hanouna s'en prend plein la tronche, mais n'en «a rien à carrer»

Le pamphlet baptisé Hanouna, de l'avocat franco-espagnol Juan Branco, n'est pas encore sorti qu'il squatte déjà les meilleures ventes en France. On en sait un peu plus sur le contenu de cet objet littéraire hautement inflammable, en librairie le 1er juin prochain.
19.05.2023, 16:5620.05.2023, 11:26
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La semaine dernière, plusieurs pages présentées comme étant en lien avec un pamphlet à paraître le 1er juin, ont fait frissonner les réseaux sociaux. Bonnes feuilles? Première salve marketing? Lettre de l'auteur du bouquin au principal intéressé? Fake pur et dur? L'éditeur Au Diable Vauvert, contacté par plusieurs médias français, n'a pas souhaité s'exprimer.

De quoi on parle? D'un document baptisé Hanouna, dont l'auteur n'est autre que l'avocat et polémiste anti-Macron Juan Branco.

Les pages en question, qui contiennent plusieurs accusations inédites contre l'animateur de Touche pas à mon poste (TPMP) (et autant de fautes d'orthographe), ont été partagées en premier par une certaine Zoé Sagan, sur Twitter. Un compte sous pseudonyme qui avait déjà fait parler de lui durant l'affaire du zizi de Benjamin Griveaux, alors secrétaire d'Etat auprès du ministre des Finances, Bruno Le Maire. (Oui, celui du célèbre anus dilaté comme jamais.)

Autant dire qu'à moins de deux semaines de la sortie de livre, c'est l'emballement général. L'objet, qui s'annonce au minimum croustillant, caracole en tête des classements, notamment sur Amazon et Fnac, alors qu'il n'est encore qu'en prévente. Il faut dire que plusieurs spécialistes du buzz virtuel et ennemis publics de Cyril Hanouna ne se sont pas fait prier pour propager plusieurs fois l'information. Coucou Booba.

Depuis, le site de l'éditeur Au Diable Vauvert a publié un extrait du pamphlet sur son site internet. Dont le sommaire, qui laisse peu de doutes quant au ton empoigné par le sniper d'extrême gauche.

  • Introduction
  • Le tribunal des tribunaux
  • Derrière les portes de l’enfer
  • Dominants et dominés
  • L’oubli
  • Le guignol
  • Le porte-parole
  • Postface

La guerre entre le meilleur poulain de Vincent Bolloré et l'avocat franco-espagnol, proche de la France insoumise (LFI), ne date pas d'hier. L'auteur l'évoque d'ailleurs dans les premières pages du livre, au chapitre Le tribunal des tribunaux, précisant qu'il a foulé le plateau à plusieurs reprises, ce qui «est l'occasion de tester le dispositif circulaire mis en place autour de Cyril Hanouna».

Il y décrit la «machine à fabriquer du spectacle», d'un «pion dans un système», où la «croyance en France atteint un stade terminal de corruption». Une émission où les «chroniqueurs sont payés pour donner l’impression de la spontanéité – exactement comme les acteurs de télé-réalité –, soumis à une intense pression et à une préparation exigeante, devenus les supports d’une émission à laquelle chacun était censé pouvoir s’identifier, catégorisés de façon à toucher telle ou telle part de marché».

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En 2019 déjà, alors invité dans l'émission TPMP pour débattre d'un mouvement des Gilets jaunes qui lui est cher, Juan Branco n'avait pas été tendre avec Hanouna. Après que ce dernier lui demande ce que l'avocat fait «pour les chômeurs», il a balancé qu'il était «au RSA», qu'il «défend des Gilets jaunes gratuitement tous les jours», pour enfin se retourner contre le porte-monnaie de l'animateur:

«Je ne gagne pas 250 millions d'euros en cinq ans pour faire cette émission, moi»

Le sang de Hanouna n'avait fait qu'un tour ce soir-là: «Je ne gagne pas 250 millions d'euros en cinq ans pour faire cette émission. Allez sors du plateau, tu dis des conneries, tu fais du racisme anti-réussite». Ironie du sort, surtout à quelques encablures de la sortie du brûlot, Hanouna avait refermé l'émission en rassurant ceux qui avaient besoin de l'être: «On s'est dit les choses, je suis sûr qu'on va être très potes!» Oups.

Il dénonce un système

Pour Branco, l'un des puissants à abattre s'appelle Stéphane Courbit. Dire qu'il n'aime pas celui «qui a passé sa vie à faire commerce du néant et de la vulgarité» est un euphémisme, puisqu'il démarre l'exécution en égratignant son physique: «L'homme de 58 ans, regard benêt et visage légèrement attardé, passe ses étés à Saint-Tropez et ses hivers à Courchevel, incapable là comme ailleurs de la moindre originalité.» Stéphane Courbit? C'est le producteur qui se cache derrière un nombre incalculable d'émissions françaises, de La fureur du samedi soir, en passant par Les enfants de la télé, Le loft, Secret story, La ferme des célébrités, Koh Lanta, Fort Boyard ou Les Marseillais. Une «boîte à merde», qui fomente aussi (et forcément) le travail de Cyril Hanouna.

«M. Courbit, l’interface entre Hanouna et l'oligarque Vincent Bolloré, récupère 35 millions d’euros par an pour produire l’émission "Touche pas à mon poste"»
Juan Branco, dans son livre Hanouna

Dans ces quelques premières pages, Juan Branco détricote en somme l'empire tentaculaire qui se nourrit de l'un des directs télévisuels quotidiens les plus regardés de France. Il en profite aussi pour reprocher à Hanouna sa proximité, notamment financière, avec Magali Berdah, patronne de Shauna events et des fameux «influvoleurs» qui agitent le monde des réseaux sociaux en ce moment. Booba, lui aussi, s'était fait remarquer il y a quelques mois en refaisant le portrait de Stéphane Courbit, propriétaire de la puissante société Banijay.

Pour l'heure, le héros du livre n'en a «rien à carrer». Du moins, c'est qu'il s'est contenté d'exprimer cette semaine, plus ou moins indirectement, dans son émission. Sans autre forme de contexte: «J’ai vu qu’on avait beaucoup parlé de nous ce week-end, j’ai vu qu'y avait plein de gens qui s’agitaient sur twitter autour de moi, j’ai rien vu, j’en ai rien à carrer».

Tout le contraire du public qui, si l'on en croit les précommandes, se réjouit de plonger son nez dans ces 312 pages qui risquent de faire BADABOUM dans le PAF.

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