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Caster Semenya: pourquoi la Suisse doit lui verser 60'000 euros

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné la Suisse à verser 60'000 euros à Caster Semenya. Explications.
La Cour européenne des droits de l'Homme a rendu un jugement favorable à Caster Semenya mercredi.Image: keystone

Pourquoi la Suisse doit verser 60 000 euros à Caster Semenya

La Cour européenne des droits de l'Homme a estimé mercredi que la Suisse avait fait preuve de discrimination à l'égard de l'athlète intersexe sud-africaine. Les explications et les conséquences de cette affaire👇
13.07.2023, 11:5513.07.2023, 15:30
Adrian Bürgler
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Qui est Caster Semenya?

Caster Semenya est une athlète sud-africaine. Aujourd'hui âgée de 32 ans, elle est spécialiste des courses de demi-fond. Elle est double championne olympique et triple championne du monde sur 800 mètres. En 2017, à Londres, elle a également remporté la médaille de bronze aux championnats du monde sur 1500 mètres.

C'est quoi le problème?

Caster Semenya est une femme intersexe. Elle est née sans utérus ni ovaires, mais avec des testicules internes. A la naissance, elle a néanmoins été considérée comme une femme. Elle possède des chromosomes XY et un taux de testostérone élevé. C'est justement ce dernier point qui donnerait à la Sud-Africaine des avantages injustes par rapport aux autres femmes en athlétisme, selon les voix critiques.

La Cour européenne des droits de l'Homme a condamné la Suisse à verser 60'000 euros à Caster Semenya. Explications.
Caster Semenya lors de son arrivée au Tribunal arbitral du sport en 2019. Image: KEYSTONE

C'est avant les championnats du monde de 2009 que des spéculations sur l'intersexuation de Semenya sont apparues pour la première fois. Après sa victoire écrasante, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a ordonné un examen approfondi pour déterminer le genre de Caster Semenya. Malgré cela, la Sud-Africaine a pu continuer à concourir chez les femmes, mais seulement si elle suivait en même temps un traitement anti-androgène.

La médaille d'or de Semenya aux JO 2016 de Rio 📺

En 2019, le Tribunal arbitral du sport (TAS) – basé à Lausanne – a annoncé qu'une nouvelle réglementation sur les taux de testostérone chez les athlètes féminines allait être introduite. Pour les distances de course comprises entre 400 mètres et un mile (environ 1600 mètres), la limite supérieure est de cinq nanomoles par litre de sang (testostérone totale chez les hommes: 10,4-34,7 nmol/l). Le TAS a confirmé qu'il y avait une discrimination envers les athlètes féminines comme Semenya, mais que celle-ci était nécessaire pour garantir une compétition équitable.

Semenya a demandé une suspension provisoire de cette nouvelle réglementation. Elle a donc été autorisée à participer à des courses pendant une courte période, mais le Tribunal fédéral suisse a annulé cette suspension fin juillet 2019. L'athlète a ensuite porté cette décision devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).

Que signifie le jugement de la Cour européenne?

Pour répondre à cette question, il faut d'abord clarifier ce qui a été exactement décidé à Strasbourg cette semaine. La Cour européenne des droits de l'homme a jugé que la Suisse avait fait preuve de discrimination à l'égard de Caster Semenya. Il ne s'agissait toutefois pas d'une interdiction concrète de concourir, mais de la procédure juridique.

Semenya a fait appel de la décision du TAS quant à cette nouvelle réglementation devant le Tribunal fédéral. Mais ce dernier a rejeté l'appel de l'athlète. La CEDH a alors conclu que la plainte de Semenya aurait dû être mieux examinée par le Tribunal fédéral.

«La requérante n'a pas bénéficié en Suisse de garanties institutionnelles et procédurales suffisantes qui lui auraient permis d'examiner efficacement ses plaintes»
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Conséquence: la Suisse doit maintenant verser à Caster Semenya un dédommagement de 60'000 euros.

Semenya peut-elle à nouveau concourir?

Non. Le jugement de la CEDH ne signifie pas que le plafond de testostérone fixé par la fédération d'athlétisme est supprimé. Au contraire, l'IAAF a encore durci les règles cette année. Désormais, seules les athlètes pouvant prouver un taux de testostérone inférieur à 2,5 nmol par litre sur une période de deux ans sont autorisées à concourir chez les femmes.

Que dit la fédération internationale d'athlétisme?

L'IAAF n'a pas l'intention de supprimer le plafond de testostérone. La fédération écrit, dans un communiqué en réaction à la décision de la CEDH:

«Nous continuons à penser que ces règles sont un moyen nécessaire, approprié et proportionné pour protéger la concurrence loyale dans la catégorie féminine»
La fédération internationale d'athlétisme

L'IAAF va désormais se concerter avec les autorités suisses et éventuellement porter l'affaire devant la Grande Chambre de la CEDH.

Adaptation en français: Yoann Graber

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