Ce Romand a un job de rêve sur le Tour de France
La saison de cyclisme sur route a beau être terminée, la petite reine n'en reste pas moins au cœur de l'actualité.
Jeudi, à Paris, les organisateurs du Tour de France dévoileront le parcours de la Grande Boucle 2027, lors d'une cérémonie toujours très scrutée.
Les coureurs attendent de savoir si le prochain tracé sera à leur avantage. Les passionnés de cyclisme du monde entier espèrent une édition spectaculaire et trépignent déjà à l'idée de choisir les étapes auxquelles ils assisteront l'été prochain. Des millions de Français se demandent simplement si la course passera devant chez eux.
L'annonce du parcours sera aussi suivie de près par le Genevois Balthazar Gini. Ce cycliste chevronné, spécialiste de l'ultra-distance, travaille depuis trois saisons pour l'entreprise vaudoise Grand Tours Project, qui permet aux coureurs amateurs de réaliser le Tour de France, le Tour d'Italie et le Tour d'Espagne en marge des épreuves officielles.
La société suisse propose également des séjours cyclistes autour de cyclosportives réputées (Marathon des Dolomites, L'Eroica...) ou dans des hauts lieux du cyclisme (Ventoux, Stelvio...). Mais ce sont bien ses deux formules pour rouler en parallèle des courses de trois semaines, dans des conditions privilégiées, qui font la réputation de ce tour-opérateur officiel du Tour et du Giro.
La première, baptisée «Experience», s'adresse «aux clients qui souhaitent parcourir une portion de l'étape avant le passage des coureurs – généralement un col célèbre ou une belle partie du tracé –, profiter de l'ambiance de la course et bénéficier d'un accès VIP au village départ, au relais-étape, à la cérémonie protocolaire, aux paddocks et aux espaces d'hospitalité», explique Balthazar Gini.
La seconde, «Ride Every Kilometre», consiste à parcourir l'intégralité de l'étape.
Ces formules sont proposées pour quelques étapes consécutives, une semaine entière de course ou le Tour complet. C'est ainsi que d'excellents coureurs amateurs européens, américains et australiens se lancent dans le rêve d'une vie: un périple de trois semaines calqué sur celui des professionnels. Pour cela, ils sont épaulés tout au long de leur aventure par des accompagnateurs tels que Balthazar Gini.
21 étapes et 3150 kilomètres
Sur chaque Grand Tour, le Genevois est amené à endosser deux rôles bien distincts.
Le premier est celui de guide ou capitaine de route. Il pédale alors aux côtés de ses clients et conduit à bon port le groupe dont il a la responsabilité.
Cette année, Balthazar Gini a effectué 21 étapes intégrales (trois sur le Giro, treize sur le Tour et cinq sur la Vuelta), soit un total de 3150 kilomètres et 53 000 mètres de dénivelé positif, auquel s'ajoute des portions d'étapes. Pour lui, c'est une façon d'allier travail, passion et entraînement en vue de ses objectifs d'ultra-endurance, un équilibre qui porte ses fruits puisqu'il a remporté en septembre l'épreuve de 300 kilomètres d'une manche de l'Ultra Bike France.
Roi de la logistique
Son autre mission, lorsqu'il ne pédale pas, consiste à jouer les assistants de luxe. Un rôle aux multiples facettes: chauffeur, mécanicien et même intendant.
image: grand tours project
Sans cette aide plus que bienvenue pour les transferts, les ravitaillements ou encore les réparations, il serait presque impossible pour un coureur amateur de boucler un Grand Tour en trois semaines. Balthazar Gini et ses collègues ne ménagent donc pas leurs efforts pour offrir à leurs clients des conditions proches de celles des professionnels, comme en témoigne cette anecdote du dernier Tour d’Italie.
Malgré toute l’organisation déployée par Grand Tours Project, basé à Villars-sur-Ollon, il est parfois impossible de reproduire à 100% le parcours officiel du Giro, du Tour ou de la Vuelta, comme l'explique Balthazar Gini.
«Nous tentons, dans la mesure du possible, de suivre le même tracé, mais nous devons parfois nous adapter, comme lorsque le peloton emprunte une autoroute ou une route réglementée. Lors de la neuvième étape de la Vuelta 2026, la montée finale s'achevait au sein d'une base militaire. L'accès nous étant interdit, nous avons décidé de gravir deux fois la montée précédente afin de parcourir au moins autant de kilomètres et de dénivelé que les pros ce jour-là.»
Vive le Tour
Si le Genevois de 28 ans suivra de près la présentation de la Grande Boucle, ce jeudi, ce n'est pas uniquement parce qu'il sera amené à étudier le tracé et à l'effectuer l'été prochain. Des trois Grands Tours, le Tour est de loin celui qu'il préfère.
Paradoxalement, c’est aussi sur le Tour de France que Balthazar Gini a connu sa pire journée sur un vélo. «C’était la quatrième étape du Tour 2025», raconte-t-il. «Ce jour-là, entre Amiens et Rouen, les conditions météo étaient épouvantables: vent, froid et déluge toute la journée. Pour couronner le tout, j’ai crevé trois fois et j’ai dû me débrouiller seul pour changer mes chambres à air au bord d’une route nationale, les mains gelées. Pendant ce temps, mes clients continuaient de rouler pour ne pas se refroidir. Nous nous sommes retrouvés un peu plus tard dans un café.» Une pause visiblement bien méritée.
