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Chez lui, en Serbie, les gens soutiennent Novak Djokovic: fresque murale en son honneur à Belgrade.
Chez lui, en Serbie, les gens soutiennent Novak Djokovic: fresque murale en son honneur à Belgrade.image: keystone

«Honte à l'Australie!»: les réactions à l'expulsion de Novak Djokovic

La décision de refuser à Novak Djokovic l'entrée en Australie a suscité des réactions controversées. Les médias serbes ont parlé de la «plus grande honte de l'histoire du sport». Tour d'horizon.
16.01.2022, 19:24

Le premier ministre australien pour commencer

Scott Morrison a salué la décision des juges. Cette dernière a été prise pour des raisons de «santé, de sécurité et d'ordre», a écrit le premier ministre australien. Elle a été prise «dans l'intérêt public.» Il a lancé:

«Des frontières fortes sont fondamentales pour le mode de vie australien, tout comme l'Etat de droit»
Scott Morrison, premier ministre australien

Mais il est maintenant temps de passer à autre chose avec l'Open d'Australie et de profiter à nouveau de l'été et du tennis, a ajouté le premier ministre.

Le ministre australien de l'Immigration (celui qui a viré Djoko)

Alex Hawke est l'homme qui a décidé de l'expulsion de Novak Djokovic. Il s'est félicité de la décision unanime du tribunal, a-t-il fait savoir. «La forte protection de sa frontière a permis à l'Australie de traverser la pandémie en toute sécurité, ce qui a entraîné l'un des taux de mortalité les plus bas, une forte reprise économique et l'un des taux de vaccination les plus élevés au monde», a-t-il écrit sur Twitter 👇.

Le président serbe parle de «chasse aux sorcières»

Aleksandar Vucic, président de la Serbie.
Aleksandar Vucic, président de la Serbie.Bild: keystone

Dans le pays natal de Djokovic, l'expulsion de l'actuel meilleur joueur de tennis du monde a suscité l'indignation. Le président Aleksandar Vucic a déclaré aux médias serbes que le harcèlement contre le tennisman avait pris des «proportions sans précédent». Une «chasse aux sorcières» a été déclenchée contre lui, les médias ont créé une «atmosphère de lynchage». Il a asséné:

«On a voulu faire de Novak un exemple de la manière dont fonctionne l'ordre mondial»
Aleksandar Vucic, président de la Serbie

Dans les médias serbes, quelle était l'ambiance?

Comme les jours précédents, la presse serbe a eu des mots très durs. Ainsi kurir.rs écrit:

«La plus grande honte de l'histoire du sport s'est produite à Melbourne! Honte à l'Australie! Le droit a perdu, la politique a gagné.»

Et la presse australienne, elle dit quoi?

Le son de cloche était différent chez les Australiens. «Une décision correcte, mais les deux parties sont perdantes», a écrit The Australian. Et le Sydney Morning Herald a lancé: «Novak Djokovic est venu en Australie pour devenir le plus grand joueur de l'histoire du tennis masculin. Il partira sous surveillance armée comme (...) icône toxique du mouvement antivax». Le titre de sa Une est assez évocateur 👇.

L'avis de l'Association des professionnels du tennis (ATP)

L'ATP a regretté l'expulsion du numéro un mondial, qui a quitté l'Australie dimanche soir (à la mi-journée en Suisse) pour Dubaï. La décision du tribunal est certes acceptable en fin de compte. L'organisation souligne qu'indépendamment de la manière dont on en est arrivé là, «Novak est l'un des plus grands champions de notre sport et son absence à l'Open d'Australie est une perte pour le jeu».

Andy Murray espère que ce sera la dernière fois

L'ancien numéro 1 mondial écossais, un rival de longue date de Djokovic, a déclaré à la BBC: «Ce n'est pas bon pour le tournoi, car il serait préférable que les meilleurs joueurs puissent participer. Il y aura bien sûr beaucoup de questions sur ce qui s'est passé et sur la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés. J'espère que cela ne se reproduira pas lors d'autres tournois. Je ne l'ai souhaité ni à Novak ni au tennis et j'espère que c'est terminé maintenant.»

Vasek Pospisil croit en «un agenda politique»

D'autres collègues de raquette ont clairement pris parti pour le Serbe. «Novak ne se serait jamais rendu en Australie s'il n'avait pas obtenu une dérogation du gouvernement pour entrer dans le pays. Il aurait renoncé à l'Open d'Australie, serait resté chez lui avec sa famille et personne n'aurait été choqué», a écrit Vasek Pospisil sur Twitter.

«Compte tenu des élections à venir, il y avait là un agenda politique on ne peut plus évident. Ce n'est pas sa faute. Il n'est pas entré dans le pays par la force et n'a pas "fait ses propres règles"», a ajouté le Canadien, qui est un proche du Djoker sur le circuit.

Et les autres professionnels du tennis?

Les Américains John Isner, Reilly Opelka ou l'Australien Nick Kyrgios – qui n'est pas un proche de Novak –, ont également pris la défense du numéro 1 mondial. La Française Alizé Cornet a écrit sur Twitter: «Je ne connais pas assez bien le cas pour pouvoir juger, mais ce que je sais de Novak, c'est qu'il est toujours le premier à nous soutenir, nous les joueurs, mais aucun d'entre nous ne l'a soutenu».

(jah/ram/ats)

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La poésie du placement selon Nico Hischier, capitaine de l'ombre
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