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Beny Steinmetz résidait et travaillait à Genève lorsque les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés.

Beny Steinmetz résidait et travaillait à Genève lorsque les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés. Image: AFP

Le magnat des mines israélien minore son rôle dans l'affaire des pots-de-vin

«Il n'a jamais versé un centime» a clamé la défense de Beny Steinmetz lors de son audience hier à Genève. L'homme d'affaires est accusé d'avoir viré ou fait virer 9 millions de francs à l’une des épouses de l’ancien président guinéen Lansana Conté.



Le magnat des mines franco israélien Beny Steinmetz, jugé à Genève pour corruption dans une affaire de licences minières en Guinée, a cherché mardi lors de son audience à minimiser son rôle, assurant n’être qu’un «conseiller».

Beny Steinmetz, 64 ans, est accusé par le parquet genevois d’avoir mis en place un montage financier complexe grâce à un système de sociétés-écrans afin de pouvoir verser des pots-de-vin, dont une partie aurait transité par des comptes suisses, pour que le groupe Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) obtienne des permis miniers dans ce pays pauvre d’Afrique.

Interrogé sur les relations et transactions douteuses entre Pentler, société qui était détenue par une filiale de BSGR gérée à Genève, et le groupe, l’homme d’affaires a assuré à plusieurs occasions pendant son audition n’avoir qu’un rôle de «conseiller» au sein de BSGR peu au fait des détails financiers.

«Je ne suis pas BSGR, je ne suis pas Pentler», a-t-il répondu laconiquement à la présidente du tribunal. «Moi je ne prends pas de décision, c’est BSGR», a-t-il insisté, assurant à plusieurs reprises ne pas avoir eu connaissance des transactions et multiples accords financiers mentionnés par la juge.

M. Steinmetz résidait et travaillait à Genève lorsque les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés. Au terme d’une instruction qui a duré six ans, le parquet genevois a retenu, en août 2019, les infractions de «corruption d’agents publics étrangers et de faux dans les titres dans le contexte de l’attribution de licences minières» en Guinée.

Des pots-de-vin de dix millions de dollars

Le Ministère public genevois lui reproche, ainsi qu’à deux autres prévenus, «d’avoir promis dès 2005, puis versé ou fait verser, des pots-de-vin» à l’une des épouses de l’ancien président guinéen Lansana Conté (décédé en 2008), Mamadie Touré, «en vue de faire évincer un concurrent (Rio Tinto, ndlr) puis de faire octroyer au Beny Steinmetz Group Resources des droits miniers dans la région de Simandou».

Selon l’acte d’accusation, les pots-de-vin versés s’élèveraient à environ dix millions de dollars (8,2 millions d’euros). Ce montant inclut des sommes non documentées qui auraient été reçues en cash de 2006 à 2010, selon Mamadie Touré.

La défense clame que Beny Steinmetz «n’a jamais versé un centime à Mme Mamadie Touré», et assure que cette dernière n’était pas l’épouse du président Conté, mais une maîtresse n’exerçant aucune influence. Et l’homme d’affaires a assuré mardi à la présidente du tribunal: «La Guinée était pour moi une <closed box> jusqu’à fin 2007 (…), c’est à ce moment que l’on m’a demandé de regarder».

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