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Le chateau d' Yverdon-les-bains photographie sur la place Pestalozzi ce mercredi 1er octobre 2008 a Yverdon-les-bains. (KEYSTONE/Laurent Gillieron)

Yverdon, la ville girouette.
image: keystone

Analyse

Pourquoi les Yverdonnois changent de municipalité comme de chemise

Cela doit être du jamais vu en Romandie. Depuis un demi-siècle, la municipalité de la cité thermale change systématiquement de camp à chaque élection. Une instabilité qui s'explique notamment par de vieilles rancunes et un équilibre politique précaire.



Les Yverdonnois ont encore changé d'avis, en élisant une majorité de gauche dimanche dernier. Comme d'habitude, aurait-on envie de dire. Depuis cinquante ans, aucun parti n'a réussi à convaincre les habitants de la cité thermale plus de quelques années d'affilée.

Car pour suivre la politique de la deuxième ville vaudoise, mieux vaut avoir le cœur bien accroché. En 2016, les quatre candidats PLR avaient été élus dès le premier tour. En 2021, ce sont deux socialistes et une candidate verte qui ont passé la rampe au premier essai. Rejoints par deux candidats rose-vert au second tour.

La capitale du Nord-vaudois s'est donc fait une tradition de transformer les gagnants d'un jour en perdants du lendemain. Et tant pis pour la continuité politique qui permettrait de diriger la ville sereinement et de mener des projets sur le long terme.

Un ping-pong qui
dure depuis 50 ans

Depuis 1982, ni le PS, ni le PLR n'ont su se maintenir au pouvoir plus de sept ans. Petit rappel historique:

Autant l'admettre directement, il n'existe aucune raison simple pour expliquer ces changements de bord répétés. Mais plusieurs pistes se dessinent.

Le pouvoir leur brûle les doigts

La vie politique yverdonnoise, notamment durant la dernière décennie, a été marquée par de fortes tensions entre la gauche et la droite. Quand l'un des deux camps prend le pouvoir, il le fait après avoir subi la domination de l'autre pendant des années et les vieilles rancunes personnelles sont nombreuses au sein de la cité thermale.

Conséquence de ce climat délétère, chacun profite de sa majorité pour imposer ses idées sans véritablement chercher le consensus. Se sentant lésée, la minorité n'hésite pas à se plaindre de l'attitude de l'autre camp, ce qui contribue à donner à une partie des électeurs l'impression que rien ne va dans la vie politique de leur ville.

Un équilibre très instable

Partagée entre une base ouvrière héritée des grosses industries du 20e siècle et une petite bourgeoisie locale bien établie, la deuxième ville vaudoise connaît une répartition politique proche du 50-50 avec deux forces principales: le PLR d'un côté et l'alliance rose-verte de l'autre.

La majorité au conseil communal change, elle aussi, régulièrement de camp pour quelques sièges. Dans cet équilibre très précaire, le parti au pouvoir est donc constamment sur le fil. Il suffit d'un rien, d'un projet qui échoue, d'un petit scandale, d'une maladresse politique pour faire basculer le rapport de force.

Un changement plus large

Comme les roses, les explications s'offrent par nombre impair, m'a-t-on assuré chez watson. En voici donc une troisième qui a pour vertu de dédouaner les Yverdonnois pour ce nouveau changement de camp (mais pas pour les précédents).

Un peu partout dans le canton de Vaud, la gauche et notamment les Verts ont gagné des sièges. Le basculement de la cité thermale de cette année pourrait cette fois-ci être tout simplement lié au «véritable raz de marée vert» de 2021 (le parti écolo a le triomphe modeste) plutôt qu'à une énième saute d'humeur des Yverdonnois.

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