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Analyse

5 points pour comprendre pourquoi l'OMS désavoue les vaccins Covid

A écouter l'Organisation mondiale de la santé, la stratégie de vaccination actuelle de la plupart des pays occidentaux «a peu de chances d'être appropriée ou viable». Une déclaration qui interroge. Tentative de réponse.
13.01.2022, 05:4413.01.2022, 07:10
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«Une stratégie de vaccination basée sur des rappels répétés a peu de chances d’être appropriée ou viable». Ce mardi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a attaqué frontalement la tactique adoptée par la plupart des gouvernements du monde face au Covid.

Un sacré pavé dans la mare, surtout que l'institution ne s'arrête pas là. Dans un document jugeant la performance des traitements actuels, l'OMS a réclamé des sérums plus efficaces.

«Des vaccins contre le Covid-19 ayant un impact élevé en matière de transmission et de prévention de l'infection sont nécessaires et doivent être développés»

En décrivant l'élixir de ses rêves, l'organisation pointe, en miroir, les faiblesses des solutions aujourd'hui injectées par Moderna, Pfizer et les autres. Alors, que faire de ces déclarations surprenantes? Réponse en 5 questions.

La Suisse doit-elle revoir sa stratégie?

Sous la Coupole fédérale, une certaine incompréhension entoure la déclaration de l'OMS. Le conseiller national socialiste Samuel Bendahan confie: «Je reconnais avoir été perplexe; ce n’est pas évident de concilier le message qui dit que les rappels ne seront pas la solution avec celui qui appelle au développement de nouveaux vaccins». Lui et ses collègues de Berne, socialistes ou non, ne comptent pas changer de stratégie pour la sortie de crise. C'est aussi l'avis d'Alain Berset, qui, lui, n'a apparemment pas eu vent de ce communiqué de l'OMS:

«Nous pensons au contraire que la stratégie de vaccination suisse est très appropriée, nous avons les meilleurs produits qui existent sur le marché»
Réponse à une question de watson lors de la conférence de presse du 12 janvier 2022

Quelle mouche a piqué l'OMS?

«Je pense que l'OMS adopte une certaine attitude tiers-mondiste depuis le début de la crise en prônant un "juste" partage des vaccins ou la fin des brevets sur les vaccins», avance Philippe Nantermod. Selon lui, l'institution cherche donc à faire passer le message qu'il ne faut pas que les pays riches injectent des doses de rappel alors que le reste du monde n'a pas encore eu sa première piqûre.

«C'est une bourde monumentale de l'OMS. Malheureusement, ils font de la politique et pas de la santé», développe Philippe Eggimann. Le président de la société médicale de la Suisse romande regrette notamment le timing de la déclaration: les gouvernements du monde entier tentant, en ce moment même, de convaincre les réticents de passer par la case piqûre et les vaccinés de faire leur rappel.

Que pensez-vous de la déclaration de l'OMS?

«Bien sûr que tout le monde aimerait de meilleurs vaccins, mais ça ne sert à rien de clamer des y'a qu'à, faut qu'on...», poursuit Philippe Eggimann. L'infectiologue espère que la critique de l'OMS envers les boosters tient uniquement de l'erreur de communication. Il s'agace:

«C'est vraiment contreproductif de dire ça. Cela va donner des ailes à tous ceux qui sont déjà sceptiques face aux vaccins»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de la Suisse romande

L'UDC Pierre-André Page, qui est pro-vaccin, déplore lui aussi les mots de l'OMS, qui ont surtout le défaut de donner à manger à ceux qui ont discrédité le sérum depuis le début. Un point de vue partagé par le vert'libéral François Pointet.

Faut-il continuer à se faire vacciner?

Les mots de l'OMS ont de quoi faire douter ceux qui hésitent déjà à se faire vacciner. A quoi bon aller s'inscrire pour une troisième dose si la stratégie de rappel n'est ni «appropriée», ni «viable»?

Pour Samuel Bendahan, la piqûre garde toute son importance. «Il faut à tout prix que le plus de personnes possible fassent leur troisième dose: on a toutes les données qui montrent que c’est efficace pour se protéger soi-même et les autres.» Il poursuit:

«Il est nécessaire que les organisations officielles communiquent de façon réfléchie et cohérente même si ce n’est pas toujours facile»

De son côté, Philippe Eggimann pointe les «bénéfices colossaux» des traitements à notre disposition aujourd'hui. «Ils sont très efficaces contre les hospitalisations. Je n'ose pas imaginer où on en serait sans eux, ce serait une catastrophe»

S'il admet que la solution actuelle, avec ses boosters réguliers, n'est pas durable, l'infectiologue rappelle que l'essentiel, pour le moment, est de limiter les dégâts à court terme. «On travaille semaine après semaine, il faut protéger au mieux la population avec les armes que l'on a.» Il ajoute:

«Elles doivent nous permettre de tenir le coup jusqu'à ce qu'on trouve mieux. Si on trouve»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de la Suisse romande

Le vaccin idéal existe-t-il?

L'OMS aimerait donc un vaccin qui, en plus de limiter les formes graves de la maladie, freine la contamination et ne nécessite pas de rappels réguliers. Un tel sérum est-il envisageable? «Bien sûr, mais cela demande du temps et surtout de l'argent. Si on y met les moyens humains et financiers nécessaires, cela peut aller assez vite», assure Philippe Eggimann.

Malgré l'approbation des premiers traitements, les entreprises pharmaceutiques ont continué de travailler sur d'autres solutions. «L'important, désormais, c'est de trouver un vaccin qui bloque davantage la transmission. L'une des pistes est de passer par la voie nasale pour protéger les muqueuses respiratoires.»

«Si les entreprises pharmaceutiques ont quelques mois de répit parce que la population est suffisamment immunisée, cela leur laissera peut-être le temps de développer un nouveau vaccin»
Philippe Eggimann, président de la société médicale de la Suisse romande

Va-t-on devoir tout recommencer à zéro?

Le vaccin idéal, s'il devait voir le jour, n'aurait donc rien à voir avec les formules de Moderna ou Pfizer que nous connaissons aujourd'hui. «Il pourrait s'en inspirer et profiter des études sur le sujet, mais ce serait une forme nouvelle qui n'existe pas encore. Cela veut dire qu'il faudrait refaire tous les tests et les processus d'approbation», précise Philippe Eggimann.

Ce serait donc un retour à la case départ? Chacun, peu importe le nombre de doses qu'il aurait reçu, devrait repasser sous l'aiguille? «Peut-être... Bien sûr que ce serait embêtant, mais ce n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, c'est de trouver une solution.»

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