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Du côté de la recherche fondamentale, les alternatives à l'expérimentation animale sont plus difficiles à mettre en place.
Du côté de la recherche fondamentale, les alternatives à l'expérimentation animale sont plus difficiles à mettre en place.Image: Shutterstock

Expérimentation animale: si on s'en passe, qu'est-ce qui la remplacerait?

Une initiative populaire veut interdire l’expérimentation animale en Suisse car, selon les initiants, nous pourrions très bien faire sans. Petit tour d'horizon des alternatives existantes, même si «elles ne sont pas applicables partout», nous explique notamment un scientifique.
23.01.2022, 08:0025.01.2022, 13:55
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L'approche visant à trouver des solutions de remplacement des animaux dans les procédures scientifiques est largement connue sous le nom des trois R: remplacement, raffinement et réduction.

En pratique, cela veut dire qu'il faut essayer d'éviter d'utiliser des animaux vivants, de réduire le nombre d'animaux utilisés et de limiter leur souffrance et leur détresse pendant les expériences.

Grâce aux innovations scientifiques, les tests sur les animaux peuvent aujourd'hui être remplacés dans certains domaines comme les tests de toxicité, les neurosciences et le développement de médicaments.

De nombreuses alternatives

On les classe souvent en deux grandes familles: les méthodes in vitro, impliquant des cellules et tissus humains et les méthodes in silico, impliquant des techniques avancées de modélisation par ordinateur. À cela, s’ajoute également les études à l’aide de sujets humains volontaires:

Les expériences in vitro

  • Les organes sur puce: Une équipe pluridisciplinaire de chercheurs du Wyss Institute à Harvard a adapté des méthodes de fabrication de micropuces informatiques pour créer des organes sur puce: des dispositifs de culture microfluidique qui recréent les structures et fonctions complexes des organes humains vivants.
  • Les organoïdes: Ce sont des micro-tissus multicellulaires en trois dimensions, dérivés de cellules souches et conçus pour imiter fidèlement la structure et la fonctionnalité complexe des organes humains comme le poumon, le foie ou le cerveau. Ces tissus 3D peuvent fournir un moyen plus réaliste de tester de nouvelles thérapies.

Modèles informatiques in silico

  • Les analyses quantitatives: Remplacer les animaux par des algorithmes. C'est le but des recherches «QSAR» qui désignent des techniques informatisées qui peuvent remplacer les expériences sur les animaux en produisant des prédictions fiables sur la dangerosité d’une substance.
  • La modélisation du corps humain: Il existe déjà des modèles informatiques du cœur, des poumons, des reins, de la peau, des systèmes digestif et musculo-squelettique qui permettent de simuler la biologie humaine et la progression des maladies. Ils peuvent être utilisés pour mener des expériences virtuelles sur la base d'informations et de données mathématiques existantes.

Études sur les volontaires

  • L’imagerie cérébrale: Des techniques avancées d’enregistrements permettent de «voir» à l'intérieur du cerveau. Elles peuvent, entre autre, être utilisées pour surveiller la progression et le traitement des maladies du cerveau.
  • Le microdosage: Cette méthode permet de mesurer comment de très petites doses de nouveaux médicaments réagissent dans le corps humain.
  • Les études épidémiologiques: Au lieu de provoquer des maladies humaines chez les animaux dans des environnements artificiels, on va analyser les facteurs qui influencent la fréquence ou la distribution d’une maladies dans les populations exposées à ces facteurs.

Remplacer oui, mais ce n'est pas si simple

D'après Pierre Cosson, professeur dans le département de physiologie cellulaire et métabolisme à l'Université de Genève, chaque méthode alternative est applicable seulement dans un domaine donné:

«On ne peut pas remplacer toutes les expériences d'un coup par une alternative et il y a des alternatives extrêmement différentes selon les expériences dont on parle»
Pierre Cosson, professeur dans le département de physiologie cellulaire et métabolisme à l'Université de Genève.

Il y a des domaines qui se prêtent relativement bien au remplacement et en particulier l'utilisation d'animaux qui est faite dans l'industrie. L'exemple le plus connu, c'est la toxicologie. Pourquoi? Car d'après le professeur, «dans ce type d’expérience, on répète un grand nombre de fois une expérience exactement à l'identique».

On peut donc facilement isoler une manipulation précise et se demander par quoi on pourrait la remplacer. Les progrès dans ce domaine sont une des raisons pour lesquelles le nombre d’animaux utilisé dans l’industrie a beaucoup baissé.

«Ce domaine a énormément profité des nouvelles techniques de culture cellulaire, de ce qu'on l'on appelle les organoides»
Pierre Cosson, professeur dans le département de physiologie cellulaire et métabolisme à l'Université de Genève.

Du côté de la recherche fondamentale, qui désigne «des travaux expérimentaux ou théoriques, entrepris essentiellement en vue d'acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements de phénomènes», les alternatives à l'expérimentation animale sont plus difficiles à mettre en place.

Dans ce domaine, le nombre d'animaux utilisés en Suisse augmente depuis 20 ans, d'après les chiffres de l’office fédéral vétérinaire (OSAV). «Il va falloir développer de façon très proactive des méthodes alternatives pour avoir un impact significatif sur ces chiffres. Il y a des choses à faire, mais cela demandera beaucoup d'efforts et une volonté politique claire», indique le Pr. Cosson.

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