Suisse
Argovie

Deux lesbiennes virées d'un bar suisse: «C'était comme du sexe»

«C'était presque comme du sexe»: deux lesbiennes virées d'un bar suisse

Un couple de lesbiennes a été jeté hors d'un établissement public. Elles affirment que c'est parce qu'elles sont homosexuelles et ont porté plainte, le propriétaire assure qu'elles avaient un comportement déplacé et a envoyé une vidéo pour le prouver.
02.02.2023, 20:3403.02.2023, 09:04
Corsin Manser
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Un couple de jeunes femmes a soulevé de graves allégations sur Instagram. Dimanche après-midi, elles se sont retrouvées dans un bar-restaurant, le «Rail One», établissement sis à Baden, en Argovie. Dans une vidéo, Teja Mucnjak et Sabrina Burger racontent comment le personnel les a expulsées du bistrot:

«Ils ont rendu l'argent pour nos boissons et nous ont demandé de quitter le bar»
Teja Mucnjak et Sabrina Burger
Teja Mucnjak et Sabrina Burger, deux lesbiennes virées d'un bar suisse: «C'était comme du sexe»
Teja Mucnjak et Sabrina Burger.Image: watson

La version des jeunes femmes

Le personnel aurait déclaré: «Il y a d'autres personnes ici qui ne veulent pas voir ça». Le patron ne tolérerait pas un tel comportement. Une gifle pour les jeunes femmes. Mais de quoi parle-t-on?

Les deux jeunes femmes expliquent qu'elles se seraient comportées tout à fait normalement, comme n'importe quel autre couple.

«On s'est juste tenu la main et on s'est embrassé de temps en temps»
Teja Mucnjak et Sabrina Burger

Mais: «Manifestement, même fin janvier 2023, il n'est pas acceptable qu'un couple de lesbiennes passe simplement du temps dans un bar». En clair, les deux femmes sont persuadées qu'elles ont été chassées du bar à cause de leur orientation sexuelle.

Peu après l'incident, elles se sont rendues à la police cantonale et ont porté plainte. En effet, selon la loi sur la discrimination adoptée en 2020, un renvoi en raison de l'orientation sexuelle est un délit. La police les a accueillis de manière très professionnelle et a pris le problème au sérieux.

La version du patron

Du côté du «Rail One», on décrit toutefois l'incident de manière très différente. Le patron assure que son établissement est «ouvert à tous». Mehmet Korkmaz précise néanmoins: sous réserve de se comporter «convenablement».

Mais le couple de lesbiennes aurait franchement exagéré, raconte le patron:

«Elles ont fait des mouvements, c'était presque comme du sexe»
Mehmet Korkmaz

Le tenancier l'assure: «Je ne m'intéresse pas au fait qu'elles soient lesbiennes. Même une femme et un homme ne peuvent pas faire l'amour ici devant tout le monde». Dans son établissement, il y a beaucoup de jeunes enfants et de familles, une certaine décence est donc de mise, assure-t-il. Les deux femmes se sont toutefois comportées de manière «incroyable», commente le bistrotier visiblement ému: «Elles étaient indécentes et très bruyantes».

Mehmet Korkmaz précise encore qu'il ne comprend pas le comportement des deux jeunes femmes:

«L'une d'elles a renversé une bière sur le pull de ma collaboratrice. Elle a dû travailler toute la journée avec. Des gens si agressifs!»

Le barman a-t-il commis une erreur fatale avec sa vidéo?

Dans ce contexte, c'était parole contre parole. Difficile de savoir quelle version des faits est la bonne. Mais les choses ont commencé à bouger quand Mehmet Korkmaz a fait parvenir à watson des enregistrements de la caméra de surveillance pour appuyer ses propos.

La voici 👇

Vidéo: watson

Mehmet Korkmaz écrit à watson:

«On voit à quel point les femmes sont agressives»

Dans un premier temps, elles ont été servies normalement. Mais ensuite, le patron estime qu'elles ont été très bruyantes et qu'elles se seraient comportées de manière indécente. «Vous voyez comment elle est couchée?», poursuit Mehmet Korkmaz.

Il est impossible de vérifier si, comme l'affirme Korkmaz, les deux femmes étaient très bruyantes, car les enregistrements n'ont pas de son. Teja Mucnjak déclare toutefois, à ce sujet:

«Nous étions les seules à être là, nos rires ont dû s'entendre»

Le couple de lesbiennes voit sa version de l'histoire confirmée par les enregistrements. Teja Mucnjak analyse:

«On voit bien que nous sommes un couple. Mais nous ne nous sommes pas embrassés frénétiquement. Son affirmation selon laquelle nous avons failli avoir des relations sexuelles est donc réfutée. Ce n'était tout simplement pas le cas.»
L'expulsion était-elle justifiée?

Et le verre de bière? «Ce n'était évidemment pas correct», reconnaît la jeune femme. Mais cela s'est produit après que l'employée leur a demandé de partir:

«Ça m'a mise dans une colère noire. Surtout parce qu'elle nous a dit directement que la raison de notre expulsion était notre orientation sexuelle et que le chef ne tolérait pas ça.»

Elle n'avait encore jamais vécu une telle situation.

Pas un cas isolé

Nous avons montré la vidéo de l'Organisation suisse des lesbiennes (LOS). Si ce que ces femmes disent est vrai, c'est un scandale, affirme la co-directrice Muriel Weger. «Ce n'est pas un cas isolé. Nous recevons souvent de tels messages». C'est pourquoi il est si important, selon elle, qu'il y ait des lois pour protéger les lesbiennes.

Muriel Weger se demande si le restaurateur aurait aussi mis à la porte un couple hétérosexuel qui se bécote. «Souvent, les couples hétérosexuels sont jugés différemment».

Pour Korkmaz, l'incident a déjà des conséquences négatives. Après la publication de la vidéo Instagram, de nombreuses personnes ont écrit un commentaire négatif dans la notation Google et ont attribué une note d'une étoile au restaurant.

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Video: watson
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