Un Suisse découvre 4130 pièces romaines et leur valeur surprend
En 2015, l’agriculteur Alfred Loosli est tombé à Ueken (AG) sur une grande quantité de pièces romaines. Alors âgé de 82 ans, il les a trouvées dans une plantation de cerisiers et a de suite prévenu le service d’archéologie cantonal. Il a donc été considéré comme le découvreur du trésor et a eu droit à une récompense.
La trouvaille a été évaluée par le directeur du commerce de monnaies «Münzen Huber» à Aarau, Patrick Huber. Les conclusions de cette découverte sont publiées depuis peu dans le volume 19 de la série «Inventaire des trouvailles monétaires suisses».
Un long travail de restauration
Il s’agit au total de 4130 pièces, ou «antoniniens», comme on appelle ce type spécifique de monnaie. Pour déterminer leur valeur, Patrick Huber s’est appuyé sur trois critères principaux:
- L’état des pièces,
- La rareté des exemplaires,
- La valeur du matériau.
Ce dernier ne serait toutefois guère pertinent, car les pièces sont en grande partie en cuivre et ne contiennent que peu d’argent, explique Patrick Huber.
Lors de l’examen, les pièces étaient en outre recouvertes d’une couche de corrosion d’oxydes de cuivre. «Cela a compliqué l’estimation», précise Patrick Huber. Le nettoyage et la restauration des pièces ont aussi été laborieux, comme il l’indique dans un post Facebook.
Une origine mystérieuse
La seule trouvaille monétaire qui égale celle d’Ueken en matière de quantité serait celle d’Orselina (TI), fin 2014 (réd: 4869 sesterces avaient alors été sortis de terre). Patrick Huber a toutefois pu comparer la trouvaille d’Ueken à des pièces similaires, que l’on rencontre fréquemment sur le marché. Il explique:
Il est cependant surprenant qu'autant de pièces presque identiques aient été trouvées d'un coup. Toutefois, il arrive relativement souvent que des pièces romaines soient examinées dans son commerce. Ces dernières proviennent d’ordinaire d’anciennes collections, même si les quantités sont généralement nettement plus modestes. «Je dirais que nous avons affaire presque chaque semaine à des “Romains”», souligne-t-il.
On ignore pourquoi le propriétaire initial du magot n’est jamais revenu chercher cet argent. Selon l’analyse, les pièces ont perdu de la valeur à cause de la réforme monétaire de 294, puis d’une autre réforme ultérieure. Malgré cela, estime Patrick Huber:
5000 francs de récompense
Aujourd’hui, le canton d’Argovie est propriétaire de la trouvaille monétaire. Selon Manuela Weber, responsable des relations publiques du Département de l’éducation, de la culture et du sport, la valeur des pièces a été chiffrée par Patrick Huber à environ 50 000 francs. Elle indique:
L’agriculteur Alfred Loosli a donc reçu 5000 francs, sous forme de 1000 pièces de cinq francs, qui ont été versés à partir du budget de l’archéologie cantonale. Manuela Weber souligne:
Patrick Huber le confirme. «En ce sens, la valeur est irremplaçable. C’est une part de notre patrimoine culturel argovien et un morceau important de l’histoire cantonale», conclut la responsable. (trad. ysc)
