Voici les conséquences d'un début d'année chaud sur les arbres
L'équipe dirigée par l'écologue Yann Vitasse a montré «que des conditions climatiques chaudes et favorables au printemps peuvent déclencher une sénescence (changement de couleur et chute des feuilles) normale, mais plus précoce», écrit le WSL dans un communiqué publié mardi par le Fonds national suisse (FNS).
Les scientifiques ont mené des expériences sur trois essences indigènes: le charme, le tilleul à petites feuilles et l'érable plane. Une partie de ces jeunes arbres cultivés en pot a été soumise à un flux d'air chaud de janvier à mi-juin, alors que l'autre partie a été soumise à une température ambiante dans des serres ouvertes.
Des différences ont alors été constatées entre les deux groupes. Les arbres bénéficiant d'une température d'environ 5 degrés plus élevée ont fait des feuilles deux à quatre semaines plus tôt que ceux cultivés à température ambiante et ils ont aussi profité pour croître plus fortement pour certains d'entre eux.
Le diamètre du tronc a ainsi davantage augmenté chez le charme et le tilleul à petites feuilles qui ont été exposés précocement à la douceur, constate le WSL. Ces arbres ont donc mieux poussé.
Réserves très tôt constituées
«Nous émettons l'hypothèse que, lorsqu'il fait chaud tôt dans l'année, ces arbres investissent dans leur croissance et constituent des réserves d'énergie plus tôt», indique Yann Vitasse, cité dans le communiqué.
Si le charme et le tilleul à petites feuilles profitent d'une douceur printanière précoce pour grandir de façon accélérée, rien de tel n'a été constaté chez l'érable. «L'apparition des feuilles au printemps semble davantage déterminée par l'année précédente», explique Yann Vitasse.
L'écologue et ses collaborateurs prévoient de poursuivre leurs travaux pour déterminer les facteurs qui causent la chute précoce des feuilles. Est-ce parce que les feuilles sont apparues rapidement, ou en raison de la croissance accélérée de l'arbre ou encore grâce à l'accumulation de réserves suffisantes?
Selon le WSL, cette étude est importante, car les feuilles absorbent le dioxyde de carbone (CO2) par la photosynthèse. Leur disparition plus rapide au cours de l'année peut donc influer sur les quantités de carbone que les forêts pourront encore capter à l'avenir.
Les différentes réactions des trois essences soulignent également l'importance de préserver la diversité des forêts. «Plus la composition des espèces est variée, plus la résilience face au stress et aux changements environnementaux majeurs est élevée», note Yann Vitasse. (sda/ats)
