La police lausannoise lance ses premières réformes après des scandales
La réforme en profondeur de la police lausannoise se concrétise. Parmi les premières mesures prises par la Ville: une gouvernance renforcée, des formations obligatoires, des espaces de dialogues plus directs et un meilleur accompagnement du personnel et des cadres.
Ces décisions prioritaires, fondées sur le rapport final d'André Duvillard, ancien délégué du Réseau national de sécurité et ancien commandant de la police neuchâteloise, ont été validées par la Municipalité dans le cadre de la «Réforme 2030», indique mardi la Ville de Lausanne dans un communiqué. «Elles visent à renforcer la coordination opérationnelle, l'accompagnement du personnel et le dialogue avec l'autorité politique», résume-t-elle.
Ce rapport vient compléter le rapport intermédiaire présenté en février dernier. Il débouche sur un premier plan de mesures concrètes. Ses conclusions ont été étayées par des groupes de discussion organisés au printemps avec des représentants de tous les niveaux hiérarchiques, des policières et policiers en formation ainsi que l'Association des fonctionnaires de police de Lausanne (AFPL).
Ces dernières années, la police municipale a été secouée par plusieurs crises: groupes Whatsapp sexistes et racistes, mort de deux jeunes scootéristes alors qu'ils fuyaient la police ou encore décès lors d'interventions policières musclées. Objectifs de cette grande réforme: détecter les problèmes de racisme et de sexisme, améliorer le climat de travail et revoir l'organisation de la police, dans l'intérêt des agents comme de la population.
Un meilleur encadrement du personnel
Le domaine des ressources humaines a été pleinement intégré au commandement et réorganisé, relève la Ville. «Cette évolution vise à mieux accompagner les collaboratrices et collaborateurs dans leur carrière, à identifier et valoriser la relève interne et à renforcer l'encadrement des policières et policiers en formation».
Une formation continue obligatoire destinée à l'ensemble des cadres sera par ailleurs déployée dès la fin de cette année. Intitulée «Mieux comprendre pour mieux agir», elle porte sur la prévention des discriminations et les compétences transculturelles, est-il précisé. Trois journées-pilotes permettront de tester cette formation, avant son déploiement pour l'ensemble des cadres en 2027 et 2028.
Elaborée avec l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) et l'entité Diversité communautaire de la police municipale, elle s'appuie sur des exemples provenant du terrain. «Elle vise à améliorer la compréhension des situations rencontrées, à prévenir les discriminations, à désamorcer les tensions et à renforcer la confiance avec la population», souligne-t-on.
Le commandant ad interim Stéphane Volper a ouvert un canal de dialogue direct avec les collaboratrices et collaborateurs, en complément des échanges hiérarchiques. Huit rencontres destinées aux cadres et à l'ensemble du personnel sont prévues d'ici la fin de l'année, annonce aussi la Ville. (ats/mrs)
