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A Lockheed Martin F-35A fighter jet is pictured during a test and evaluation day at the Swiss Army airbase, in Payerne, Switzerland, Friday, June 7, 2019. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)

Le F-35 de Lockheed Martin, donné favori. Payerne, 7 juin 2019. Image: KEYSTONE

Avion de combat: Quel que soit le choix, ce sera une déflagration

Le Conseil fédéral devrait révéler cet après-midi (sinon plus tard) le nom de l'avion de combat qui équipera la flotte militaire suisse ces trente prochaines années. Moments fébriles.



«La conférence de presse du Conseil fédéral de cette après-midi est-elle maintenue? – Oui. – A quelle heure doit-elle commencer? – Ce n’est pas encore fixé. – La décision concernant l’avion de combat sera-t-elle communiquée à cette occasion? – Je ne peux pas vous le dire.» Ce matin à 9h30, la Chancellerie fédérale se montrait bien incertaine. Le trac, sans doute.

C’est aujourd’hui que le gouvernement doit annoncer le nom de l’avion de combat qui équipera la flotte militaire suisse les trente prochaines années. Six milliards à l’achat, dix-huit en incluant les coûts d’exploitation prévus pour tout le long de cette durée. Il est possible que la décision soit reportée. En ce cas, les spéculations redoubleraient.

Quel que soit l’avion retenu parmi les quatre en concurrence (deux américains: Le F-35 et le Super Hornet, deux européens: L’Eurofighter et le français Rafale), le choix du Conseil fédéral aura la puissance d’une déflagration.

Pourquoi?

  1. Déflagration, parce que l’avion de chasse, depuis que le char d’assaut est passé de mode, est l’arme produisant la plus forte émotion parmi la population. Il est par excellence l’emblème de la souveraineté nationale. Il est ce doudou vrombissant qui veille sur le sommeil des Suisses.
  2. Déflagration si c’est un appareil américain. Ce choix-là, quoi qu’en disent les spécialistes ès armements, n’obéirait pas qu’à des considérations techniques ou principalement. Bien plus, il traduirait la volonté de la Suisse de maintenir un lien militaire et diplomatique fort avec les Etats-Unis, grande puissance à tout point de vue et par ailleurs fournisseur attitré de la chasse helvétique depuis le milieu des années 70. Dire «oui» aux Américains, c’est s’inscrire dans une continuité historique et culturelle: la Suisse centrale et le Midwest ont des points communs, plus solides que le secret bancaire explosé sous la présidence Obama. C’est cet alignement mental que la gauche entend combattre en menaçant d’une initiative populaire le choix d’un avion américain.
  3. Déflagration si c’est un appareil européen. Cela signifierait que la Suisse coupe le cordon militaro-sentimental avec les Etats-Unis, quand bien même ceux-ci dominent l’Otan en Europe, où l’armée suisse a un pied via le Partenariat pour la paix. Cela signifierait surtout que la Suisse choisit l’Europe, même si, là encore, il y a de l’Amérique dans un avion comme l’Eurofighter, ne serait-ce qu’en termes de coopération militaire. Il n’empêche, la symbolique serait énorme. Elle pourrait être interprétée comme un «oui» à l’Europe, en l’occurrence par un truchement armé. Selon le SonntagsBlick de dimanche dernier, l’offre Eurofighter (Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, avec participation d’Airbus) serait accompagnée de propositions de coopération militaire, énergétique, économique, scientifique, environnementale, etc. Bref, tout un arsenal a priori séduisant. Et peut-être une manière pour la Suisse de rapatrier par la fenêtre l’accord-cadre qu’elle a expulsé par la porte. Tout ceci n’étant peut-être que du marketing commercial.

Le français Rafale pendant ce temps? Il fait plus que jamais figure d’outsider. La Suisse voudra-t-elle se lier pour trente ans (comme cela serait le cas avec tout pays constructeur) à sa voisine la France, qui ne donne pas toutes les garanties de stabilité politique? Réponse à cette question, et aux autres, cette après-midi, sinon dans les semaines suivantes.

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