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Pour rappel, les journaux alémaniques de Tamedia avaient identifié l'expert du Covid Christoph Berger comme la victime de l'enlèvement.
Pour rappel, les journaux alémaniques de Tamedia avaient identifié l'expert du Covid Christoph Berger comme la victime de l'enlèvement.Image: sda

«Ma famille est effrayée.» Enlevé par un complotiste, l'expert du Covid raconte

Enlevé fin mars par un homme finalement abattu par la police à Wallisellen, l'infectiologue, expert de la Confédération dans le cadre de la crise du Covid-19, a décidé de diffuser un «communiqué personnel». Mais il reste des zones d'ombres dans cette affaire et plusieurs scénarios.
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10.04.2022, 19:0911.04.2022, 07:40

Le témoignage de Berger

Pour la première fois, Christoph Berger commente les événements liés à son enlèvement le 31 mars 2022. Le chef de la Commission fédérale pour les vaccinations, avait été enlevé, fin mars, par un Allemand de 38 ans. Ce dernier a été tué mercredi à Wallisellen (ZH) par la police. Dans un «communiqué personnel», le fonctionnaire revient sur sa captivité, dont voici une traduction de l'allemand:

«La semaine dernière, j'ai été victime d'un enlèvement dans le canton de Zurich, qui a été rapporté par différents médias.

Le média qui a publié mon nom en tant que victime du délit mentionné a associé ce délit à mon rôle de président de la commission de vaccination. Ce récit va à l'encontre de mon expérience personnelle pendant l'enlèvement. En même temps, je suis conscient des grandes tensions émotionnelles et sociales que les questions de vaccination ont reçues au cours des deux dernières années.

L'auteur, qui m'était jusqu'alors inconnu, m'a tenu en son pouvoir durant une bonne heure. Pendant ce temps, il m'a demandé une somme d'argent substantielle. Il a accompagné cette demande de menaces sur ce qui pourrait se passer si je ne répondais pas à cette demande dans le délai qu'il m'avait indiqué. Seuls les intérêts économiques de l'auteur étaient donc au premier plan. L'auteur n'a pas fait de référence à mon rôle de président de la commission de vaccination.

Après que j'ai assuré à l'auteur que sa demande serait satisfaite, il m'a relâché. J'ai immédiatement pris contact avec la police cantonale, qui m'a depuis très bien encadré, ainsi que ma famille effrayée. La protection de ma famille a été ma priorité durant cette phase et bien sûr encore maintenant.»
Christoph Berger.

Les zones d'ombres de cette affaire

Pour rappel, les journaux alémaniques de Tamedia avaient identifié Berger comme la victime de l'enlèvement. Mais le tribunal de district de Zurich leur avait interdit de mentionner son nom dans une décision superprovisoire. Une décision qui ne s'appliquait pas à watson. 👇

Une zone d'ombre devait encore être levée dans cette affaire. Il s'agit des motivations de l'agresseur. Selon le communiqué de Christoph Berger, ce serait donc le besoin d'argent qui l'aurait incité son agresseur à l'enlever.

Toutefois, les raisons de l'enlèvement ne sont toujours pas claires. Berger lui-même ne s'est pas exprimé sur l'incident auprès des médias. En raison de son statut lors de la campagne de vaccination contre le Covid-19, beaucoup spéculaient sur le fait que l'enlèvement pourrait avoir un lien avec sa fonction de chef de vaccination.

Les deux scénarios possibles

Un lien entre l'enlèvement et le statut de Christoph Berger n'est, toutefois, pas certain. Selon plusieurs sources au sein de journaux du groupe CH Media, deux autres scénarios semblent réalistes.

Premier scénario

Christoph Berger aurait été une victime purement fortuite, soit le ravisseur savait que Berger était une personne connue, mais ne savait pas pour quelle raison. Il aurait ainsi pu toucher une autre personne présente dans les médias et qui n'était pas au centre des reportages sur le Covid-19. Berger lui-même aurait fait savoir qu'il n'était pas clair si l'auteur des faits était au courant de son activité professionnelle.

Second scénario

C'est celui du lien entre l'enlèvement et les opposants aux mesures Covid. Le parquet de Zurich a annoncé, vendredi, avoir arrêté un Suisse de 34 ans en lien avec l'incident de Wallisellen. La police précise que des investigations sont en cours pour déterminer comment et s'il a participé à l'acte. La présomption d'innocence est de mise.

Christoph Berger lors d'une conférence de presse sur la pandémie de Corona, le 22 mars.
Christoph Berger lors d'une conférence de presse sur la pandémie de Corona, le 22 mars.images: keystone

Selon le SonntagsBlick, l'homme de 34 ans est le partenaire commercial du ravisseur, un «fervent théoricien de la conspiration», rapporte-t-on. Ce dernier serait un partisan avoué de la théorie de la Terre plate, c'est-à-dire la conviction que la Terre est plate.

Selon le Blick, il aurait, en outre, participé à une manifestation d'opposants aux mesures Covid à Liestal (BL). A cette occasion, il aurait défilé dans les rues avec une banderole portant l'inscription «The earth is flat» («la Terre est plate») ainsi qu'un code QR menant à un site Internet présentant des théories du complot niant notamment l'Holocauste.

A Liestal (BL), plus de 10 000 personnes ont participé à une manifestation contre les mesures Corona.
A Liestal (BL), plus de 10 000 personnes ont participé à une manifestation contre les mesures Corona.Bild: keystone

Les menaces sont nombreuses

L'enlèvement de l'un des représentants les plus présents de la politique suisse en matière de lutte contre le coronavirus pourrait être la pointe de l'iceberg d'un phénomène qui existe depuis le début de la pandémie. Aucun incident de ce type ne s'était produit jusqu'à présent, mais les politiciens et les experts ont été menacés à plusieurs reprises ces derniers temps. Selon une statistique de l'Office fédéral de la police, le nombre de menaces en Suisse s'est élevé à 1215 en 2021. Cela signifie que le nombre de signalements est plus de quatre fois supérieur à celui d'il y a deux ans.

Les personnalités publiques sont fortement concernées. Rudolf Hauri, médecin cantonal en chef, a déclaré à la NZZ am Sonntag que ces dernières années, «des insultes et aussi des menaces de violence très concrètes» ont été adressées à des gens qui s'exposaient sur le front du Covid. Certaines personnes sont donc sous surveillance policière.

Le politicien libéral-radical Christian Wasserfallen a été menacé d'être «jugé», lui et son parti. Le conseiller national du centre Lorenz Hess a appris qu'il avait été appelé à «se faire tuer». Et le ministre de la Santé socialiste valaisan Mathias Reynard a reçu des menaces de mort lorsqu'il s'est prononcé en octobre pour un oui à la loi Covid. (dab/adapté de l'allemand par jah)

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