stratus fréquent-1°
DE | FR
1
Suisse
Covid-19

Covid: Berne dépense des millions pour des vaccins inutiles

Berne dépense des millions pour des vaccins Covid dont personne ne veut

La Confédération et les cantons ont déjà dû jeter plus de neuf millions de doses de vaccin Covid-19 périmées. Et ce n'est pas fini, car le taux de vaccination étant au plus bas, les stocks sont pleins et de nouvelles livraisons sont attendues.
26.01.2023, 06:3426.01.2023, 07:19
Chiara Stäheli / ch media

Le nombre de doses de vaccin anti-Covid administrées dans notre pays est pratiquement au point mort depuis plusieurs semaines. En moyenne, seules 1500 personnes se font encore vacciner chaque jour, dont la plupart se font administrer le deuxième rappel, c'est-à-dire le vaccin Omicron. C'est ce que montrent les données actualisées mardi par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

La stagnation des vaccinations a des conséquences. La Confédération se retrouve avec des dizaines de millions de doses de vaccin sur les bras. Interrogé à ce sujet, l'OFSP indique que «le stock de vaccins prêts à l'emploi» s'élève actuellement à 12,5 millions de doses. Beaucoup devraient prochainement dépasser la date d'expiration fixée par les fabricants et finiront alors à la poubelle.

Ce qui n'est pas utilisé doit être donné

Certes, la Confédération poursuit l'objectif de transmettre à d'autres pays le plus grand nombre possible de doses de vaccin non utilisées. Toutefois, la demande de vaccins ne baisse pas seulement en Suisse. Dans les pays jusqu'ici bénéficiaires, l'intérêt pour les dons de vaccins est également en baisse, comme l'explique Simon Ming de l'OFSP:

«La demande des pays bénéficiaires stagne à un niveau bas»

Les données du programme de distribution de vaccins Covax de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le montrent. Jusqu'à présent, la Suisse a donné un peu plus de quatre millions de doses de vaccin à d'autres pays. La plus grande partie des dons, près d'un million de doses de vaccin, a été livrée au Guatemala. D'autres doses de vaccin ont été envoyées au Bangladesh, en Indonésie, au Botswana, en Égypte et en Syrie, entre autres. En outre, la Suisse a déjà commencé à faire don de deux millions de doses de vaccin supplémentaires qui devraient être prochainement livrées au Pakistan et au Malawi.

Toutes les doses de vaccin qui ne peuvent pas être données doivent être éliminées par la Confédération dès qu'elles dépassent la date de péremption. Selon les indications de l'OFSP, cette date est «d'au moins six mois, mais généralement plus longue» au moment de la livraison en Suisse. A la fin de l'année dernière, la Confédération et les cantons ont éliminé plus de neuf millions de doses de vaccin. Six millions de doses ont été stockées en Belgique, ce qui aurait dû faciliter la transmission à des pays tiers, mais le délai de péremption a devancé la donation.

D'autres livraisons sont en attente

Si la demande nationale continue de baisser, une grande partie des stocks actuels risque également de finir à la poubelle. En attendant, la Confédération a déjà signé l'an dernier des contrats avec Moderna, Pfizer et autres pour de nouvelles livraisons, comme l'indique Simon Ming de l'OFSP.

«Au total, environ 11,6 millions de doses sont engagées à être achetées pour 2023, ceci principalement au cours des 3e et 4e trimestres 2023»
Simon Ming

En d'autres termes, le stock actuel de 12,5 millions de doses de vaccin pourrait atteindre un total de 24 millions de doses cette année si le nombre de personnes souhaitant se faire vacciner continue de diminuer en Suisse, mais aussi dans le monde entier.

Bien que ce soit précisément cette tendance qui se dessine, l'OFSP défend la procédure d'acquisition des vaccins: «La stratégie du Conseil fédéral a pour objectif de couvrir tous les scénarios réalistes afin que des quantités suffisantes des meilleurs vaccins les plus récents soient disponibles en Suisse à tout moment». Une stratégie basée sur la sécurité qui prend en compte les doses de vaccins excédentaires, poursuit Ming.

Le conseiller aux Etats Peter Hegglin (centre/ZG) était l'un des parlementaires qui a plaidé l'été dernier pour une réduction du crédit supplémentaire pour l'achat de vaccins en 2023, avec succès. Le Conseil fédéral a dû réduire de moitié l'achat prévu de 14 millions de doses de vaccin pour 2023. Hegglin est conscient qu'il est «toujours plus facile de critiquer quelque chose après coup».

«Il s'est avéré assez rapidement que la Suisse achetait plusieurs fois le nombre de doses de vaccin nécessaires. On aurait donc dû arrêter ou du moins réduire l'achat bien plus tôt»

Peter Hegglin espère que l'administration fédérale et le monde politique en tireront les leçons. «Pour éviter qu'une situation similaire ne se reproduise dans un avenir proche, nous devrions veiller à permettre à l'avenir des attitudes critiques suffisamment tôt», a-t-il déclaré.

Selon lui, la suppression du vaccin Covid-19 coûte cher. L'OFSP ne veut pas dire quelle était la valeur exacte des doses de vaccin éliminées et données, cette information étant confidentielle. Un point de repère est fourni par un calcul basé sur les crédits alloués par le Parlement pour l'achat de vaccins. Selon ce dernier, la Confédération devrait avoir dépensé environ 30 francs par dose de vaccin. Avec les doses de vaccin détruites jusqu'à présent, la Confédération a déjà dépensé environ 270 millions de francs dans le vide.

Traduit de l'allemand par Nicolas Varin

Downing Street: filmés à leur insu, ils se moquent d'enfreindre les règles Covid

Video: watson
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
Les centres d'asile suisses victimes d'une épidémie de gale
Plusieurs cas de maladie de gale ont été recensés dans les centres d'asiles suisses. Toutefois, selon le médecin cantonal de Berne, aucune raison de craindre une épidémie plus large.

Quelque 20 centres fédéraux d'asile de Suisse sont actuellement touchés par une épidémie de gale, une maladie de la peau qui provoque des démangeaisons intenses, a déclaré le porte-parole du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), Samuel Wyss. Selon la SRF, aucun chiffre exact ne peut être communiqué pour l'instant.

L’article