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On pourrait bientôt se faire flasher si on conduit trop bruyamment

Le bruit fait mal à la société. En Suisse, il est source de stress, de diabète, et cause 450 morts prématurées. Il coûte aussi. Pour le combattre: amender les bolides trop bruyants.



Le crépitement du radar de vitesse pourrait bientôt ne plus être seul au bord des routes. Mercredi au Conseil national, les élus ont prié le gouvernement de se mettre au travail, pour aller de l’avant avec les radars de bruit. Le but: «sanctionner plus simplement et plus efficacement les émissions de bruit excessives liées à la circulation routière».

On traduit: mettre en place tout l’arsenal qui permettra aux polices cantonales de placer des radars de bruit. Et de flasher ceux qui en généreraient trop. C’est exactement la même chose que pour la vitesse, mais pour le boucan.

Le vote du Conseil national a été relativement net. Assez logique aussi, car on sent une prise de conscience politique et les preuves sont là: le bruit stresse, rend malade et agace un Suisse sur sept.

Aussi, à cause du bruit routier excessif, 450 personnes meurent prématurément chaque année en Suisse, 2500 déclarent un diabète et 2,7 milliards de francs de coûts externes sont générés (coût sur le système de santé et perte de valeur immobilière). Ça fait beaucoup…

«Il y a un paradoxe: d’un côté les voitures sont plus silencieuses au niveau du moteur, de l’autre, elles sont plus grosses et lourdes, leurs pneus sont plus larges. Dès lors, c’est davantage le bruit de roulement qui fait du bruit. Aussi, le problème vient des voitures qui ont des gadgets permettant, par exemple d’amplifier le bruit du véhicule. On estime qu’une voiture trop bruyante peut faire un pic de bruit équivalent à 24 véhicules roulant "normalement". Ces véhicules n’augmentent pas la moyenne du bruit routier que nous mesurons, il s’ajoute au bruit ambiant déjà trop élevé et, de fait, accentue les problèmes de santé. De plus, les pics sonores, que ces véhicules génèrent, réduisent les efforts de protection sur l’infrastructure mise en place par l’investissement public pour rendre les routes plus silencieuses.»

Sophie Hoehn, cheffe de la section Bruit routier à l’Office fédéral de l'environnement .

La joie d’une élue écologiste

Combien la prune?

Delphine Klopfenstein Broggini portait mercredi le texte devant le Conseil national. Pour elle, «la Suisse pourrait plus ou moins transposer l’échelle de sanctions en cas d’excès de vitesse pour les excès de bruit».

On peut ainsi imaginer devoir payer 40 francs pour un petit dépassement et se voir retirer le permis (avec une grosse amende) en cas d’abus important et/ou récidive. On n'en est pas là: rien n’est encore décidé et un important travail de réflexion devra être mené.

Le cas échéant, c’est le Conseil fédéral qui décide du montant des amendes d’ordre. Quant au Parlement, il choisit des seuils de décibels.

Vous en pensez quoi?

Est-ce une bonne idée de flasher les véhicules trop bruyants?

Les étapes avant les flashs

  1. Le vote du Conseil national doit être confirmé au Conseil des Etats (ça ne devrait pas être un problème vu le vote net de mercredi et le soutien affiché par le Conseil fédéral).
  2. Le Conseil fédéral doit s’occuper de l’élaboration des textes légaux et soumettre au Parlement une proposition de modifications des lois et ordonnances nécessaires.
  3. Le Parlement doit discuter de la proposition: la peaufiner, l’adapter ou l’approuver sans modification.
  4. Le parlement met en vigueur les textes modifiés ou non.

Le challenge technique

Reste quand même un problème technique: quel appareil est capable d’être suffisamment fiable pour éviter de mettre des prunes par erreur?

Les radars préventifs ont essaimé ici et là, mais ça reste du tâtonnement et ces appareils peinent à clairement différencier les sources sonores.

Un radar préventif à Lausanne

A Lausanne, ce camion a de la chance de croiser un radar uniquement préventif. Image: Keystone

On a discuté avec Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif, une association française et un centre d’évaluation technique de l’environnement sonore basée en région parisienne. Elle nous a parlé de son dispositif Méduse, qui permet non seulement de mesurer le bruit lui-même, mais aussi sa provenance. Le tout avec précision.

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Fanny Mietlicki avec son dispositif Méduse. Image: RMC

Les photos montrent le dispositif comme il est à l’heure actuelle. Bruitparif est actuellement en train de le faire évoluer pour garantir la source du bruit et le captation des plaques d’immatriculation. Des tests devraient être réalisés en situation réelle dès le mois de septembre, avant de passer à l’homologation, puis à la mise sur le marché.

Le dispositif Méduse de Bruitparif

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Le dispositif Medusa de Bruitparif
source: bruitparif
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Quelques informations:

L’échelle du bruit

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Image: Bruitparif

Bonus: la liste des effets négatifs de l’excès de bruit sur la santé, selon la Confédération:

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