Que se passe-t-il avec cette centrale nucléaire suisse?
Des militantes et militants de Greenpeace ont projeté un film et des messages sur la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Gösgen (SO), désormais hors service. Parmi les images figurait une adaptation du «Cri» d'Edvard Munch. Ils utilisent cette action pour dénoncer «la dissimulation, pendant des décennies, du défaut de sécurité du système d'alimentation en eau de la centrale et le danger qui en découle pour la population», a déclaré l'organisation. En effet, comme cela a été révélé il y a plusieurs mois, des défaillances en matière de sécurité existaient depuis la mise en service de la centrale.
La centrale nucléaire de Gösgen devrait être reconnectée au réseau électrique dans un mois, mais ensuite? Selon Greenpeace, de nombreuses questions restent sans réponse. Parmi elles: pourquoi la centrale a-t-elle été autorisée à fonctionner jusqu’en mai 2025, alors que l’exploitant aurait dû arrêter le réacteur immédiatement après le signalement de la faille de sécurité en mars 2025, comme le stipule la réglementation nucléaire?
Les responsables politiques ont aussi des questions
Les responsables politiques ont aussi des questions. Après la révision annuelle prévue en mai 2025, la centrale nucléaire de Gösgen n’a pas redémarré comme prévu. En effet, l'Autorité fédérale de sécurité nucléaire (Ensi) a détecté une faiblesse potentielle dans le système de refroidissement et a exigé des améliorations. La centrale de Gösgen ne sera remise en service qu’une fois sa sécurité d’exploitation démontrée.
Et cela prend du temps: la centrale de Gösgen ne produit plus d’électricité depuis huit mois. Il s’agit de la plus longue interruption de son histoire, causant des pertes se chiffrant en centaines de millions d’euros pour les entreprises énergétiques Alpiq et Axpo.
Greenpeace, mais aussi des responsables politiques du canton de Soleure, ont des questions restées sans réponse. Plusieurs interpellations sont en cours, portant sur les problèmes de sécurité et sur ce que le gouvernement cantonal savait des failles de sécurité. (adapt. dal)
