95% des missiles russes contiendraient des composants suisses
La présence de composants suisses dans les armes utilisées par l'armée russe est connue depuis longtemps. La Suisse a d'ailleurs déjà essuyé des critiques à ce sujet. Mais la situation n'a pas changé: selon une base de données du renseignement militaire ukrainien (HUR), des composants suisses sont toujours présents dans les nouveaux modèles de drones, de missiles et de missiles de croisière russes, ainsi que dans leurs versions améliorées. C'est ce que rapporte la Radio Télévision Suisse alémanique (SRF).
La Suisse continue ainsi de jouer un rôle important dans la fabrication des systèmes d'armement russes, dénonce auprès de la SRF Vladyslav Vlasiuk, conseiller de Volodymyr Zelensky chargé des sanctions internationales. Selon lui, 95% des drones et missiles russes contiennent des composants provenant d'entreprises suisses. Il s'agit de produits industriels fabriqués en série, utilisés notamment comme microcontrôleurs pour piloter les drones ou pour traiter les données de navigation par satellite.
Vladyslav Vlasiuk appelle donc la Confédération à agir, dans un entretien accordé à la SRF. Il estime que les autorités de poursuite pénale devraient être saisies et que les organismes chargés du contrôle des exportations devraient être renforcés. Selon lui, il ne suffit pas d'affirmer que ces produits ne sont pas fabriqués en Suisse ou qu'ils ne sont donc pas exportés vers la Russie.
Le conseiller réclame également des contrôles plus stricts des entreprises suisses. Celles-ci devraient faire preuve d'une plus grande vigilance dans le choix de leurs partenaires de distribution et de leurs intermédiaires. Il cite des exemples d'entreprises étrangères qui ont pris des mesures. Le fabricant néerlandais NXP figurait encore, il y a quelques années, parmi les entreprises dont les composants étaient particulièrement présents dans les armes russes. Désormais, selon lui, on n'y trouve plus aucune pièce provenant de cette société.
Interrogé par le média public, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) affirme être conscient de la situation. L'application des sanctions contre la Russie constitue une priorité. Dans la plupart des cas, ces marchandises ne sont toutefois pas fabriquées en Suisse et ne font donc pas l'objet d'exportations depuis le territoire helvétique. Le Seco rappelle également que les entreprises suisses sont tenues de respecter certaines obligations de diligence. Elles doivent notamment interdire contractuellement la réexportation de ces marchandises vers la Russie, y compris lorsqu'elles sont vendues à des pays tiers.
Selon la SRF, de nombreux éléments laissent par ailleurs penser que les composants suisses parviennent en Russie via la Chine. Plusieurs indices désignent des intermédiaires et des partenaires commerciaux chinois. Certaines entreprises suisses fabriquent également leurs produits directement en Chine. (dab/trad. hun)
