Des hackers iraniens menacent la Suisse
Un groupe de hackers piloté par les services de renseignement iraniens a averti la RTS qu'il était prêt à étendre ses cyberattaques en Suisse. Le Service de renseignement de la Confédération reconnaît le risque.
Le Pôle enquête de la RTS a réussi à entrer en contact avec Homeland Justice, un groupe de hackers lié aux services de renseignement iraniens selon le FBI. Traqué par les Etats-Unis, qui offrent jusqu'à 10 millions de dollars pour toute information permettant de le localiser, le groupe concentre depuis 2022 ses attaques sur l'Albanie, où les Moudjahidines du peuple iranien (MEK) — opposants aux Gardiens de la révolution — disposent d'une base militaire.
Interrogé sur l'impact des négociations de paix en cours entre l'Iran et les Etats-Unis, Homeland Justice se dit tenu par aucun engagement: ses opérations visant le MEK «ont toujours constitué un objectif prioritaire et continueront de l'être».
Le groupe va plus loin et menace directement la Suisse:
Sollicité pour des précisions, Homeland Justice évoque des banques et des réseaux financiers, sans plus de détails.
Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) reconnaît de son côté que «des cyberacteurs étatiques iraniens prennent également la Suisse pour cible» et juge «probable» une intensification de la surveillance des opposants iraniens résidant en Suisse.
Un risque déjà bien réel
Pour Steven Meyer, expert en cybersécurité et patron de la société Zendata, ces groupes ont peut-être déjà pris racine auprès de leurs cibles: «Ce n'est pas parce que les missiles ou les drones ont arrêté de voler que les cyberattaques vont cesser. Ces groupes se positionnent dans des infrastructures ennemies pour espionner, sans forcément détruire quelque chose. Au moment où ils auront l'envie ou le besoin de créer une action, ils vont commencer à détruire ou à voler des informations.» (svp)
