Ce qu'il faut retenir des négociations Iran-Etats-Unis au Bürgenstock
Réunies dans un hôtel de luxe de Bürgenstock (NW), les délégations iranienne et américaine se sont «mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques» cette semaine, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.
«La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban», a pour sa part affirmé sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui fait partie de la délégation de son pays au Bürgenstock. Et d'ajouter:
Les Etats-Unis, dont la délégation est emmenée par le vice-président JD Vance, n'ont pas réagi dans l'immédiat.
«Ligne de communication» sur Ormuz
Selon le communiqué du Pakistan et du Qatar, Téhéran et Washington vont mettre en place une «cellule de gestion des conflits» pour mettre fin aux affrontements entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, qui ont fragilisé les négociations.
Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah se sont en effet poursuivis vendredi et samedi au Liban, en dépit d'une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts. En représailles, Téhéran a annoncé samedi une nouvelle fermeture du détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.
A ce sujet, Etats-Unis et Iran vont mettre en place une «ligne de communication» destinée à prévenir les incidents et les malentendus, «avec l'objectif d'assurer un passage sûr pour les navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz», ont annoncé le Pakistan et le Qatar dans leur communiqué.
Ces annonces ont fait reculer les prix du pétrole. Vers 05h25 en Suisse, le prix du baril de WTI nord-américain baissait de 0,20% à 75,70 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 1,41% à 79,43 dollars.
Levée des restrictions
Possible signe de détente, Israël a annoncé la levée, à partir de lundi matin, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban.
Mais l'armée israélienne restera dans le sud du Liban «aussi longtemps que nécessaire», a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne dans le sud de son pays.
Les opérations israéliennes au Liban ont fait 4106 morts depuis début mars, selon Beyrouth. L'armée israélienne y a recensé 36 militaires tués.
Les différends portent aussi sur le programme nucléaire de Téhéran, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies. Selon la télévision d'Etat iranienne, il n'en a pas été question pendant la première session de discussions. (ats/asi)
