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Image: Montage watson
Interview

Du fantasme à la réalité, le casse-tête cantonal des pistes cyclables

Les chambres fédérales ont accepté une loi obligeant les cantons et les communes à réaliser des réseaux de voies cyclables en continu. Sébastien Métrailler est responsable de la mobilité douce à l’Etat du Valais. Il nous détaille le défi que représente ce chantier, entamé déjà avant la loi fédérale.
13.03.2022, 09:0113.03.2022, 17:38
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Quels sont les principaux défis que l’on rencontre dans la planification et la réalisation de voies cyclables pour tout un canton en 2022?
Sébastien Métrailler: Nous n’avons pas attendu la loi fédérale pour œuvrer, mais il n’en demeure pas moins que le volume de travail à accomplir reste conséquent, à la fois en termes de planification et, plus encore, de réalisation. Des moyens financiers et humains importants seront nécessaires pour atteindre l’objectif dans les temps.

A quels obstacles concrets se frottent les réseaux cyclables, en Valais spécifiquement?
La planification du réseau cyclable nécessite la prise en compte de tous les intérêts en présence, par exemple les surfaces agricoles protégées, les zones de protection de la faune et de la flore, les espaces réservés aux eaux, les zones de danger, le bâti. Cela peut fortement complexifier l’exercice. Par ailleurs, notre territoire n’est pas infini, ce qui restreint le champ des possibilités. Et dans un canton tel que le nôtre, la topographie a une influence non négligeable.

Il faut distinguer les pistes cyclables (qui sont des voies en tant que telles, séparées du reste), et les bandes cyclables, qui font partie de la chaussée et sont juste séparées par un traitillé. Concrètement, avez-vous la possibilité d’envisager beaucoup de pistes cyclables?
Nous souhaiterions systématiquement proposer un aménagement en site propre (piste cyclable). Mais je ne vous cache pas qu’il n’est pas toujours possible de concrétiser cet idéal. Nous devons alors trouver d’autres moyens d’assurer la sécurité des cyclistes. Des bandes cyclables généreuses peuvent constituer une solution. D’autres possibilités existent aussi. Par exemple, en traversées de localité, en pacifiant l’espace entre les différents usagers.

Typiquement:

«La place du Midi, au cœur de la ville de Sion, est maintenant dévolue aux terrasses et à la mobilité douce. La circulation est limitée à 20 km/h et tous les usagers se retrouvent sur un pied d’égalité»

Ce sera pareil au sud de la ville le long des nouveaux bâtiments de l’antenne de l’EPFL. Le choix de l’aménagement se fait toujours au cas par cas, après un examen attentif de la situation.

Dans quelle mesure le Valais dispose-t-il déjà de voies cyclables et d’une réflexion à ce sujet?
Un travail important est mené par le canton du Valais sur la mobilité douce quotidienne, cyclable en particulier. Ce gros chantier, en cours depuis plusieurs années et qui s’est accéléré ces derniers temps, ne découle pas de la loi fédérale. Il s’est fait en parallèle, sur la base d’une réflexion cantonale et de réflexions communales, ainsi que de l’écoute de la population et des divers groupes d’intérêt et de sensibilisation qui la composent.

Le vélo, vous en faites?

D’où est parti ce grand chantier?
Le concept cantonal de la mobilité 2040, approuvé en 2018, constitue un jalon important. La mobilité douce est l’une des onze thématiques de ce concept, une thématique pour laquelle de grands efforts doivent être fournis.

La thématique du réseau cyclable traitée en tant que telle par le canton, c’est donc une affaire très récente.
C’est en tous cas une affaire qui a pris de l’ampleur ces dernières années. A titre d'exemple, il n'y avait aucun poste dédié spécifiquement à la mobilité douce (cycliste et piétonne) au sein de l’administration cantonale jusqu’à l’été 2019. Actuellement, nous sommes deux, sans parler des nombreux autres collègues qui apportent une pierre tout aussi importante à l’édifice.

Les réseaux de pistes cyclables, cela concerne quelles zones du canton? Les centres urbains et leurs liaisons, comme le demande – au minimum – la loi fédérale?
Oui, principalement. Notre priorité n° 1, c’est la plaine du Rhône, qui concentre plus de 70% de la population valaisanne. Les coteaux puis la montagne, de part et d’autre de la plaine, viendront généralement après dans l’ordre des priorités.

Est-ce à dire que les vallées latérales sont les grandes oubliées?
Non, loin s’en faut. Ce d’autant plus que la forte expansion des vélos à assistance électrique offre de nouvelles bases et possibilités de réflexions.

Est-ce plutôt le canton ou les communes qui s’occupent de la réalisation des voies cyclables?
Les deux. Du côté du canton cependant, notre seule possibilité d’action pour l’instant se situe sur le réseau routier cantonal et sur l’axe cyclable cantonal (plus connu sous le terme de «Route du Rhône – Suisse à vélo n° 1»). Du fait de ce problème, on a travaillé à des modifications du cadre juridique. La loi cantonale sur les transports publics en cours de révision va ainsi être élargie à la thématique de la mobilité douce quotidienne. Le Grand Conseil a d’ailleurs adopté le texte en première lecture ce 10 mars. Le canton aura ainsi le droit et le devoir de mettre sur pied un réseau cyclable cantonal, ce qui va complètement dans le sens de la loi fédérale.

Cette loi cantonale contient-elle seulement l’aspect «planification»?
Non, il s’agira non seulement de la planification mais également de la réalisation et de l’entretien d’un réseau cyclable cantonal. Deux autres éléments sont également prévus: la possibilité pour le canton d’aider financièrement les communes à réaliser leurs infrastructures de mobilité douce quotidienne, et celle de mener des actions de promotion de la mobilité douce quotidienne.

A combien de temps évaluez-vous la durée des planifications et de l’aménagement de ce réseau cyclable cantonal? La loi fédérale donne 20 ans aux cantons et aux communes.
En principe, dans nos projets d’infrastructures de mobilité, nous comptons grossièrement deux ans de conception, deux ans de procédure d’homologation et deux ans de construction. Donc, un total de six ans. Le temps que nous laisse la loi fédérale me paraît donc réaliste. Il n’en demeure pas moins que ce sera un énorme chantier.

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