Le Jura accepte une loi pour mieux protéger les femmes
Le Parlement jurassien a accepté mercredi la loi sur la prévention et la lutte contre la violence domestique. Cette base légale doit permettre d'institutionnaliser le dispositif cantonal et de consolider les moyens pour mieux protéger les victimes et prévenir les actes de violence.
La situation est particulièrement préoccupante, a reconnu la présidente du Gouvernement, Rosalie Beuret Siess, tout comme les représentants des différents partis. Le Jura a enregistré une hausse de la violence domestique de 60% en 2024 par rapport à 2023.
295 infractions en 2024
En 2024, 295 infractions de violence domestique ont ainsi été enregistrées dans le canton. C'est la plus forte hausse en Suisse. Derrière ces statistiques se cachent toutes les victimes que l'on ne voit pas, notamment celles qui n'osent pas porter plainte, a précisé Rosalie Beuret Siess.
«Ce projet de loi est indispensable, il s'est fait beaucoup trop attendre», a souligné Suzanne Maitre-Schindelholz (PCSI). Il est notamment très important de mettre en place des structures d'hébergement d'urgence, a-t-elle poursuivi.
«Il y aura un coût, mais ce n'est pas sur le dos des victimes de violences domestiques qu'il faut tergiverser», a de son côté argumenté le président de la commission de la justice, Anael Lovis (PLR).
Protéger les victimes, prendre en charge les auteurs
La loi s'articule autour de cinq axes: la protection des victimes, la prise en charge des personnes auteures de violence, avec notamment la prolongation de la durée maximale d'expulsion du domicile de 10 à 30 jours, la protection des enfants, la prévention et la formation et enfin le suivi, avec la création d'un registre cantonal de statistiques.
En 2020, le Parlement avait adopté une motion sur la protection des victimes de violences conjugales. La loi répond également aux exigences posées par la Convention d'Istanbul et la Feuille de route de la Confédération et des cantons sur la violence domestique et sexuelle. (ag/ats)
