Relaxé par la justice, Mason Greenwood traîne des (grosses) casseroles: son club formateur (Manchester United) n'en veut plus, il ne sait plus quoi en faire et le prête au plus offrant, cherchant à vendre son (vilain) joyau qui valait, rappelons-le, 178 millions en juin 2021.
Depuis, la cote a nettement baissé. Pourquoi cette chute? Rembobinons: en 2021, l'Anglais est accusé par son ex-compagne de violences conjugales, de coups et blessures volontaires et de tentatives de viols. Un an plus tard, la justice anglaise le relaxe et abandonne les poursuites, suite au «retrait de témoins clés» et de l’obtention «de nouveaux éléments». Mais sa carrière prend un sérieux coup dans l'aile.
Dès lors, MU, même si les poursuites sont abandonnées, cherche à s'en séparer. Le joueur de 22 ans trouve un point de chute en Espagne, à Getafe. Il y joue, et bien. Sous le charme, les supporters pratiquent la méthode de l'autruche et préfèrent taire son passé sombre.
Les statistiques sont plutôt bonnes sur la pelouse. Sportivement, on bombe le torse, mais en dehors, le direction ibérique la joue profil bas. Le footballeur aussi. Si vous cliquez sur le compte Instagram du joueur anglais, la section commentaires est limitée.
Jouer profil bas ne permet malheureusement pas de se soustraire à l'opinion publique. Le natif de Bradford continue de trainer son boulet, même sur le rectangle vert. Jude Bellingham s'est d'ailleurs chargé de lui adresser une petite pique la saison dernière, lors d'une rencontre qui opposait le Real à Getafe - l'étoile anglaise s'est attaqué à l'espoir déchu des Three Lions, l'insultant de rapist (violeur).
Autrement dit, les dés sont jetés pour le joueur anglais. Le doute sera toujours de mise. Et la suite s'annonce compliquée, surtout pour l'Olympique de Marseille, qui vient de recruter l'attaquant, quitte à se mettre ses propres supporters à dos. Car les fans phocéens ne sont pas, mais alors vraiment pas, enchantés d'accueillir l'ancien prodige de United.
La colère s'est même amplifiée lorsque Benoît Payan, le maire de la ville, a publiquement attaqué le choix du club, lançant à Pablo Longoria, président du club: «Je n’imagine pas une seconde qu’il fasse cette faute majeure», au micro de RMC Sport - des paroles qui ont fait réagir dans la sphère politique régionale. Le député Renaissance Renaud Muselier a même taillé le maire en l'accusant «de faire sa comm'».
Qu'importe pour les dirigeants phocéens, l'affaire est parfaite: la valeur du joueur étant en chute libre à cause de ses démêlés, MU brade son bijou. La tactique sportive et financière a une saveur de hold-up.
Avec un bail de 5 ans et une somme de 31 millions, l'ancien joyau des Red Devils vient tacher le maillot et le coeur des supporters marseillais. L'un d'eux écrivait:
Pire: comment un club qui a ouvert les portes de son centre de formation pour les femmes battues lors du confinement en 2020, peut signer un tel joueur? Difficile de ne pas froncer les sourcils.
Pablo Longoria irait-il à l'encontre de l'avis de ses supporters, des personnes qui façonnent l'ambiance du Vélodrome? L'arrivée de Greenwood peut-elle crisper le vestiaire? Difficile à dire.
A ce sujet, Gareth Southgate avait botté en touche, se montrant peu emballé à l'idée d'emmener Greenwood à l'Euro en Allemagne. Le sélectionneur démissionnaire arguait au Sun, que le convoquer serait «une distraction pour le groupe».
A contrario, pour l'entraîneur Roberto De Zerbi et Longoria, aucune distraction possible.
Or les ultras y voient une insulte. C'est en tout cas le message envoyé par le club, par son président, à une horde de supporters remontés, qui ont fait gonfler le hashtag #GreenwoodNotWelcome sur X.
Même si des ultras marseillais interrogés dans divers médias français expliquent ne pas être pleinement emballés à l'idée de voir Greenwood revêtir le maillot marseillais, ils estiment toutefois que «dans la vie, parfois, il faut donner une seconde chance».
Et il y a les autres, ceux qui se pressent pour accueillir Greenwood à l'aéroport de Marignane, mercredi soir 17 juillet - 200 supporters.
Dans le clan des défenseurs du joueur, la présomption d'innocence est brandie. Ainsi que cette lettre ouverte de l'ancien CEO de Manchester United, Richard Arnold. Publiée il y a plus d'une année, l'ancien boss écrivait que «sa vision des choses avait évolué au même rythme que notre enquête», qui a duré près de 6 mois.
Ce qui n'a pas empêché le club de se séparer de Greenwood à la première opportunité...
Séparer l'homme du joueur, c'est le discours que De Zerbi préconise. Cette fameuse ritournelle pour détourner l'attention.
Aurait-il opposé cette même réponse aux médias alors que Marseille ciblait Yousef Atal, lequel avait été condamné à huit mois de prison avec sursis pour «provocation à la haine raciale» pour incitation à la haine en relayant une vidéo antisémite sur ses réseaux?
Pablo Longoria semble s'essuyer les pieds sur les valeurs du club, lui qui ne jure que sur l'aspect sportif et rappelle qu'«il a mis en place l’un des plus grands programmes sociaux dans un club». «L’OM est un vecteur de société, d’unité», lançait Pablo Longoria. Cocasse quand on connaît l'héritage du club, des années Bernard Tapie et des supporters qui dépassent allègrement les bornes.
Or le championnat de France n'est pas à sa première tentative: Lorient a déjà ouvert ses portes à Benjamin Mendy, accusé par de nombreuse femmes et jugé non-coupable par la justice anglaise; il y a le cas Wissam Ben Yedder, dont les accusations de viol, tentative de viol et agression sexuelle ont pesé sur le bonhomme; ou encore Achraf Hakimi, également mis en examen pour tentative de viol.