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Justice

Des Français condamnés pour avoir braqué des hôtels en Romandie

Des Français recrutés sur Snapchat braquaient des hôtels en Romandie

Des Français recrutés sur Snapchat braquaient des hôtels en Romandie

Quatre jeunes Français ont été condamnés par le Tribunal criminel de La Côte pour un violent brigandage à Chavannes-de-Bogis (VD). L’un d’eux répondait aussi d’une attaque similaire à Verbier (VS), dans une série de braquages d’hôtels pilotée depuis la France.
14.09.2026, 12:2514.09.2026, 12:29

Chevilles entravées, les quatre prévenus pénètrent ensemble dans la salle d’audience, sous la surveillance de huit gendarmes. Mais ce lundi, les débats seront brefs: les quatre accusés ont reconnu les faits et accepté les peines proposées par le Ministère public dans le cadre d’une procédure simplifiée. Ils renoncent aussi aux voies ordinaires de recours.
Les parties plaignantes avaient d’ailleurs été dispensées de comparaître ce jour.

Tous répondaient notamment de brigandage qualifié, séquestration et enlèvement. Trois écopent de 30 mois de privation de liberté, le quatrième de 36 mois, sous déduction des jours déjà passés en détention provisoire. Ils sont également frappés d’une expulsion de Suisse pour douze ans.

Un réceptionniste ligoté et frappé

Les faits les plus graves remontent à la nuit du 24 avril 2025, à l’Everness Hotel & Resort de Chavannes-de-Bogis (VD). Ces jeunes Français étaient arrivés de nuit, entrant en se faisant passer pour des clients, avant de basculer dans la violence.
Selon l’acte d’accusation, deux d’entre eux se présentent d’abord devant l’hôtel. Une fois la porte ouverte, ils sautent par-dessus le comptoir, saisissent le réceptionniste et l’emmènent de force dans le bureau situé derrière l’accueil.

L’homme est menacé d’être «planté» s’il ne s’exécute pas. L’un des condamnés lui a alors asséné une claque au visage avant de faire entrer les deux autres membres du groupe, munis notamment d’un pied-de-biche et de ligatures en plastique.
Le réceptionniste est attaché aux mains et aux pieds. Les quatre jeunes hommes veulent le coffre et son code. Il affirme ne pas le connaître. Il reçoit alors une nouvelle claque puis un coup de genou dans les côtes, qui lui coupe la respiration. Pendant ce temps, certains forcent des casiers au pied-de-biche pendant qu’un autre récupère le contenu dans un sac.

La sortie des quatre accusés du Tribunal correctionnel de la Côte, escortés par des gendarmes, reconnus coupables ce lundi 14 septembre
La sortie des quatre condamnés du Tribunal correctionnel de la Côte, escortés par des gendarmes ce lundi 14 septembreImage: watson

Un adolescent séquestré

Un client de 15 ans, qui passe par hasard à la réception, tombe à son tour sur le groupe. L’un des prévenus, pied-de-biche à la main, l’aurait conduit contre son gré dans le bureau. Il est ensuite forcé à s’agenouiller près du réceptionniste.

Le groupe récupère environ 9038 francs, ainsi que le téléphone de l’employé, avant de prendre la fuite peu avant l’arrivée de la police. Les enquêteurs affirment disposer de plusieurs éléments matériels: vidéosurveillance, empreinte digitale, traces de semelles et ADN retrouvé sur des ligatures abandonnées sur place. Une partie du butin, soit environ 2100 francs, aurait aussi été retrouvée en France.

L’un des quatre prévenus est aussi accusé d’un précédent brigandage, commis un mois plus tôt dans un hôtel de Verbier. Dans la nuit du 12 mars 2025, il aurait agi avec un autre homme. Le veilleur de nuit avait été frappé au visage, projeté au sol puis roué de coups alors qu’il affirmait ne pas posséder les clés du coffre. Les deux hommes l’avaient ensuite ligoté, bâillonné avec du ruban adhésif et traîné jusqu’au bureau où se trouvait le fond de caisse. Ils étaient repartis avec plus de 10 000 francs, 1250 euros et plusieurs clés. L’ADN du prévenu avait été retrouvé sur le rouleau de scotch abandonné sur place.

Des attaques pilotées depuis la France

Pour le Ministère public, ces faits ne seraient pas isolés. Ils s’inscriraient dans une série de cambriolages et brigandages d’hôtels commis en Suisse depuis au moins 2024 par une structure criminelle hiérarchisée depuis la France. Les exécutants, principalement de jeunes hommes de la région lyonnaise, auraient été recrutés notamment via Snapchat.

Quant aux commanditaires, ils préparaient les opérations, transmettaient les informations utiles dans des groupes dédiés et suivaient leur déroulement en temps réel. Le mode opératoire était, selon l’accusation, presque toujours le même: intervenir de nuit, maîtriser brutalement le réceptionniste, obtenir les accès aux coffres par la menace ou la violence, puis repartir avec de l’argent ou des objets de valeur.

En fin de matinée ce lundi 14 septembre, la présidente du Tribunal correctionnel à Nyon a ratifié la convention et les sanctions retenues par la procureure et acceptées par les parties.
Les quatre condamnés ont présenté leurs excuses aux victimes, absentes, et dit regretter leurs actes. L’un d’eux a déclaré avoir entrepris en prison une démarche de justice réparatrice, en acceptant de rencontrer des victimes d’autres affaires.

Ils ont recréé les tours jumelles
Video: watson
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