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image: montage watson

Jeunes PLR genevois: odeur de putsch, vote le 5 août sur le mariage pour tous

Le 2 juillet, lors d'un premier vote, les jeunes libéraux-radicaux genevois s'étaient prononcés contre le mariage pour tous, avant la votation fédérale du 26 septembre. Une décision inacceptable pour une partie de ces jeunes. D'où un nouveau vote, le 5 août.



Les jeunes libéraux-radicaux genevois (JLRG) revoteront le 5 août sur le mariage pour tous, a appris watson. Le comité directeur ne survivra peut-être pas à cette assemblée générale extraordinaire, qui s’annonce houleuse. Bref rappel de la situation: le 2 juillet, le soir du quart de finale Suisse-Espagne à l’Euro, les JLRG, à la surprise générale, ont dit «non» à l’union civile entre personnes de même sexe, le mariage pour tous, donc. Par 15 voix contre 12, recueillies en ligne, de façon anonyme. Révoltée par cette décision jugée «contraire à l’ADN» de la jeunesse libérale-radicale genevoise, une partie de ses membres a aussitôt exigé et obtenu, conformément aux statuts, la tenue d’une nouvelle consultation.

Changement par rapport à l’assemblée générale du 2 juillet: le 5 août, la nouvelle AG se tiendra en présentiel et l’on y votera à main levée, comme le prévoient les statuts.

Deux camps s’affrontent, qui paraissent irréconciliables. D’un côté, le camp du «non», majoritaire le soir du 2 juillet, mais sans doute minoritaire rapporté au total des membres des JLRG, au nombre de 300. Comme l’affirmait mercredi à watson l’un des tenants du «non», Joé Fivaz, trésorier des JLRG et membre du comité directeur, cette opposition, en tout cas la sienne, ne porte pas sur le mariage entre personnes de même sexe, mais sur la procréation médicalement assistée (PMA), contenue dans la loi fédérale soumise à votation le 26 septembre.

Démissions en cascade au bureau

On trouve dans l’autre camp les partisans du mariage pour tous. Ils n’ont pas admis le résultat du 2 juillet. Ils en ont honte: à part Genève, toutes les jeunesses libérales-radicales de Suisse ont dit «oui» à cette loi.

L’AG extraordinaire du 5 août pourrait faire imploser le comité directeur. Il est d’ores et déjà réduit à l’état de croupion. Sur ses sept membres, quatre, tous favorables au mariage pour tous, ont démissionné, apprend à watson Aude Echard, qui compte parmi les démissionnaires.

En Russie et en Arménie

Il n’en reste plus que trois en poste: le président, Davit Ghukasyan, actuellement en Arménie; Ivan Arnautov, le rédacteur en chef du bulletin interne, qui se trouverait en ce moment en Russie; Joé Fivaz, le trésorier. Il est possible que les deux premiers aient voté «non» le 2 juillet, à l’image du troisième.

Les trois jeunes hommes toujours en place au comité directeur, pourraient être démis lors de l’AG extraordinaire du 5 août. «Deux-tiers des personnes présentes à une AG peuvent demander l'ajout d'un point à l'ordre du jour. L'hypothèse n'est pas à exclure que des membres demandent cet ajout. Il faut voir ce que disent exactement nos statuts à ce propos. Des avocats, membres des JLRG, sont en train de les examiner», confie Aude Echard.

Cette dernière aurait souhaité que l’AG extraordinaire ait lieu au plus tard le 26 juillet. Mais les convocations sont parties trop trad. Et puis, le président des JLRG, Davit Ghukasyan, ne devrait pas être de retour d’Arménie avant le 30 juillet.

Eviter l'humiliation publique

Pourquoi pas après le 26 juillet? «Afin que la Chancellerie de l’Etat de Genève puisse enregistrer officiellement et dans les délais notre mot d’ordre sur le mariage pour tous», explique Aude Echard, qui ne doute pas qu’un «oui» sortira de l’AG extraordinaire du 5 août. «A présent, c’est trop tard. Notre position ne sera pas enregistrée, ce qui nous aurait permis de participer avec un affichage gratuit à la campagne en faveur du mariage pour tous», déplore-t-elle.

Peut-être pour éviter une humiliation en public, le camp du «non» pourrait boycotter la réunion du 5 août. C’est le bruit qui court. Le divorce serait alors probablement consommé aux JLRG, même si, de tous côtés, on assure rester ouvert au dialogue.

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