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Etude choc en Suisse: 97% des poules pondeuses ont des os cassés

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Etude choc en Suisse: 97% des poules pondeuses ont des os cassés

Pondre des œufs non-stop: le travail des poules pondeuses a des conséquences désastreuses pour les animaux, comme le montrent de nouvelles analyses de l'Université de Berne. Les poules bio de Migros et Coop sont également concernées, comme le rapporte K-Tipp.
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23.02.2022, 16:5723.02.2022, 17:37
benjamin weinmann / ch media
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Une étude avec un tel résultat, c'est carrément un œuf qui risque de rester coincé dans les gorges: pendant dix mois, des chercheurs de l'Université de Berne ont régulièrement radiographié 150 poules pondeuses en Suisse afin d'analyser les conséquences physiques de leur production d'œufs. Ils en sont arrivés à la conclusion que 97% d'entre elles avaient un sternum fracturé. C'est ce que rapporte le magazine K-Tipp.

Trois os cassés par poule

En moyenne, chaque poule avait trois os cassés. Chez certains animaux, ce chiffre pouvait même atteindre onze os brisés. Selon le magazine des consommateurs, le problème n'est pas nouveau, mais les résultats indiquent qu'il est plus grave que prévu. Ainsi, lors d'études précédentes, de nombreuses fractures n'avaient pas été détectées parce que les chercheurs s'étaient contentés de palper les os sans les radiographier.

De l'eau avec des analgésiques

C'est ce que suppose Michael Toscano, directeur du Centre pour la détention convenable des animaux à l'Université de Berne. Certes, la douleur n'est souvent pas visible chez les poules. Mais il y a des preuves de souffrances:

«Les poules avec des os cassés se déplacent moins. Elles mettent plus de temps à descendre de leur perchoir. Et elles choisissent plus souvent de boire de l'eau qui contient des analgésiques»
Michael Toscano, directeur du Centre pour la détention convenable des animaux à l'Université de Berne

Selon l'université, les raisons de ces fractures sont diverses. Mais il est clair que les os des poules élevées en batterie sont fragiles. Une poule pondeuse produit en moyenne 323 œufs, soit presque un œuf par jour. Le calcium nécessaire à la coquille de l'œuf provient des os de la poule. Les vétérinaires supposent que les os ne régénèrent pas complètement ce calcium et deviennent donc poreux.

Une souffrance mondiale

Selon le rapport, il est également possible que certaines d'entre elles commencent à pondre trop tôt, lorsque leurs os ne sont pas encore assez développés. Avec pour conséquence qu'il suffit d'un violent battement d'ailes ou d'un choc avec le perchoir pour faire craquer le sternum.

Hanno Würbel, professeur de protection des animaux à la faculté de médecine vétérinaire de Berne, est très critique:

«Avec la détention et l'élevage actuels des poulets, la douleur et la souffrance sont inévitables pour de nombreux animaux. Et cela n'est tout simplement pas tenable»

Migros ne commente pas

Selon Hanno Würbel, presque toutes les poules pondeuses utilisées en Suisse, quel que soit leur mode d'élevage, sont concernées, y compris les poules élevées en plein air et les poules bio vendues dans les supermarchés suisses. Migros se contente de dire au magazine que le sujet concerne l'ensemble de la branche. Elle ne souhaite pas s'exprimer davantage sur les fractures.

Selon le rapport, les producteurs d'œufs du monde entier élèvent les mêmes races à haut rendement. Leur élevage est donc entre les mains de quelques groupes comme l'allemand EW ou le néerlandais Hendrix Genetics. Ceux-ci tenteraient actuellement d'élever des poules moins sujettes aux fractures. La Confédération et les producteurs d'œufs misent également sur ce point.

Nadja Brodmann, de la protection des animaux zurichoise, qualifie toutefois cette stratégie d'impasse:

«Nous avons besoin de poules plus robustes et qui pondent moins d'œufs. L'élevage à haut rendement actuel conduit inévitablement à la souffrance animale et enfreint donc la loi»

Une faible offre alternative

L'organisation de protection des animaux recommande plutôt de se tourner vers des poules à double usage qui produisent non seulement des œufs, mais aussi de la viande. Celles-ci pondent 70 à 100 œufs de moins par an et devraient donc être nettement moins touchées par les os brisés. Toutefois, sur les 3,4 millions de poules pondeuses que compte la Suisse aujourd'hui, 20 000 seulement sont des poules à double usage.

Coop, de son côté, ne renvoie donc qu'à cette alternative: les œufs bio portant le label «poule à deux fins» sont disponibles dans 160 grands magasins Coop.

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