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Mike Horn, Temps Présent: son passé trouble dans le bataillon 101

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capture d'écran rts.

Le passé trouble de Mike Horn dans une unité d'élite sanguinaire

«Nous nous tirions dessus, nous nous roulions dessus.» Dans une enquête choc de Temps Présent, on apprend que l'aventurier suisse, né en Afrique du Sud, faisait partie d'un bataillon réputé pour sa brutalité, en pleine guerre contre les insurgés de Namibie. Mike Horn regrette, mais il assume.
20.01.2023, 12:0724.01.2023, 21:09

Il y a quarante ans, la Namibie est encore cette colonie d'Afrique du Sud, qui lutte âprement pour son indépendance. La guerre fait rage dans la zone frontière. Ce n'est pas un secret, Mike Horn, né à Johannesbourg, y participera. A l'époque, la terrible loi raciste de l'Apartheid battait son plein.

En 1986, il a 19 ans. Il n'est pas encore cet aventurier-star, ce conférencier VIP et cet influenceur qui soulève les foules à coups de punchlines de développement personnel.

Une guerre terrible. C'est dans ce contexte qu'il effectuera son service militaire. Mais pas n'importe où. Au sein d'un bataillon réputé pour son efficacité sanguinaire. Une unité d'élite brutale, qui «carbure à l'adrénaline», et qu'il intégrera volontairement. Son nom? 101. Les troupes de One O One étaient chargés de la «traque et de l'élimination de l'ennemi». Et c'est à ce passé trouble que l'équipe de Temps Présent a dédié une enquête exclusive, diffusée jeudi soir sur la RTS.

Mike Horn, durant son service militaire en Afrique du Sud.
Mike Horn, durant son service militaire en Afrique du Sud.capture d'écran rts

Car si Mike Horn utilise souvent son passé de militaire pour asseoir ses exploits actuels à travers le monde, c'est la première fois que le bataillon 101 émerge de son curriculum. «Oui. Là où ça se passait» admettra-t-il, gêné, dans le reportage. Une véritable «chasse aux rebelles» explique Waal de Waal, son supérieur hiérarchique à l'époque. «On peut dire ce qu'on veut, mais le combat, c'est le combat. Pas de place pour le baratin. Il fallait donc faire ses preuves. Horn était intégré dans la force de réaction rapide 903.»

Une idée de ces combats:

«Nous nous tirions dessus, nous nous roulions dessus. En fait, eux ne pouvaient pas nous rouler dessus, car ils étaient au sol»
Waal de Waal, ancien supérieur hiérarchique de Mike Horn.

La polémique de la phalange

Mike Horn a-t-il perdu son fameux bout de doigt sur «une mine», comme il l'explique parfois en interview? En plein combat avec les Cubains qui les «tiraient comme des lapins à la kalachnikov», comme il l'écrit dans son livre Latitude Zéro? Ou dans un «simple» accident de trappe qui se referme, comme se souvient Pierre Blignaut, qui a côtoyé Mike Horn quotidiennement, au front, en Afrique du Sud. «Je ne me suis pas battu contre les Cubains, mais contre les Namibiens de la Swapo.» L'aventurier a-t-il sauté sur une mine, comme il le prétend? Pierre se contente de ricaner.

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Face aux journalistes de Temps Présent, Horn donne une énième version de la perte de son petit doigt: «C'était pas un combat ou une embuscade. C'était une ancienne mine, posée à côté de nous. Sur une route. Il y avait une rivière. On a passé, on n'a même pas pensé et pouf.»

Le malaise de Mike Horn

L'enquête de la RTS lève aussi le voile sur la tendance à l'exagération de l'aventurier. Lorsqu'il prétendait, par exemple, dans une interview à La Liberté, avoir été l'un des rares survivants de son bataillon.

Réponse de Waal de Waal, son ancien supérieur hiérarchique?

«La plupart d'entre nous a survécu»

Plus généralement, Mike Horn semble peu à l'aise à mesure que l'équipe de journalistes lui soumet les témoignages de ses anciens compagnon de combat.

Comme lorsqu'on lui demande s'il a participé, d'une manière ou d'une autre, à l’assassinat, le 30 novembre 1986, du leader indépendantiste namibien Imanuel Shifidi, «incarcéré 18 ans dans la même geôle que Nelson Mandela», comme l'explique Temps Présent. Mike Horn gesticule sur sa chaise, le regard fuyant, considère que «ça fait longtemps tout ça», avant de démentir formellement.

Des regrets exprimés 48h avant la diffusion de l'enquête

Le Suisse a toujours évoqué une «force spéciale», quand il s'agissait d'effleurer son passé militaire. Dans l'enquête de la RTS, il ne nie pas avoir œuvré dans l'unité sanguinaire 101. A-t-il été traumatisé par cette expérience? Mike Horn offre une réponse digne de Jean-Claude Van Damme.

«Ca faisait partie de ma vie comme partir en expédition ou aller acheter des croissants. C’est-à-dire que dès que tu veux que quelque chose te traumatise, c’est là où cela te traumatise pour toute ta vie»

Il rajoutera encore qu'il prend son passé de soldat en guerre comme une «bonne expérience», qui l'a «formé comme aventurier». Dans sa bouche, en revanche, pas l'ombre d'un regret. Il faudra attendre l'avant-veille de la diffusion de l'enquête, mardi dernier. Manifestement inquiet, Mike Horn «a tenu à préciser 48 heures avant sa diffusion»:

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capture d'écran rts

Enfin, ses anciens collègues de guerre semblent tous du même avis. L'aventurier d'aujourd'hui ne serait pas le même sans la violence de ce passé en Afrique du Sud. «Il faisait partie des accros de l'adrénaline. Ensuite, il a juste continué à faire monter l'adrénaline en partant à l'aventure», considère son ex-supérieur hiérarchique Waal de Waal.

«S'il n'avait pas été dans les 101, s'il n'avait jamais participé à un vrai combat, aurait-il suivi la même voie? D'après mon expérience, non»
Pierre Blignaut, ancien officier du bataillon 101, qui côtoyait Mike Horn quotidiennement dans les années huitante.

(fv)

Pour visionner l'enquête de Temps Présent, cliquez ici.

Nous étions allés en immersion dans l'une de ses conférences:

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source: watson
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