en partie ensoleillé10°
DE | FR
Suisse
nourriture

Consommer des insectes? En Suisse, l’idée ne décolle pas (encore)

salade épicée avec des vers à soie, riche en protéine
Et voici des vers à soie en salade épicéeImage: Shutterstock

Qui veut manger des insectes? En tout cas, pas les Suisses 🤢

Les insectes, c’est sain, c’est bon (qu'ils disent), c’est riche en protéine et surtout c’est une alternative écolo à la consommation de viande. En Suisse pourtant, ça ne prend pas.
23.05.2021, 11:4025.05.2021, 09:59
Plus de «Suisse»

Souvenez-vous, en 2018, c’était l’effervescence autour de la consommation d’insectes. La Suisse venait d’autoriser les vers de farine, les grillons et les criquets migrateurs, beaucoup tentaient l’expérience sur un stand du Paléo festival et on imaginait la conquête des assiettes avec ces nouveaux produits riches en acides gras, protéines, minéraux et vitamines.

Le stand d'insectes comestibles au Paléo, en 2018.
Le stand d'insectes comestibles au Paléo, en 2018.Image: Facebook

Mais voilà. Près de quatre ans plus tard, l’idée ne convainc pas vraiment. Selon les chiffres de la Confédération, la vente d’insectes comestibles en Suisse a évolué à la baisse, après une année d’excitation: 2 tonnes en 2017, 5,8 en 2018, 4,3 en 2019 et 3,8 l’an dernier. En termes de chiffre d’affaires, la part des insectes dans la consommation totale de viande (et de ses succédanés) s’est arrêtée à 0,005% en 2020 (0,29 million de francs).

Dans un rapport publié il y a quelques jours, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) explique ce «succès modeste» par des prix encore relativement élevés (on parle de 76 francs/kilo en moyenne, soit plus ou moins le prix du filet de boeuf) et – surtout – une faible acceptation de la part des consommateurs.

«Cela semble difficile avec les insectes en ce moment. Ici, ils sont moins associés à la nourriture que dans d'autres pays et cultures»
Jonathan Fisch, communiquant pour l’OFAG.

Changer les mentalités

Sur le terrain, on réfute cette affirmation. «Ce n’est pas une question d’acceptation, mais de méconnaissance», réagit Julien Bammez, créateur de la société InsectaFood, qui réalise des produits à base d'insectes comestibles pour le marché suisse.

Jullien Bammez.
Jullien Bammez.

«A chaque fois que je fais goûter mes insectes, les consommateurs sont agréablement surpris. Ils sont étonnés du bon goût qu’ils ont», assure-t-il. C’est un cap qui doit encore être franchi, un changement dans les mentalités. Aujourd’hui encore, on voit l’insecte comme nuisible et on vend des produits pour s’en débarrasser. «Moi, je vends des insectes pour la consommation», souligne l’entrepreneur.

Les insectes, vous en mangez?

Produit nouveau, les insectes comestibles nécessiteraient d’être davantage connus. Sur ce point, la pandémie a donné un coup d’arrêt à leur promotion en raison des innombrables manifestations annulées.

«Cela fait un an et demi que je n’ai pas pu faire d’événement. Pour un produit aussi particulier que les insectes comestibles, c’est pourtant indispensable»
Jullien Bammez, créateur de la société InsectaFood à Vinzel (VD).

Reste que l’homme est confiant. Il sent que les jeunes et les générations futures s’intéressent davantage aux insectes, y sont plus ouverts. Encore mieux: selon lui, les insectes, avec leur goût et leur croustillant, pourraient bientôt détrôner les bonbons dans le coeur des enfants.

Pour changer d'air, direction l'Antarctique

1 / 12
Des icebergs de l'Antarctique, en images
Les icebergs de l'Antarctique, en images
source: ap mod / cpl phil dye raf
partager sur Facebookpartager sur X
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
«J'ai perdu un travail en Suisse parce que je suis raëlien»
Informaticien d'origine neuchâteloise, Antoine est raëlien depuis plus de 30 ans. Ils nous raconte comment il a rejoint le mouvement, l'impact que cela a eu sur ses proches et sa vie de tous les jours. Il retrace ses rencontres avec Raël et s'exprime sur les controverses qui entourent le groupe.

Le médaillon qu'il porte autour du cou - une croix gammée entourée d'une étoile de David - donne une indication précise sur son appartenance religieuse: Antoine est raëlien. Ça fait plus de 30 ans que cet affable informaticien romand a rejoint le mouvement qui affirme que la vie sur Terre a été créée par des extraterrestres. Suite à la diffusion d'un documentaire sur Netflix, sorti début février, il a accepté de répondre à nos (nombreuses) questions. Interview.

L’article