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Quatre jours après le drame, une marche avait eu lieu vendredi aux alentours de la gare de Morges. Des policiers étaient sur place pour veiller à la sécurité.
Quatre jours après le drame, une marche avait eu lieu vendredi aux alentours de la gare de Morges. Des policiers étaient sur place pour veiller à la sécurité. keystone

Morges: le policier auteur des trois tirs mortels n'aurait «pas eu le choix»

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Les vidéos amateurs de ce que certains ont estimé être une «bavure policière» ont fait le tour de la Suisse. Jeudi, la RTS a levé le voile sur les déclarations de cet agent faites quelques heures après avoir abattu un homme en août dernier. Retour sur cette affaire en quatre questions.
03.12.2021, 09:4206.12.2021, 08:45

«Si je n’avais pas tiré, j’aurais été blessé, voire mortellement blessé». Voilà ce qu'un policier a déclaré aux enquêteurs après avoir tiré à plusieurs reprises sur un individu, cet été à la gare de Morges. Jeudi, la RTS est revenue sur cette affaire afin de dévoiler les premières déclarations aux enquêteurs de cet agent de la région aujourd'hui prévenu de meurtre.

Où ont eu lieu les faits?

L'affaire remonte à il y a trois mois, le lundi 30 août 2021. Sur le quai 4 de la gare de Morges. En pleine heure de pointe à 18h00, la police morgienne reçoit un appel d'un employé CFF.

Ce dernier explique qu’un individu «agité et perturbé» se promène sur les voies «afin de prier», révélait Le Matin le lendemain de l'incident.

Comment l'incident s'est aggravé?

La RTS rapporte que, selon des vidéos de témoins ayant enregistré la scène, alors que le cheminot demande au Suisse de 37 ans de se calmer, l’homme ne semble ni dangereux, ni menaçant. Pourtant, en quelques minutes, la zone est sécurisée et deux patrouilles interviennent afin de gérer la situation. Le policier aujourd'hui prévenu de meurtre en fait partie.

Selon la version des faits de ce dernier, lorsqu’il arrive sur le quai, un de ses collègues lui dit que l’individu surnommé Nzoy détient un couteau. Il mesure 26 centimètres, précisait 20 Minutes. Toujours d'après ses dires, équipé de cette arme blanche, l'homme fixe le policier dans les yeux et commence à marcher dans sa direction. Si les vidéos des témoins confirment ce mouvement, le couteau y est en revanche imperceptible.

Pourquoi le policier a tiré?

Face à ce comportement, le policier ressent «de la peur» lorsqu'il somme Nzoy de lâcher son couteau. Ce dernier ne l'écoute pas. Il «accélère», au point de faire reculer le policier et l'un de ses collègues, relayaient plusieurs autres confrères le lendemain de l'accident. L'agent vaudois explique ainsi pointer son arme à feu sur l'homme de 37 ans en justifiant «ne pas avoir le choix».

Jusqu'au moment où il tire deux premiers coups sur le torse de l'assaillant. Nzoy tombe au sol, avant de se relever et à nouveau se diriger vers lui. Le policier tire alors un troisième coup, au même endroit. Nzoy tombe de nouveau au sol. Cette fois, pour de bon.

Des fleurs ont été posées sur le quai 4 de la gare le vendredi 3 septembre 2021 a Morges en hommage à l'homme de 37 ans.
Des fleurs ont été posées sur le quai 4 de la gare le vendredi 3 septembre 2021 a Morges en hommage à l'homme de 37 ans.Image: KEYSTONE

Que plaide le policier?

Les secours arrivent sur place quatre minutes après, indiquait 20 Minutes le 1er septembre. Malgré un massage cardiaque prodigué d’abord par les agents, puis par les services de secours, l’homme décède sur place. La victime habitait à Zurich et était déjà connue des forces de l'ordre de sa ville.

Pour la RTS, «même s’il ne le dit pas explicitement aux enquêteurs, le policier évoque la thèse de la légitime défense». Une position à laquelle s'est néanmoins opposé l'avocat de la victime le lendemain des faits. Estimant que les circonstances ne permettaient pas de retenir la légitime défense, «vu le nombre de policiers, leur équipement, leur compétence, la configuration des lieux et l’attitude de la victime». Selon lui, le policier semblait «paniqué» et «totalement débordé».

Dans les médias, le rôle d'un éventuel racisme est par ailleurs évoqué. Une accusation que Clément Leu, le commandant de la Police Régions Morges, avait d'ailleurs réfutée durant la polémique: «Je ne peux pas l'accepter comme critique. La couleur de peau n'a eu aucune influence sur les actes effectués par mes agents à ce moment-là», arguait-il.

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