Le Conseil national a une idée pour financer l'armée, et ça agace le PS
Pas de hausse de la TVA: telle est la maxime de la commission de la politique de sécurité du Conseil national. Lors de sa deuxième séance consacrée au financement du réarmement de l’armée, elle s’est mise d’accord sur un contre-projet à celui du Conseil des Etats.
Ce dernier prévoit ceci: la coopération internationale (CI) devra économiser 200 millions de francs. Les recettes des cantons issues de l’impôt fédéral direct seront elles aussi réduites de 400 millions. A cette fin, les reliquats de crédits non utilisés de la Confédération, d'un montant de 330 millions, seront affectés à l'armée, tout comme 400 millions de francs de recettes provenant de la TVA.
Avec ce contre-projet, le Conseil national entend générer les 1,3 milliard de francs qui devront être versés chaque année, de 2028 à 2045, dans un fonds à créer. Il s'agira alors de 24 milliards de francs au total. Le Conseil des Etats avait tracé une autre voie: une hausse de la TVA de 0,2% (800 millions) et un remboursement plus lent de la dette liée au covid (500 millions).
Il existe une autre différence entre les deux projets. Le Conseil des Etats a décidé que le fonds pourrait s’endetter jusqu’à 12 milliards. Le Conseil national, lui, s’en tient à 6 milliards seulement. Dans les coulisses, il se dit que la grande chambre œuvre en vue d’un compromis ultérieur à 9 milliards.
Querelle entre le PS et le Centre
Le PS critique maintenant le Centre. «Il a complètement plié», estime la conseillère nationale Linda De Ventura avant de poursuivre:
Pourtant, le PS a proposé au Centre «sur tous les canaux, y compris par le biais de son conseiller fédéral», de trouver ensemble une solution. «Mais le Centre a décidé d’accepter, avec l’UDC et le PLR, une politique radicale de démantèlement pour financer le réarmement.» Linda De Ventura annonce des conséquences:
Le Centre a-t-il vraiment plié? «C’est exactement le contraire», rétorque le conseiller national Reto Nause. Des propositions de la gauche demandaient de ne pas traiter l’objet du tout ou de stopper l’acquisition des F-35, explique-t-il:
La «preuve ultime», c’est que le PS rejette la hausse de la TVA.
«Où est la base d’une collaboration?», demande Reto Nause de manière rhétorique. Et d’ajouter: «Me faire balader, je sais le faire tout seul.» Le PS est resté bloqué à Woodstock, estime-t-il:
(trad. ysc)
