La Suisse votera sur le nucléaire et le foie gras en 2027
La population devra trancher sur le nucléaire le 28 février 2027. Elle devra décider si de nouvelles centrales nucléaires peuvent voir le jour en Suisse, dix ans après avoir interdit leur construction. Quatre autres sujets sont au programme des votations fédérales.
Le Conseil fédéral prévoit de lever l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. Il s'agit d'un contre-projet indirect à l'initiative populaire «Stop au blackout». Le comité d'initiative, composé de l'UDC, du PLR et de représentants de l'économie, s'est dit satisfait de cette contre-proposition.
Les Vert-e-s, le PS, le PVL, une partie du Centre y sont opposés. Les Suisses avaient accepté une sortie progressive du nucléaire en 2017 en interdisant la construction de nouvelles centrales.
Foie gras et naturalisation
La population devra également se prononcer sur l'initiative populaire «foie gras», qui veut interdire son importation.
Cette interdiction s'appliquerait aussi aux particuliers, qui ne pourraient plus importer ces produits pour leur consommation personnelle. Le texte dispose d'un large soutien, surtout en Suisse alémanique.
Les Suisses devront aussi prendre position sur l'initiative «pour la démocratie» qui veut uniformiser la naturalisation. Lancé par l'Action Quatre Quarts et soutenu par la gauche, le texte demande que la naturalisation soit possible après cinq ans de séjour légal en Suisse, indépendamment de l'autorisation d'établissement.
Actuellement, la loi exige au moins dix ans de domicile en Suisse dont trois sur les cinq ans ayant précédé le dépôt de la demande pour les titulaires d'un permis C. Le camp bourgeois est opposé au projet.
Huile de palme et CCT
L'accord de libre-échange entre l'AELE et la Malaisie figure aussi au menu des votations fédérales. Le Parlement soutient le texte qui doit réduire les droits de douane sur 12 500 tonnes d'huile de palme.
Mais une coalition de gauche et d'organisations a déposé un référendum. Elle s'inquiète des conséquences dévastatrices sur les forêts tropicales.
Enfin, la population se prononcera sur un projet du Conseil fédéral visant à faire primer les conventions collectives de travail (CCT) sur les salaires minimaux cantonaux. Les syndicats et la gauche s'y opposent.
Actuellement, une CCT ne peut être étendue que si elle ne contient rien de contraire au droit fédéral ou cantonal. Ainsi, les salaires minimaux cantonaux l'emportent sur ceux prévus par les CCT convenues entre les partenaires sociaux. Le projet prévoit d'inverser la pratique. (ats)
