Suisse
Politique

Le conseiller aux Etats Paul Rechsteiner plaide pour le droit du sol

La Suisse ne serait pas une vraie démocratie tant qu'elle n'applique pas le «jus soli»

Le conseiller aux Etats saint-gallois Paul Rechsteiner plaide pour une application du droit du sol. Il a déposé une motion en ce sens.
Le conseiller aux Etats saint-gallois Paul Rechsteiner plaide pour une application du droit du sol. Il a déposé une motion en ce sens. image:shutterstock
Un conseiller aux Etats réclame que la Suisse applique le «jus soli», le droit du sol. Toute personne qui est née en Suisse et a vécu un certain nombre d'années dans le pays devrait avoir droit au passeport suisse.
13.12.2021, 09:1413.12.2021, 12:02

Dans une interview, publiée lundi, dans les journaux de CH Media et dans les Schaffhauser Nachrichten, Paul Rechsteiner (PS/SG) posé un constat clair et net:

«Aujourd'hui, la Suisse est une démocratie aux trois quarts»

Comment ça?

Le Saint-Gallois a précisé sa pensée: effectivement, un quart des personnes qui vivent en Suisse ont un passeport étranger. Ces personnes sont exclues des droits civiques et cela doit changer. Paul Rechsteiner plaide pour l'application du principe «jus soli», le droit du sol.

Le «droit du sol», en quoi ça consiste?

C'est-à-dire que toute personne née en Suisse obtiendrait le passeport suisse. Quiconque naît dans un pays, y grandit, y travaille, y passe sa vie, fait partie de l'économie et de la société, devrait également avoir les droits correspondants en tant que citoyen. C'est un principe démocratique et de droits de l'homme, relève le Saint-Gallois.

Dans un rapport publié fin novembre, l'Observatoire du droit d'asile et des étrangers avait recommandé d'introduire le principe «jus soli».

Le Conseil fédéral ne serait pas à la hauteur

Aujourd'hui, les personnes qui souhaitent se faire naturaliser en Suisse doivent remplir des conditions différentes selon les communes et les cantons.

Le passeport suisse est réservé aux personnes qui vivent dans le pays depuis au moins dix ans et qui disposent de connaissances linguistiques suffisantes.

Les prétendants à la naturalisation doivent notamment passer un test de connaissances, et nous l'avions essayé.

Le Conseil fédéral n'est malheureusement pas à la hauteur sur cette question importante, déplore Paul Rechsteiner. Le Département de la justice met en avant la politique d'immigration restrictive, mais la naturalisation a à voir avec la manière dont on traite les personnes qui habitent en Suisse.

Quoi qu'il en soit, le Conseil des Etats se saisira du sujet mardi en traitant une motion déposée en mars par Paul Rechsteiner. (ats/mbr)

En parlant de Suisse, vive la neige (ou pas)...
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