Cette plaque est officiellement la plus chère de Suisse
La fin fut particulièrement palpitante: peu avant la clôture officielle des enchères, prévue à 17h00 mercredi, deux enchérisseurs se disputaient âprement la plaque «SO 1».
Chaque nouvelle offre prolongeait la vente de cinq minutes. A 17h26, c'est finalement l'utilisateur du nom d'«edelstark» qui l'a emporté. Pour pas moins de 390 000 francs, il ou elle a obtenu l'adjudication.
Le prix de départ était initialement fixé à 10 000 francs. Au total, 29 offres ont été déposées.
Un record absolu
Le précédent record établi lors d'une vente aux enchères officielle de plaques d'immatriculation, c'est-à-dire organisée par un canton, est ainsi battu. Il s'élevait à 299 000 francs pour la plaque «ZH 24», atteint en juillet 2024. La plaque «ZG 10» avait également été adjugée pour 233 000 francs auparavant.
Le numéro 1 le plus cher jusqu'ici était celui du Valais: en 2017, quelqu'un avait payé 160 100 francs pour «VS 1».
La plaque «SO 1» fut, en 1994, la première plaque d'immatriculation de Suisse à être mise aux enchères par un canton. A l'époque, elle était partie pour 20 000 francs. Depuis 2018, après le décès de son titulaire, elle est revenue entre les mains du canton.
Cette fois, pas de mauvaise blague
La vente aux enchères qui vient de s'achever était déjà le second essai pour remettre «SO 1» sur le marché. En décembre dernier, la course aux enchères pour cette plaque avait fait les gros titres dans tout le pays. Lorsque deux offres dépassant le million de francs furent soumises, l'Office de la circulation routière de Soleure tira le frein d'urgence et interrompit la vente après moins de deux jours.
Il s'agissait manifestement d'offres fantaisistes et abusives. Les plaisantins de l'époque ont depuis lors été dénoncés par l'Office.
Pour la présente vente, le Service des véhicules à moteur a revu ses conditions générales. Toute personne souhaitant participer aux enchères devait créer un nouveau compte. La nouvelle procédure d'inscription comprend, outre les informations habituelles, telles que le nom, l'adresse et l'âge, une identification au moyen d'un document de référence, comme le permis de conduire, la carte d'identité ou le passeport. De plus, l'Office de la circulation routière peut effectuer des vérifications de solvabilité ou exiger le versement d'un dépôt.
Ce qu'il advient de l'argent
Mais que va-t-il advenir du produit de la vente? Même si l'on pourrait en faire bien des choses agréables, la réponse est relativement peu spectaculaire. Le produit est affecté à un usage déterminé et sera versé dans le budget de construction routière du canton.
Il servira à financer de nouveaux projets ainsi que l'entretien des routes. En moyenne, l'Office de la circulation routière perçoit un peu plus d'un million de francs par an grâce aux enchères et aux ventes directes.
Si l'enchérisseur le plus offrant ne s'acquittait pas du paiement malgré la vérification préalable de sa solvabilité, la plaque resterait dans les mains du canton, comme le chef de l'Office, Kenneth Lützelschwab, l'avait déjà expliqué en décembre dernier. La plaque ne reviendrait donc pas automatiquement à la personne ayant présenté la deuxième offre la plus élevée.
