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Politique

L'initiative Internet veut mettre au pas les géants de la tech

Ces Suisses comptent mettre au pas les géants de la tech

Avec son «Initiative Internet», la Fondation Fluri veut responsabiliser et sanctionner les plateformes numériques qui manqueraient à leur devoir de diligence.
03.03.2026, 15:1503.03.2026, 15:18

La Fondation Guido Fluri est passée à l'action. Elle a lancé, mardi, une initiative pour responsabiliser les plateformes numériques, les moteurs de recherche et l’intelligence artificielle (IA).

«Nos droits fondamentaux sont menacés par les géants de la tech»
Guido Fluri auteur de l'«Initiative internet»

Selon l'entrepreneur argovien, le modèle économique des géants du numérique favorise la diffusion de contenus problématiques tout en externalisant les conséquences.

Les partis montent au front

Le comité constitué de politiciens de l'UDC, du PS, du Centre, du PLR, des Verts et du PVL demande notamment que les entreprises désignent un représentant légal en Suisse. Le texte envisage la possibilité de sanctions financières. Et, en dernier recours: des restrictions d’accès aux plateformes concernées.

Gerhard Andrey, GP-FR, links, und Guido Fluri, Urheber der Internet-Initiative, Praesident der Guido Fluri Stiftung, rechts, sprechen an einer Medienkonferenz zur Lancierung der Volksinitiative zum Sc ...
Le député Gerhard Andrey (à g., Les Vert-e-s) et l'entrepreneur Guido Fluri face aux médias, ce mardi à BerneKeystone

Pour le conseiller national écologiste Gehrard Andrey, «les géants de la tech ne devraient plus se contenter d'optimiser leur portée, mais devraient limiter les risques.»

«Il faut changer de paradigme: sortir de l’économie du clic pour privilégier la qualité dans l’espace public numérique»
Gerhard Andrey, conseiller national (Verts/FR)

Un cran plus loin

L'initiative s'inscrit dans la continuité de la nouvelle loi présentée en octobre par le Conseil fédéral sur les plateformes de communication et les moteurs de recherche. Un texte pour «renforcer les droits des utilisateurs et contraindre les plateformes à plus d'équité et de transparence».

«Insuffisant» pour le comité qui juge le texte édulcoré et affaibli par le Conseil fédéral sous la pression des groupes technologiques et par crainte de mesures de rétorsion dans le conflit douanier avec les Etats-Unis.

Les initiants souhaitent un cadre constitutionnel «plus ambitieux», en intégrant notamment l'IA générative dans ce champ des obligations.

«Contenus criminels»

Pour le comité, les plateformes de communication numériques diffusent en masse des contenus criminels et dangereux pour l'Etat. Avec comme premières victimes: les enfants et les adolescents, menacés dans l'espace numérique par des images illégales de violence et d'abus. La cybercriminalité et les campagnes de désinformation étrangères sont également pointées du doigt. L'«Initiative Internet» permettrait à la Suisse de retrouver un Internet sûr.

Sophie Michaud Gigon, Nationalraetin GP-VD, spricht waehrend einer Medienkonferenz des ueberparteilichen Ja-Komitees zur Individualbesteuerung im Hinblick auf die Referendumsabstimmung vom 8. Maerz, a ...
Sophie Michaud Gigon (Les Vert-e-s/VD)Keystone

Sophie Michaud Gigon, conseillère nationale écologiste vaudoise et secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC) veut un encadrement plus strict des plateformes.

«Les entreprises en ligne tirent profit des agissements criminels en diffusant des publicités frauduleuses. Il s'agit de milliards de bénéfices pour les géants de la tech, tandis que des personnes ici en Suisse perdent leurs économies. Ces entreprises ne peuvent plus passer sous les radars: elles doivent être encadrées. L'Initiative Internet constitue une étape décisive sur cette voie.»
Sophie Michaud Gigon, conseillère nationale

Assumer les conséquences

Le conseiller national socialiste Samuel Bendahan a, lui, mis en garde contre l'influence croissante des grandes plateformes sur le débat public. «Si les entreprises fournissent un service, elles doivent en assumer les conséquences», a-t-il déclaré.

Samuel Bendahan, Nationalrat SP-VD, spricht waehrend einer Medienkonferenz des ueberparteilichen Ja-Komitees zur Individualbesteuerung im Hinblick auf die Referendumsabstimmung vom 8. Maerz, am Donner ...
Le socialiste Samuel Bendahan en première ligne contre les géants de la techKeystone

Les initiants ont jusqu'au 3 septembre 2027 pour récolter les 100 000 signatures nécessaires à la réalisation de leur projet. (aba/ats)

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