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Les femmes veulent peser davantage au Parlement suisse

Les femmes veulent peser davantage au Parlement suisse

A un an des élections fédérales, trois conseillères nationales de partis différents défendent le rôle des femmes sous la Coupole.
01.11.2026, 15:0901.11.2026, 15:09
Nationalraetin Simone De Montmollin, FDP-GE, Nationalraetin Kathrin Bertschy, GLP-BE und Nationalraetin Franziska Ryser, GP-SG, von links, vom Komitee zu Nein-Argumente zur Mitte-Initiative zur Abscha ...
Malgré plusieurs avancées en matière d'égalité, elles estiment que des progrès restent nécessaires et visent la parité au Parlement.Keystone

A un an des élections fédérales, les femmes revendiquent leur place sous la Coupole à Berne. La Suisse a selon elles encore des progrès à faire dans les domaines de politique familiale, de violence genrée et d'égalité économique. Trois politiciennes témoignent.

A la question de savoir si les femmes jouent un rôle particulier sous la Coupole fédérale, Simone de Montmollin (PLR/GE), Kathrin Bertschy (PVL/BE) et Tamara Funiciello (PS/BE), toutes au Conseil national, répondent par un oui ferme et combatif.

«Plus il y a de femmes au Parlement, plus les questions qui les concernent sont traitées et plus elles sont susceptibles de rallier des majorités.»
Kathrin Bertschy 

Kathrin Bertschy est la co-présidente d'Alliance F, la faîtière non partisane dédiée aux droits des femmes.

Durant cette 52e législature, des avancées concrètes ont été obtenues grâce aux femmes, comme la nouvelle loi nationale sur les crèches, le numéro de téléphone 142 pour les victimes de violence, le stalking (harcèlement obsessionnel) désormais reconnu comme délit pénal, l'introduction de l'imposition individuelle indépendamment de l'état civil, énumère Tamara Funiciello.

Solidarité interpartis

Ces nouveaux acquis résultent souvent d'alliances de femmes au-delà de leurs partis respectifs. Par exemple, fin 2024, le Conseil des Etats crée la surprise en donnant suite à une proposition pour pénaliser les appels à la haine et à la violence en raison du sexe.

Toutes les femmes du conseil, d'Esther Friedli (UDC) à Céline Vara (Vert-e-s), votent pour, contre l'avis de la commission. L'objet passe la rampe à trois voix près, ouvrant la voie aux travaux de mise en oeuvre.

De l'avis des intéressées, les femmes changent la dynamique du débat. «Il existe entre femmes une certaine communauté d'expérience: nous savons ce que représentent certains arbitrages professionnels ou familiaux, certaines attentes et le fait de devoir sans cesse faire ses preuves dans des milieux longtemps masculins», explique Simone de Montmollin.

«Je trouve chez beaucoup de femmes une approche relationnelle moins immédiatement compétitive», poursuit la Genevoise, ce qui ne les empêche pas d'avoir aussi de l'ambition et de l'ego. L'utilité de l'action et ses conséquences concrètes priment.

Des ponts malgré nos différences

Ce dialogue plus fluide ne gomme cependant pas les différences de convictions sur les solutions, leur financement et le rôle de l'Etat. «Il n'y a pas que le critère 'femme' dans l'identité politique, mais il y des paysannes, des entrepreneuses, des migrantes, des citadines», énumère Tamara Funiciello. «Notre capacité à construire des ponts a d'autant plus de valeur que nous assumons nos différences», souligne Simone de Montmollin.

Certains hommes seraient tentés de penser qu'il y a déjà assez de lois pour garantir l'égalité des sexes. Mais pour Kathrin Bertschy, il reste encore beaucoup de travail sur la table.

Et de citer de meilleures conditions pour concilier travail et famille, un renforcement de la protection des femmes et des filles contre la violence genrée et domestique, la lutte contre les algorithmes qui reproduisent les stéréotypes existants, la fin des discriminations médicales.

Autonomie financière

Tamara Funiciello milite surtout pour l'indépendance économique des femmes. «Aujourd'hui, elles bossent plus, mais gagnent moins», résume la Bernoise. Le ménage, les enfants, les soins aux seniors, toutes ces tâches limitent leur disponibilité à travailler plus, ce qui entraîne un manque important de revenu, poursuit-elle. Il faut changer cela.

Interrogées sur l'unique candidature de Céline Amaudruz face à sept hommes pour le Conseil fédéral, les trois parlementaires estiment que le choix du ticket appartient à l'UDC. Kathrin Bertschy déplore pour sa part l'impréparation de l'UDC, alors que le départ de Guy Parmelin était attendu.

Tamara Funiciello n'est elle pas surprise par le manque de choix féminin offert par l'UDC, «un parti qui juge que l'égalité n'est pas un problème, que la violence faite aux femmes n'est pas un problème sociétal ou que la violence qui se passe dans la famille, c'est du privé», conclut-elle.

Objectif: 50% au Parlement

Au Parlement, les femmes occupent actuellement 98 sièges sur 246, dépassant le record de la fin de la législature 2019-2023 (96). Elles sont 83, soit 41%, au National et 15 au Conseil des Etats (33%).

«Notre but est toujours d'atteindre 50% des sièges au Parlement», rappelle Kathrin Bertschy. Mais compte tenu de la prime au sortant dont bénéficient les hommes, Alliance F vise une progression de 3 à 5%. Rendez-vous le 24 octobre 2027. (dal/ats)

Ce 14 juin, elles dénoncent le sexisme en politique
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