La Suisse romande pourrait compliquer les plans de Migros
Le directeur de Migros, Mario Irminger, n'aime guère évoquer le scénario d'un échec. «Il existe un plan A. Aujourd'hui, il n'y a pas de plan B», affirme-t-il. La question se pose pourtant: un plan B sera-t-il nécessaire si le projet de centralisation n'obtient pas le feu vert?
Cette semaine, les dirigeants de Migros ont présenté leur projet de centralisation historique de la coopérative. Pour fusionner les dix organisations régionales et la centrale de Zurich en une seule coopérative de groupe, des votes au sein des membres devront être organisés dans toutes les régions. Chaque scrutin devra atteindre un taux de participation de 25% et obtenir une majorité des deux tiers.
Mais Mario Irminger craint que les obstacles ne soient pas les mêmes partout. «Nous partons du principe que la situation de départ est quelque peu différente en Suisse alémanique, en Suisse romande et au Tessin», a-t-il déclaré cette semaine à l'émission Schweiz heute.
Un Röstigraben pourrait-il donc se dessiner, avec un oui en Suisse alémanique et un non en Suisse romande, face à une concentration du pouvoir à Zurich? «J'espère que non», répond Mario Irminger.
L'émission Schweiz heute a sondé son public à travers deux consultations en ligne. Les résultats ne sont pas représentatifs, mais ils tendent à montrer que le directeur de Migros n'a peut-être pas tort dans son analyse.
En Suisse romande, le scepticisme est plus marqué. Selon notre sondage, auquel quelque 120 personnes ont participé, 41% se disent favorables au projet de réforme de Migros. Une proportion presque aussi importante, soit 37%, n'est toutefois pas convaincue. 10% sont indécises et 12% ont préféré ne pas se prononcer.
Le résultat est nettement différent en Suisse alémanique. Parmi les quelque 700 personnes ayant répondu à la consultation de Schweiz heute, 70% se montrent favorables aux projets de réforme de Migros. Seules 25% souhaitent conserver la structure actuelle, tandis que 5% sont encore indécises.
Mario Irminger semble donc avoir raison lorsqu'il estime qu'une campagne convaincante sera nécessaire. Surtout en Suisse romande. (trad. tib)
