Suisse
Conseil national

Votation UDC: Des élues insultées sur les réseaux sociaux

«Sorcière»: Ces élues ont passé un sale moment lors des dernières votations

Les conseillères nationales Elisabeth Schneider-Schneiter (à gauche), Susanne Vincenz-Stauffacher (en haut à droite) et Farah Rumy (en bas à droite) ont dénoncé les insultes reçues en ligne.
Les conseillères nationales Elisabeth Schneider-Schneiter (à gauche), Susanne Vincenz-Stauffacher (en haut à droite) et Farah Rumy (en bas à droite) ont dénoncé les insultes reçues en ligne.Image: Keystone / Montage watson
Des élus et des élues de tous bords ont dénoncé une campagne marquée par la haine, dans le cadre de la votation sur une Suisse à 10 millions d'habitants. Trois conseillères nationales, en particulier, dénoncent des insultes — souvent sexistes — sur les réseaux sociaux. Tour d'horizon.
21.06.2026, 18:4921.06.2026, 18:49
Anna Wanner, / ch media

Les opposants et opposantes à l’initiative d'une Suisse à 10 millions ont été confrontés à une nouvelle dimension de haine sur les réseaux sociaux: l'utilisation de bots durant la campagne a rendu tout débat démocratique quasiment impossible.

Des attaques et des insultes

A la satisfaction suscitée par la victoire dans les urnes a immédiatement succédé l’épuisement. La campagne autour de l’initiative de l’UDC a coûté beaucoup d’énergie à de nombreux élus. Conseillers nationaux et conseillers aux Etats se sont engagés dans des débats publics, ont publié des messages sur les réseaux sociaux et multiplié les discussions, tant dans leur sphère privée que professionnelle.

A propos de la campagne autour de cette votation 👇

Mais ce n’est pas seulement cet engagement intense qui pèse encore sur les épaules des responsables politiques au lendemain de la votation. Beaucoup racontent aussi, indépendamment les uns des autres, avoir du mal à digérer les insultes et les attaques dont ils ont été la cible pendant la campagne.

Que les campagnes de votation se déroulent parfois avec des méthodes musclées n’a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est l’ampleur et la rapidité des réactions sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de X, Facebook ou Instagram.

700 réactions en une nuit

La conseillère nationale socialiste Farah Rumy raconte avoir publié un message un soir. «Le lendemain matin, il y avait déjà 700 réactions». Selon elle, ce n’est pas normal. D’autant que nombre de ces commentaires étaient blessants et grossiers.

Farah Rumy, SP-SO, spricht zur Umsetzung der Pflegeinitiative, an der Sondersession des Nationalrates, am Dienstag, 28. April 2026 im Nationalrat in Bern. (KEYSTONE/Alessandro della Valle)
La conseillère nationale Farah Rumy.Keystone

La conseillère nationale du Centre Elisabeth Schneider-Schneiter a vécu une expérience similaire, avec une intensité qu’elle n’avait encore jamais connue. Les attaques provenaient souvent de profils anonymes, ce qu'elle dénonce:

«Il est évidemment plus facile d’insulter quelqu’un derrière un compte anonyme»
Nationalraetin Elisabeth Schneider-Schneiter, Mitte-BL, spricht waehrend der Debatte "26.033 BRG. Freihandelsabkommen zwischen den EFTA-Staaten und Mercosur. Genehmigung", waehrend der Somme ...
La conseillère nationale Elisabeth Schneider-Schneiter.Keystone

Particulièrement exposée en raison de sa fonction de coprésidente du PLR, la conseillère nationale saint-galloise Susanne Vincenz-Stauffacher ne peut qu’approuver ce constat:

«La quantité de boue déversée sur nous est effrayante. J’ai été tour à tour traitée d’ennemie de l’Etat, de traîtresse à la patrie ou encore de sorcière»
La co-présidente de PLR, Susanne Vincenz-Stauffacher, plaide pour une alliance des partis bourgeois sur la question du financement de l'armée.
La conseillère nationale Susanne Vincenz-Stauffacher.Image: Keystone

Une armée de bots

Tout le monde n’est pas prêt à continuer à subir cela. Certains parlementaires ont depuis longtemps réduit leur présence sur les réseaux sociaux, voire les ont complètement quittés.

Pour les trois élues, une véritable confrontation d’arguments et d’opinions n’a plus lieu, car ces interventions ne proviennent pas seulement de profils anonymes, mais aussi de bots, soit des réponses générées automatiquement par l’intelligence artificielle. Plusieurs groupes d’extrême droite figureraient parmi les acteurs à l’origine de ces campagnes. (btr/az)

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L'initiative UDC «Pas de Suisse à 10 millions» expliquée
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