«Sorcière»: Ces élues ont passé un sale moment lors des dernières votations
Les opposants et opposantes à l’initiative d'une Suisse à 10 millions ont été confrontés à une nouvelle dimension de haine sur les réseaux sociaux: l'utilisation de bots durant la campagne a rendu tout débat démocratique quasiment impossible.
Des attaques et des insultes
A la satisfaction suscitée par la victoire dans les urnes a immédiatement succédé l’épuisement. La campagne autour de l’initiative de l’UDC a coûté beaucoup d’énergie à de nombreux élus. Conseillers nationaux et conseillers aux Etats se sont engagés dans des débats publics, ont publié des messages sur les réseaux sociaux et multiplié les discussions, tant dans leur sphère privée que professionnelle.
Mais ce n’est pas seulement cet engagement intense qui pèse encore sur les épaules des responsables politiques au lendemain de la votation. Beaucoup racontent aussi, indépendamment les uns des autres, avoir du mal à digérer les insultes et les attaques dont ils ont été la cible pendant la campagne.
Que les campagnes de votation se déroulent parfois avec des méthodes musclées n’a rien de nouveau. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est l’ampleur et la rapidité des réactions sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de X, Facebook ou Instagram.
700 réactions en une nuit
La conseillère nationale socialiste Farah Rumy raconte avoir publié un message un soir. «Le lendemain matin, il y avait déjà 700 réactions». Selon elle, ce n’est pas normal. D’autant que nombre de ces commentaires étaient blessants et grossiers.
La conseillère nationale du Centre Elisabeth Schneider-Schneiter a vécu une expérience similaire, avec une intensité qu’elle n’avait encore jamais connue. Les attaques provenaient souvent de profils anonymes, ce qu'elle dénonce:
Particulièrement exposée en raison de sa fonction de coprésidente du PLR, la conseillère nationale saint-galloise Susanne Vincenz-Stauffacher ne peut qu’approuver ce constat:
Une armée de bots
Tout le monde n’est pas prêt à continuer à subir cela. Certains parlementaires ont depuis longtemps réduit leur présence sur les réseaux sociaux, voire les ont complètement quittés.
Pour les trois élues, une véritable confrontation d’arguments et d’opinions n’a plus lieu, car ces interventions ne proviennent pas seulement de profils anonymes, mais aussi de bots, soit des réponses générées automatiquement par l’intelligence artificielle. Plusieurs groupes d’extrême droite figureraient parmi les acteurs à l’origine de ces campagnes. (btr/az)
