Le coprésident du PS échappe à des poursuites après un post sur les néonazis
Le coprésident du PS et conseiller national Cédric Wermuth devrait échapper à des poursuites pénales. La commission compétente du Conseil national refuse de lever son immunité, comme elle l’a décidé à l’unanimité lundi.
Fin mai, Cédric Wermuth avait associé l’influenceur Joung Gustav au mouvement néonazi dans une publication sur Instagram et Facebook. La Suisse se trouvait alors en pleine campagne de votation sur l’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions».
Cédric Wermuth avait publié une capture d’écran d’une vidéo TikTok de Joung Gustav dans laquelle ce dernier s’exprimait en faveur de l’initiative. Dans la légende, Cédric Wermuth avait écrit que le jour de la votation montrerait si «le mouvement néonazi et d’extrême droite en plein essor fait partie des gagnants».
Cédric Wermuth a ensuite supprimé le terme «néonazi». Il ne voulait pas déclencher de débat autour de ce terme, a-t-il déclaré au Tages-Anzeiger, qui avait révélé l’affaire. «Ma préoccupation était et reste que la campagne sur la Suisse à 10 millions soit utilisée par des groupes d’extrême droite pour rendre leurs positions plus acceptables.»
Joung Gustav a porté plainte contre Cédric Wermuth pour diffamation et calomnie. Il est l’un des influenceurs suisses ayant la plus grande audience. Sur TikTok, 5,4 millions de personnes le suivent et certaines de ses vidéos cumulent largement plus de dix millions de vues.
Joung Gustav s’est fait connaître grâce à des vidéos humoristiques et apolitiques, mais diffuse parfois de la propagande d’extrême droite sur un deuxième compte, fait l’éloge du groupuscule militant Junge Tat et reprend à son compte des termes issus de la scène néonazie, comme l’a rapporté le SonntagsBlick.
Après des déclarations controversées sur la politique d’asile, Joung Gustav a perdu plusieurs partenariats commerciaux. Migros a notamment retiré sa boisson vitaminée de son assortiment.
Un «ton rugueux» sur les réseaux sociaux
En Suisse, les parlementaires bénéficient en principe d’une immunité pour d’éventuelles infractions en lien avec leur mandat. Pour que le Ministère public argovien puisse enquêter sur Cédric Wermuth, il lui faut l’accord du Parlement. La commission compétente du Conseil national réunit des parlementaires de tous les partis, dont Mattea Meyer, qui copréside le PS avec Cédric Wermuth.
Après la décision de la commission de l’immunité du Conseil national, l’affaire passe désormais devant la commission compétente du Conseil des Etats.
Il est relativement rare que le Parlement lève l’immunité d’un responsable politique. La commission tranche généralement en faveur de la liberté d’expression. C’est également ainsi qu’elle justifie sa décision dans le cas de Cédric Wermuth: ses propos doivent être considérés dans le contexte «d’une campagne de votation politique intense», dans laquelle «un ton rugueux» est habituel, «en particulier sur les réseaux sociaux».
Depuis 2012, la commission n’a levé l’immunité que dans trois cas. Le dernier concernait le conseiller national UDC Andreas Glarner. Une enquête est en cours contre Andreas Glarner en raison d’une vidéo de la conseillère nationale des Verts Sibel Arslan générée par intelligence artificielle.
(traduit et adapté par mbr)
