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Le complot du WEF: le livre choc sur la chute de Klaus Schwab

«Le complot du WEF»: le livre choc est à paraître le 5 novembre.
Le complot du WEF: le livre choc est à paraître le 5 novembre.Image: keystone / dr (montage)

Un livre révèle le «complot du Forum de Davos»

Un an et demi après son départ fracassant du Forum économique mondial, Klaus Schwab est de retour. Un nouveau livre dévoile les coulisses de son éviction et de l'enquête à plusieurs millions de francs qui a suivi. Son retour à Davos pourrait bien se profiler.
03.11.2026, 05:3003.11.2026, 05:30
Patrik Müller
Patrik Müller

Klaus Schwab a fait cette semaine sa première réapparition officielle dans le cadre du Forum économique mondial (WEF). Loin de Davos, à Pékin. Un an et demi après sa démission fracassante, il a échangé dans la capitale chinoise avec de jeunes dirigeants: les «Young Global Leaders» et les «Global Shapers». Klaus Schwab avait lui-même fondé ces organisations du WEF pour promouvoir les talents et rajeunir le Forum.

Sur LinkedIn, Schwab a publié une photo en compagnie de ces dirigeants devant le logo du WEF. D'autres clichés le montrent lors d'une rencontre avec des «dirigeants d'entreprises et d'institutions», comme il l'écrit.

C'est presque comme si Klaus Schwab n'était jamais parti. Pourtant, en janvier 2026, il avait manqué pour la première fois la réunion annuelle du WEF depuis la création du Forum en 1971. La rupture était survenue à Pâques 2025. Schwab avait quitté le WEF avec effet immédiat. S'en étaient suivis des affrontements publics et d'autres départs, notamment celui du président par intérim Peter Brabeck, puis celui du directeur général Børge Brende.

Le complot du WEF

Schwab sera-t-il de retour à Davos en janvier 2027? Selon les informations de CH Media (éditeur de watson), la question fait actuellement l'objet de discussions. Ces signes annonciateurs d'un retour interviennent quelques jours avant la publication d'un livre écrit par Dirk Schütz, rédacteur en chef de Bilanz. Intitulé Le complot du WEF, l'ouvrage paraîtra le 5 novembre.

Nous avons pu le consulter en avant-première. En s'appuyant sur des documents internes et des courriels jusqu'ici inconnus, Dirk Schütz reconstitue l'affaire qui avait fait les gros titres dans le monde entier.

Nous sommes le mercredi 16 avril 2025, à 5h05. Un courriel anonyme arrive dans les boîtes de réception des 23 membres du conseil de fondation du WEF. Son objet: «Défaillances dans la gouvernance d'entreprise et abus de pouvoir au WEF». Un groupe prétendument composé de collaborateurs actuels et anciens formule onze graves accusations contre Klaus Schwab et son épouse Hilde.

En cause: un message de neuf pages, qui contient des accusations concernant des notes de frais abusives, des avantages personnels et le traitement réservé aux employés. Une grande partie de ces éléments n'est pas nouvelle. Dès 2024, le Wall Street Journal avait fait état d'une culture d'entreprise prétendument toxique. Deux cabinets d'avocats avaient enquêté sur ces accusations. En mars 2025, Peter Brabeck, alors vice-président du WEF, avait informé le conseil de fondation que l'enquête n'avait révélé aucune violation de la loi.

Mais ce nouveau courrier contient des informations internes étonnamment précises. Il fait référence à des déclarations figurant dans le premier rapport d'enquête confidentiel, auquel seul un cercle restreint de personnes avait accès, selon Dirk Schütz. L'auteur du livre soupçonne les informateurs de se trouver au cœur même de la direction du WEF.

Le rôle du patron d'Axa

Parmi eux, Thomas Buberl aurait joué un rôle décisif. Le patron du groupe d'assurances Axa dirige le comité d'audit et des risques du WEF et avait déjà supervisé la première enquête. Le 17 avril, à 13h56, il envoie un courriel aux membres du conseil de fondation. Moins de 33 heures se sont écoulées depuis la réception de la lettre anonyme.

Thomas Buberl annonce que le comité a décidé à l'unanimité d'ouvrir une nouvelle enquête indépendante. Le cabinet d'avocats zurichois Homburger sera une nouvelle fois mandaté. La décision est prise à une vitesse fulgurante, sans que Klaus Schwab ait été entendu au préalable.

Retour en avril 2025, jour du Vendredi saint: le conflit s'envenime. Klaus Schwab écrit à Thomas Buberl qu'il est profondément choqué par sa manière de procéder. Il annonce vouloir déposer une plainte pénale contre les auteurs des accusations anonymes et exige le retrait de la communication du patron d'Axa. Klaus Schwab pose alors une question explosive: Thomas Buberl avait-il été informé du contenu de la lettre anonyme avant même sa réception? Ce dernier rejette cette insinuation avec indignation.

Coupé du WEF

Peter Brabeck, autrefois ami de Klaus Schwab, accentue lui aussi la pression. Il exige la tenue d'une réunion extraordinaire le dimanche de Pâques et menace de démissionner. L'investisseur financier américain David Rubenstein conseille alors à Schwab d'avancer son départ, déjà prévu, afin d'éviter «d'autres dommages» au WEF. L'argument fait mouche: Schwab pense pouvoir empêcher que les accusations anonymes soient rendues publiques en démissionnant. Une erreur de jugement.

Le Samedi saint, à 22h08, Schwab envoie sa lettre de démission aux membres du conseil de fondation. Brabeck prend provisoirement les commandes. Et impose sa fermeté. Klaus Schwab est coupé de tous les bâtiments et systèmes du WEF. Il n'a même plus le droit d'accéder à son bureau, situé sur le site de Cologny, situé proche de son domicile privé. Il n'a même pas le droit d'aller récupérer son manteau, resté accroché dans son bureau, comme le rapporte Dirk Schütz.

Une enquête «disproportionnée»

La deuxième enquête dure plusieurs mois. Plus de 100 000 courriels et 65 000 documents sont examinés, et des dizaines de personnes interrogées. Selon les calculs de Dirk Schütz, les deux enquêtes ont coûté au total plus de 5 millions de francs. Une somme puisée dans les ressources du WEF.

En août 2025, le WEF annonce qu'aucun élément ne permet de conclure à une faute grave de Klaus Schwab. Son épouse Hilde est également mise hors de cause. Des irrégularités sont toutefois constatées dans la distinction entre dépenses privées et professionnelles. Selon le livre, il s'agit de quelque 35 000 francs de frais de voyage contestés. Cinq millions de francs dépensés pour les enquêtes, qui débouchent finalement sur un litige concernant 35 000 francs de frais: pour Dirk Schütz, c'est le signe d'une disproportion manifeste.

Une autre tête tombe

Dans le sillage de l'enquête, une autre tête tombe: celle de Peter Brabeck, qui démissionne. Larry Fink (73 ans) et André Hoffmann (68 ans) prennent les rênes du WEF en tant que coprésidents. Ils devraient également rester aux commandes lors de la prochaine réunion annuelle, mais guère au-delà. Depuis son départ de la BCE, Christine Lagarde (70 ans) a de nouveau de réelles chances de leur succéder. Mais une candidature surprise n'est pas exclue. Dans les coulisses, le nom de Philipp Hildebrand (63 ans) circule également. Son parcours correspondrait au profil recherché: ancien président de la Banque nationale suisse, vice-président de BlackRock et un style de Suisse très «neutre».

Le feuilleton à suspense du WEF, reconstitué par Schütz, n'est pas encore terminé. Ce qui semblait presque inimaginable après l'escalade du conflit à Pâques pourrait finalement se produire: une succession à la tête du WEF conforme aux souhaits de Klaus Schwab.

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