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Face aux réfugiés ukrainiens, les cantons confrontés à plusieurs défis

Face aux réfugiés ukrainiens, les cantons se confrontent à plusieurs défis

Malgré la baisse de demandes d'asile des réfugiés ukrainiens, la période estivale approchant fait naître de nombreux autres défis auxquels les cantons doivent faire face.
09.06.2022, 18:2410.06.2022, 05:46
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Les arrivées de réfugiés ukrainiens en Suisse ralentissent. Le pays enregistre actuellement 1000 à 1500 demandes par semaine, contre un millier par jour en mars et en avril. Plusieurs défis attendent toutefois les cantons avec les vacances d'été.

La situation s'est détendue ces dernières semaines avec une «baisse significative» des demandes, a souligné jeudi David Keller, directeur de l'état-major de crise pour l'asile au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), devant les médias à Berne.

«Le nombre de requérants d'asile est toujours quatre fois plus élevé qu'en temps normal. Cette situation devrait perdurer durant l'été, éventuellement avec un petit fléchissement»
David Keller, directeur de l'état-major de crise pour l'asile au Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM)
David Keller, Leiter Krisenstab Asyl, Staatssekretariat fuer Migration SEM, spricht an einem Point de Presse ueber die Situation im Ukraine Konflikt, am Donnerstag 21. April 2022, in Bern. (KEYSTONE/P ...
David Keller, directeur du SEM, lors d'un point de presse sur la situation dans le conflit ukrainien, le 21 avril 2022.Image: sda

Jusqu'à 120 000 Ukrainiens en Suisse

Selon les chiffres publiés jeudi par le SEM, 56 106 personnes ont déposé à ce jour une demande de statut S. Et 53 307 personnes ont obtenu ce statut de protection temporaire. Un refus ou un examen plus approfondi du dossier s'est imposé dans 260 cas, selon David Keller.

Au total, la Confédération s'attend à ce que 80 000 à 120 000 Ukrainiens soient accueillis en Suisse cette année, a souligné le responsable du SEM. Selon lui, environ 200 personnes ont quitté la Suisse. Le SEM a ordonné que le statut S leur soit retiré.

La pression baisse aussi sur les cantons, ce qui leur donne «un peu d'air», a souligné Gaby Szöllösy, secrétaire générale de la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS). Quelque 9000 lits sont libres dans les structures d'accueil cantonales et communales. C'est 1200 de plus que la semaine précédente.

Gaby Szöllösy, secrétaire générale de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales.
Gaby Szoelloesy, secrétaire générale de la CDAS, lors d'un point de presse sur la situation dans le conflit ukrainien, le 24 mars 2022Image: Keystone

Moins de familles d'accueil?

Les cantons redoutent toutefois un regain de tension avec l'été. De nombreuses familles d'accueil se sont engagées à héberger des réfugiés ukrainiens durant trois mois. Ce délai de 90 jours approche.

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Avec les vacances d'été, certaines familles pourraient être tentées de mettre fin à l'expérience, a expliqué Gaby Szöllösy, qui assure comprendre leurs motivations. «La société civile nous a beaucoup aidés», a ajouté la responsable, saluant les efforts faits durant trois mois.

Une certaine «tendance» en ce sens est perceptible dans quelques cantons, a-t-elle ajouté. Si elle se confirme, il faudra replacer les personnes concernées dans certaines structures étatiques. «Un canton romand» ayant répondu à la CDAS a évoqué le nombre de «plusieurs centaines de familles» à reloger.

La Confédération et les cantons travaillent à des solutions à long terme, notamment en vue de la prochaine année scolaire. Il faut éviter que les enfants n'aient à changer trop souvent d'école.

David Keller a par ailleurs souligné qu'en cas de retrait des familles d'accueil, ce sont les cantons qui sont responsables de reloger les réfugiés. Aucune nouvelle répartition entre les cantons n'est prévue.

Assurance maladie obligatoire

Un autre défi se dessine: après 90 jours passés en Suisse, les Ukrainiens seront soumis à l'obligation de contracter une assurance maladie. Pour les personnes bénéficiant de l'aide sociale, ce sont les autorités sociales qui s'en occuperont. Dans le cas contraire, la CDAS conseille de s'adresser aux autorités sociales de la commune concernée. (ats/mndl)

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