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Avec le #NoNutNovember, on peut se demander si se priver de sexualité est vraiment une bonne idée.
Avec le #NoNutNovember, on peut se demander si se priver de sexualité est vraiment une bonne idée.Image: Shutterstock

«L'abstinence sexuelle augmente le risque de maladie grave»

Ne pas éjaculer durant un mois, voici le défi que se sont lancé ceux qui participent au #NoNutNovember. Mais est-ce une bonne idée, et l'abstinence peut-elle impacter notre santé mentale et physique? Réponse en 4 questions.
02.11.2021, 06:0603.11.2021, 12:21
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Ejaculer, c'est mauvais pour la santé?

A priori non, bien au contraire, selon les experts interrogés. «On parle souvent des dangers de l'activité sexuelle, comme les MST ou les grossesses indésirées, mais on évoque rarement les effets positifs», constate Francesco Bianchi-Demicheli, professeur de sexologie aux HUG. Et le spécialiste de lister les nombreux atouts du sexe, selon différentes études:

  • Une réduction des maladies cardio-vasculaires
  • Une diminution des risques de certains cancers, notamment celui de la prostate
  • Une meilleure résistance au stress
  • Des effets bénéfiques sur la santé mentale
«On peut donc se demander si se priver de sexualité est vraiment une bonne idée. Une étude sur des Anglais de plus de 50 ans a montré que moins les personnes ont de rapports sexuels, plus leur risque de souffrir d'une maladie grave augmente. Clairement, l'abstinence, ce n'est pas bon pour notre santé.»
Francesco Bianchi-Demicheli

L'abstinence a-t-elle des effets bénéfiques?

A écouter le médecin-sexologue Pierre-Alain Nicod, le défi pourrait avoir un impact positif sur la libido des participants, notamment chez les couples. «Si Madame trouve que Monsieur en veut trop, l'abstinence durant une certaine période peut faire renaître le désir. L'envie, ça vient quand on attend.»

Francesco Bianchi-Demicheli nuance toutefois: «De ce que j'observe en consultation, l'abstinence ne va pas augmenter le désir de ceux qui n'en ont pas ou peu. Et pour ceux qui ont déjà un désir fort, ils vont simplement le ressentir sans pouvoir le soulager.»

La masturbation, ça apporte quoi?

«En tant que sexologue, je recommande la masturbation. Cela permet de se découvrir», assure Pierre-Alain Nicod. Le sexologue pointe aussi l'effet déstressant: «La plupart des gens ne le font pas pour l'érotisme, mais pour la détente après l'orgasme. C'est comme un joint ou de l'alcool, mais c'est moins nocif.»

Le spécialiste souligne donc que les participants au #NoNutNovember risquent d'être plus stressés que d'habitude. Ils pourraient également voir leurs futures performances sexuelles être impactées:

«Le pénis, c'est comme un muscle, il faut l'entraîner»
Pierre-Alain Nicod, sexologue

Ce défi peut-il être dangereux?

Si nos deux spécialistes s'accordent à dire que le défi en tant que tel est trop court pour avoir un véritable impact sur la santé des participants, ils soulignent que le #NotNutNovember pourrait, en revanche, générer certaines tensions émotionnelles et notamment un surplus d'agressivité.

«Ils ne font de mal à personne à part à eux-mêmes et éventuellement à leur couple»
Pierre-Alain Nicod, sexologue

L'enjeu, à leurs yeux, est plutôt à chercher du côté de la symbolique. «Chacun est libre de faire ce qu'il veut, mais je trouve qu'on a déjà assez d'interdits dans notre société sans s'en rajouter tout seul», regrette Pierre-Alain Nicod.

Francesco Bianchi-Demicheli va dans le même sens. «Notre rôle de sexologue, c'est souvent d'aider les gens à dépasser les contraintes construites autour de la sexualité». Si lui aussi affirme que chacun est libre de se comporter comme il le souhaite, le professeur de sexologie aux HUG rappelle que le désir sexuel fait partie de l'instinct de vie de l'être humain.

«On pense souvent que certaines pratiques sont contre-nature. On peut se demander si ce n'est pas ce challenge et le fait de s'abstenir qui sont contre-nature»
Francesco Bianchi-Demicheli

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