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Témoignage watson

Ce couple suisse voulait un enfant et a vécu un calvaire

Sophie et Marco lors de leur mariage
Sophie et Marco lors de leur mariage photo:
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Ce couple suisse voulait un enfant et a vécu un calvaire

Sophie et Marco avaient presque fait une croix sur leur projet d'avoir un enfant, lorsque leur dernier effort s'est révélé fructueux. Voici l’histoire d'un couple qui a bien cru ne jamais pouvoir devenir parents.
28.05.2023, 16:2628.05.2023, 17:42
Chantal Stäubli
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Rien ne les prédestinait à se croiser, encore moins sur le chemin de l'amour. Lui était un fêtard bien connu des folles soirées berlinoises. Elle, une Allemande plus calme et avide de nouveaux projets en Suisse.

Et puis, leur rencontre s'est transformée en une relation amoureuse idyllique. Le couple a vécu sur un petit nuage durant plusieurs années, jusqu'au jour où leur bonheur s'est vu confronter aux doutes, à la frustration et au désespoir. Car pour Marco et Sophie, avoir un enfant est devenu un enfer.

Arrêt de la prise d'hormones

Sophie a 31 ans lorsqu'elle se fait retirer son stérilet hormonal. Après cinq ans de relation, elle et Marco souhaitent avoir un enfant.

«Faire l'amour avec l'objectif d'avoir un bébé était la chose la plus merveilleuse et excitante qui soit»
Sophie

«Mais l'excitation retombe avec le temps», souligne Marco. En effet, malgré toute leur bonne volonté et leur patience, le projet de fonder une famille ne se réalise toujours pas au bout de six mois. «Que se passe-t-il?», s'inquiète le couple qui décide d'opter pour un examen médical.

Le spermogramme de Marco révèle une mobilité légèrement réduite des spermatozoïdes. Le gynécologue conseille alors au couple de recourir à une fécondation in vitro (FIV). Cette recommandation laisse le couple perplexe.

«Le fait qu'on nous conseille d'envisager dès ce moment une insémination artificielle nous avait semblé un peu précipité. Un spermogramme n'est qu'un aperçu.»

Mais un deuxième examen permet au couple de garder espoir: «A la clinique de fertilité, on nous a dit que tout était en ordre. Le spécialiste a certes déclaré que la qualité des spermatozoïdes était légèrement limitée, mais comme il y avait beaucoup de spermatozoïdes, cela devait s'équilibrer, puisque la quantité prime sur la qualité», raconte Marco. Résolu, le couple se remet à essayer de procréer par voie naturelle. Néanmoins, la correspondance espérée entre les ovules de Sophie et les nombreux spermatozoïdes de Marco échoue.

Marco et Sophie ne sont pas les seuls à être dans ce cas. En Suisse, 10 à 15% des couples ont des difficultés à réaliser leur souhait d'enfant. Les spécialistes parlent de désir d'enfant inassouvi lorsque la grossesse n'est pas obtenue de manière naturelle dans un délai d'un an.

Mais il existe d'autres moyens.

Le sexe selon un plan précis

Pour favoriser le processus, Sophie accepte une stimulation hormonale des ovaires (traitement FHS). L'ovulation est alors déclenchée à l'aide d'une petite injection. «Environ 18 heures plus tard, vous devez être en action», explique Sophie.

«C'est à ce moment-là que le romantisme disparaît»
Marco

La plus belle chose du monde se transforme alors en exercice obligatoire dépendant d'un horaire précis. Aujourd'hui, le couple en rigole:

«Un soir, nous avons dû nous arrêter au milieu de l'autoroute, sur une aire de repos déserte, pour que je puisse déclencher l'ovulation. J'ai reculé le siège et je me suis injecté les hormones. J'avais l'impression d'être une toxicomane. C'était tellement absurde que nous en avons ri.»
Aujourd'hui, en plus de l'enfant tant désiré, un chien fait également partie du bonheur familial.
Aujourd'hui, en plus de l'enfant tant désiré, un chien fait également partie du bonheur familial.

Pourtant, même la stimulation ne parvient pas à mettre les ovules de Sophie et le sperme de Marco en condition. Progressivement, leur relation souffre, ils se demandent alors comment les choses vont-elles évoluer? Pour Sophie, il est évident qu'elle doit «libérer» Marco afin de lui permettre d'avoir des enfants avec une autre. Dans le couple, on envisage la séparation comme la meilleure solution. Le doute de soi, la haine, le sentiment de culpabilité les affectent tous les deux de la même manière:

«J'ai du mal à mettre des mots sur ce qui se passe à l'intérieur de soi quand on voit d'autres femmes enceintes. Cela déclenche tellement de frustration et de haine envers son propre corps. Chaque anniversaire était une véritable torture. De plus en plus, l'espoir d'avoir un enfant disparaissait.»
Sophie.watson

La fertilité commence à baisser dès l'âge de 26 ans. En Suisse, les femmes sont en moyenne âgées de 31 ans à la naissance de leur premier enfant — ce qui les place parmi les mères les plus âgées d'Europe. Lorsque l'âge de la femme est plus élevé, il est possible de recourir à l'insémination en Suisse. Il s'agit de transférer les spermatozoïdes de l'homme directement dans l'utérus de la femme.

A trois reprises, le couple fait appel à l'insémination artificielle, qui est prise en charge par la caisse maladie. À chaque fois sans succès.

Le couple s'est rencontré dans un avion et a gravé le numéro de vol sur leurs alliances.
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La décision de Michelle Obama

Après de nombreuses tentatives infructueuses, il est recommandé au couple de passer à une autre technique de reproduction.

«Je me suis souvent demandé si la nature voulait nous dire que nous n'étions pas génétiquement faits l'un pour l'autre et que nous devions tirer un trait à notre relation», explique Sophie. Au début, elle a exclu la fécondation in vitro. Pendant longtemps, elle a considéré le processus comme une intervention trop lourde. Quant à Marco, il est tiraillé entre les deux. Pour lui, la décision finale revient à sa femme.

Puis, le hasard fait que Sophie tombe sur une vidéo de Michelle Obama. Pour Sophie, c'est une femme avec des valeurs idéales — «une demi-déesse». Dans cette vidéo, Michelle Obama révèle qu'elle aussi a eu des problèmes pour avoir des enfants et qu'elle y est finalement parvenue grâce à une insémination artificielle. Pour le couple, c'est un signe:

«Nous nous sommes dit que si les Obama avaient trouvé normal de recourir à l'insémination artificielle, cela devait être éthique»
Sophiewatson

Insémination artificielle, mais «naturelle»

La décision est prise. Après cinq ans de désir d'enfant infructueux, le couple ne choisit pas la technique de fécondation classique, mais une variante plus naturelle appelée FIV-Naturelle.

Contrairement à la FIV classique, la méthode de traitement FIV-Naturelle permet de ne prélever qu'un seul ovule chez la femme, qui est ensuite fécondé par le sperme du partenaire, avant d'être placé dans l'utérus.

Sophie confie avoir choisi la variante naturelle pour des raisons éthiques. «J'ai eu un peu de mal avec la fécondation par FIV classique. En règle générale, 10 à 12 ovules sont prélevés sur la femme et fécondés par après. Mais un seul est implanté, les autres sont jetés», explique Sophie. De plus, la procédure plus naturelle ne nécessite pas d'anesthésie générale pour prélever l'ovule.

An employee fertilises egg cells with sperm, which is in a stable syringe, at the GYN-A.R.T. center for gynaecology, reproductive medicine, microsurgery, minimally invasive surgery and reproductive bi ...
La fécondation in vitro (FIV) est une fécondation artificielle réalisée en éprouvette.photo: KEYSTONE

La méthode de traitement fournit encore d'autres avantages. «Dans de nombreux cas, le traitement par FIV fonctionne également avec moins d'efforts et d'hormones», explique le professeur Michael von Wolff de la clinique gynécologique de l'Hôpital de l'Île à Berne. Le médecin-chef du service d'endocrinologie gynécologique et de médecine de la reproduction a introduit cette technique en Suisse en 2009. Chaque année, il réalise environ 500 traitements FIV-Naturelle. Le coût par cycle de traitement: 2500 francs suisses.

«Heureusement, nous étions financièrement en mesure d'assumer les coûts d'une insémination artificielle»
Marco

Au total, plus de 2400 enfants sont nés en Suisse en 2021 par FIV. Le nombre augmente chaque année. La raison principale est l'infertilité. Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes. Les coûts de l'insémination artificielle sont à la charge des couples.

La dernière chance

Toutefois, même l'insémination artificielle ne garantit pas la naissance d'un enfant. C'est ce qu'ont découvert Sophie et Marco. Les raisons pour lesquelles cela n'a pas fonctionné pour eux ne sont pas claires. Pour ne rien regretter, le couple a tenté un dernier essai. Et ils ont bien fait:

«Stupéfaite, j'ai regardé le test de grossesse positif quelques semaines après le traitement. Nous ne nous y attendions vraiment plus»
Sophie.watson
Le fils tant désiré verra le jour en 2020.
Le fils tant désiré verra le jour en 2020.

*Les prénoms ont été modifiés pour protéger l'enfant.

(Traduit et adapté par Pauline Langel)

«On se réveille et le bébé n'est plus là»
Video: watson
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