
Des membres de la communauté LGBTQI+ lors de la Pride de Sion, en juin 2015.Image: keystone
Le canton veut lutter contre les discriminations à l'égard de la communauté LGBTQI+. Il lance cette année un plan «ambitieux».
11.01.2022, 15:3511.01.2022, 17:44
Pour lutter contre les nombreuses discriminations à l'égard des personnes de la communauté LGBTQI+, le canton du Valais lance cette année un plan «ambitieux» visant:
- D'une part à répondre aux besoins de ces personnes.
- D'autre part à sensibiliser la population et les professionnels de la santé.
Mathias Reynard, chef du département de la santé, des affaires sociales et de la culture a annoncé en conférence de presse à Sion:
«Ce plan ambitieux place le Valais parmi les cantons précurseurs en matière de promotion de la santé et de prévention des discriminations à l'égard des personnes LGBTQI+»
Mathias Reynard
Au total, 130 000 francs seront investis pour «cette question de santé publique».
Révélations du rapport
Un rapport commandé par le département de la santé, des affaires sociales et de la culture à Promotion santé Valais (PSV) révèle des points importants.👇
- Les personnes LGBTQI+ sont de manière globale en moins bonne santé, notamment psychique et sexuelle, que le reste de la population.
- L'analyse établit par exemple dans ce groupe davantage de comportements addictifs et des risques de tentatives de suicide entre deux et cinq fois plus élevés.
Quel est le plan d'action?
Sur la base des conclusions et recommandations de ce rapport, le canton a élaboré en collaboration avec différents partenaires institutionnels et sociaux un plan d'action pour cette année 2022:
- Une dizaine de mesures seront mises en œuvre par Promotion santé Valais sous l'égide de son programme «Prévention du rejet des minorités» (Premis).
- Par ailleurs, une campagne cantonale de sensibilisation est également prévue en mai
- Enfin, un poste 0.5 EPT au sein de l'Office cantonal de l'égalité et de la famille a été créée.
En plus de la Suisse, qui a adopté le 26 septembre 2021 la loi sur le mariage pour tous 👇
Pour Johanne Guex, coordinatrice du programme Premis, ces mesures «concrètes» vont venir soulager le travail effectué jusqu'ici bénévolement par les associations, comme Alpagai, notamment avec la création d'une permanence psycho-sociale. Elle ajoute:
«Il devenait urgent de mettre en place un accueil adapté pour les personnes LGBTQI+ en détresse, souvent isolées socialement. Les possibilités étaient limitées, voire lacunaires»
Johanne Guex
«Dans le système de soins actuel, on note certaines inadaptations par rapport à la prise en charge, notamment par les professionnels de la santé, qui est souvent due à une méconnaissance de la réalité LGBTQI+», abonde Cédric Dessimoz, médecin cantonal adjoint. Or, cela agit «souvent comme un frein à la consultation».
Visibiliser la communauté
Pour le département de la santé, l'information et la sensibilisation de la population et des professionnels sont donc primordiales.
«Plus on va en faire une vraie question dans l'espace public valaisan, plus on parviendra à lutter contre les discriminations»
Mathias Reynard
Le conseiller d'Etat valaisan socialiste (PS) rappelle que les agressions sont une réalité pour les personnes qui affichent leur orientation affective ou sexuelle.
Il s'agira ainsi de renforcer la prévention contre l'homophobie et la transphobie au sein des écoles, à tous les niveaux de formation. Des contacts ont ainsi été pris avec le département de la formation, certaines associations de professionnels de la santé, ainsi qu'avec le département de la sécurité. Une formation a déjà été menée au sein des forces de l'ordre, précise Mathias Reynard, une autre est prévue ces prochains mois.
Estimations difficiles
Selon l'analyse effectuée par PSV, entre 7000 et 35 000 personnes seraient concernées en Valais. Mais ce «chiffre est difficile à évaluer», précisent les auteurs du rapport qui se sont basés sur un corpus de recherches pour établir cette fourchette.
«Doit-on comptabiliser des personnes aux pratiques non hétérosexuelles ou celles qui s'identifient différemment? Ces groupes se recoupent, mais ne se superposent pas. Par ailleurs, certains ados étiquetés par leurs camarades sont concernés par ces discriminations sans forcément appartenir aux LGBTIQ+»
Promotion santé Valais
Selon les intervenants, des chiffres sur le nombre d'agressions subies seraient en réalité plus parlants, même «s'ils ne représentent souvent que la pointe de l'iceberg». Ces chiffres-là ne sont pour l'heure pas disponibles non plus. (jug/ats)
Lors de la dernière législature...
Le Grand Conseil valaisan avait largement rejeté le postulat (86 voix contre 32) demandant que la police valaisanne tienne des statistiques en matière de violence subie par les personnes LGBTQI+.
Ils s'endorment au musée
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source: https://stefandraschan.com/ / https://stefandraschan.com/
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